La réserve forestière de Laf-Madiam, est une aire protégée située dans le département du Mayo-Kani, Région de l'Extrême-Nord Cameroun.

Géographie et climat La forestière de Laf est localisée dans la plaine du Diamaré, l'une des grandes unités morphologiques de la région de l'Extrême-Nord du Cameroun. Cette plaine semi-aride, soumise à un climat sahélo-soudanien, se caractérise par des sols argileux fertiles et une végétation de savane arborée et arbustive sous forte pression démographique. Avec des densités de population pouvant dépasser 80 habitants par kilomètre carré dans certaines zones de l'Extrême-Nord, l'avenir des réserves forestières de la région suscite des préoccupations croissantes chez les acteurs de la conservation. Elle est située à 45 km au sud de Maroua, le long de la route bitumée Maroua Garoua. Localisée dans le département du Mayo Kani, elle est partagée entre deux cantons: Midjiving et Moutourwa. Dans sa partie sud, elle est limitée d’Ouest en Est par les villages de Laf, Djagara , Mahaye et Ligazang. Au nord, par Moulva et Foulou et à l’est par Péténé, Mborora, Modjem et Modjombodi.

Histoire La réserve forestière a été créée par le gouvernement colonial français en 1930. Elle fait partie des anciennes réserves forestières créées durant la période coloniale pour protéger les ressources ligneuses et la biodiversité.

Biodiversité Un inventaire des ressources ligneuses de la réserve forestière de Laf-Madiam a révélé une richesse de 65 espèces d'arbres dans la réserve, avec une forte dominance d'espèces adultes. Cette diversité végétale est essentielle pour la préservation de la biodiversité local, la production de bois, la régulation du climat local et le soutien aux espèces animales dépendantes de la forêt.

Pressions écologique Depuis la fin des années 1980, la réserve de Laf-Madiam regorgeait encore d’importantes ressources ligneuses. Les effets combinés des défrichements pour l’agriculture de contre saison et les coupes pour l’exploitation du bois pour le feu ou pour l’alimentation du bétail ont conduit à une dégradation qualitative et quantitative des ressources ligneuses. Bûcherons, revendeurs, braconniers, artisans forgerons, brasseurs de bière locale, bouchers et vendeurs de rue; la demande en bois combustible est structurelle et massive. L'absence de toute politique publique de reboisement ou de gestion encadrée des coupes a laissé la réserve sans protection réelle face à cette demande. Le résultat est un recul progressif et documenté de la végétation ligneuse, visible sur les images satellitales successives étudiées par les chercheurs.

Études scientifiques La réserve de Laf-Madiam a suscité un intérêt scientifique croissant à partir des années 2000, notamment dans les domaines de la télédétection et de la géographie de l'environnement. Gervais Wafo Tabopda, docteur en géographie et aménagement régional de l'université d'Orléans (2008), et Jean-Marie Fotsing, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), ont mené des travaux pionniers sur la dynamique du couvert végétal de la réserve. Leur première contribution majeure a été présentée en 2005 au XII Simpósio Brasileiro de Sensoriamento Remoto, au Brésil; elle retrace l'évolution du couvert végétal de la réserve entre 1976 et 2003 à partir d'images satellitales. Cette étude a ensuite été approfondie et publiée en 2010 dans la revue Sécheresse, où les deux auteurs quantifient avec précision les transformations observées grâce à une classification dirigée des images et une analyse diachronique de l'occupation spatiale. Ces travaux, référencés dans la base documentaire de l'IRD (Horizon),constituent à ce jour les références scientifiques de référence sur la réserve.

Notes et références

Catégorie:Région de l'Extrême-Nord Catégorie:Aire protégée au Cameroun