La famille de Rossillon, parfois Roussillon, est une famille noble savoyarde éteinte, originaire du pays de Gex. Mentionnée dès le , sa filiation certaine remonte au . Elle forme notamment les branches de Rossillon-Saint-Genis et de Rossillon-Allaman et s'éteint en 1734 avec Michel-Gabriel Rossillon de Bernex, évêque de Genève.
Histoire Origines Les premiers membres de la famille de Rossillon sont mentionnés dès le début du .. La famille tire probablement son nom de la maison forte de Rossillon, aujourd'hui en ruines, établie sur une colline au nord-ouest du hameau de La Pièce, sur l'actuelle commune de Crozet (Ain).
Guillaume de Rossillon est témoin, en 1131, d'une donation de Gaucher de Divonne à l'abbaye cistercienne de Bonmont. Les Rossillon sont vassaux des seigneurs de Gex.
À la fin du , Jean de Rossillon est clerc au service de Leoneta, dame de Gex, puis juge dans le Genevois et le Chablais pour le comte . Il est également chanoine de Genève et de Lausanne.
Extension régionale Dès le , la famille possède des biens sur la rive gauche du Rhône, notamment à Arcine. Au , elle détient des maisons fortes à Pougny et à Pouilly, ainsi qu'une maison à Chetonay, attestée en 1393.
La branche principale, dite Rossillon-Saint-Genis, possède des terres sur la rive gauche du Rhône, où ses membres résident fréquemment à partir du . Ses possessions s'accroissent à la suite du mariage, vers 1380, de Pierre de Rossillon avec Françoise de la Naz.
En 1539, cette implantation du côté savoyard se poursuit avec le mariage de Marin de Rossillon avec Claudie de Châtillon-en-Michaille. Leurs deux fils héritent de leur oncle Jean de Châtillon, avec l'obligation de porter son nom et ses armes.
Implantation en pays de Vaud Humbert de Rossillon entre en possession de la seigneurie d'Allaman, dans le pays de Vaud, par son mariage avec Nicole d'Allaman au début du , avant 1326.
Le frère d'Humbert, Jean, est élu évêque de Lausanne par le chapitre cathédral, nomination confirmée en 1323 par le pape . Rodolphe de Rossillon, neveu de Jean, est doyen de Neuchâtel et prévôt du chapitre cathédral de Lausanne de 1339 à 1359 ou 1360.
La branche de Rossillon-Allaman s'éteint en ligne masculine au début du , après 1424.
Service de la maison de Savoie En 1615, le duc réunit les seigneuries de Gaillard, Saint-Genis, Puthod et des Terreaux et les érige en comté de Rossillon en faveur de Hiéronyme, dit Jérôme, de Rossillon. Une partie des biens et châteaux de ce dernier ayant été incendiée au cours du conflit opposant Genève à la Savoie, le duc lui vend en 1629 le fief de Bernex, près de Coni, dans le Piémont, et l'érige en marquisat.
Hiéronyme (Jérôme), de Rossillon épouse, en 1615, Marguerite, fille naturelle de Dom Amédée de Savoie, marquis de Saint-Rambert, enfant naturel du duc (). Il est également l'oncle de Marguerite de Rossillon, qui entretient une relation durable avec et lui donne quatre enfants. La relation est parfois présentée comme ayant donné lieu à un mariage secret, sans que celui-ci soit formellement établi. Marguerite de Rossillon reçoit le titre de marquise de Rive.
Jean-Gabriel de Rossillon est fait écuyer du duc, colonel-propriétaire d'un régiment d'infanterie et d'une compagnie d'ordonnance de cavalerie. Hiéronyme (Jérôme), comte de Rossillon, marquis de Bernex, seigneur de Saint-Genis et des Terreaux et baron du Bourget, est fait conseiller d'État, gentilhomme de la Chambre, gouverneur de Montmélian, lieutenant-général du comté de Nice et chevalier de l'Annonciade (1638).
Sur des terres reçues du duc de Savoie, Hiéronyme (Jérôme) fait édifier, au , Château-Blanc, à Thônex. La demeure, construite en partie avec les pierres de la maison forte de Villette, compte alors parmi les plus importants édifices civils de la région genevoise.
Pierre-François de Rossillon mène une carrière ecclésiastique à partir de 1604. Il devient notamment prieur du Saint-Sépulcre d'Annecy, chanoine et doyen de la collégiale d'Annecy, aumônier de Madame Royale, puis commandeur et comte des Allinges. Octavio de Rossillon, gentilhomme de la chambre, second écuyer du duc et capitaine dans l'escadron de Savoie, obtient la châtellenie ducale de Ternier en 1623.
Extinction Dans la branche de Ternier, Pierre-François de Rossillon (), fils et héritier de Gabriel-Chrétien, baron de Ternier, épouse en 1644, grâce à une dispense papale, sa cousine Antoinette de Roussillon, petite-fille du marquis de Bernex. Le couple laisse une fille unique, Margueritte. Celle-ci épouse en 1659 Prosper de Lucinge, dont le père avait épousé en secondes noces sa mère. Prosper de Lucinge reprend alors le titre de baron de Ternier.
Le dernier représentant de la famille est Michel-Gabriel Rossillon de Bernex, fils de Charles-Amédée de Rossillon, comte de Rossillon et marquis de Bernezzo. Né le à Château-Blanc, il devient évêque de Genève en 1697 et poursuit l'entreprise de recatholicisation du pays de Gex.
En 1715, Michel-Gabriel de Rossillon de Bernex et ses grands vicaires créent la bourse des pauvres prêtres du diocèse de Genève-Annecy. Cette association d'entraide assure des secours, des prêts et des pensions aux prêtres âgés ou en difficulté. La famille s'éteint avec sa mort à Annecy le .
Sceaux et armes Les armes de la famille de Rossillon se blasonnent ainsi : De sable à la croix d'argent.
Supports : deux sauvages de carnation, un homme et une femme. Cimier : un pied de bœuf, de mouton, de chèvre ou de porc.
La devise de la famille est Spes mea Deus, traduite par « Dieu est mon espérance ».
Le sceau du chevalier Humbert de Rossillon, daté de 1269, porte les armes familiales brisées d'un lambel à cinq pendants.
Titres Les membres de cette famille ont porté les titres suivants : comte de Rossillon, dans le pays de Gex, à partir de 1615 ; marquis de Bernex ou de Bernezzo, dans le Piémont, à partir de 1629 ; marquise de Rive ; baron de Ternier, de 1636 à 1659 ; seigneurs de Saint-Genis, Pougny, Rossillon, Arlod, Allaman, du Bois, de la Naz, de Bernex, des Terreaux, de Gaillard, de Villette, du Châtelard d'Ogny, du Châtelard de Challonges, de Bruel, d'Albeterre et du Bourget.
Personnalités Jean de Rossillon, juge dans le Genevois et le Chablais, puis évêque de Lausanne de 1323 à 1341. Rodolphe de Rossillon, également appelé Raoulet ou Rolet, doyen de Neuchâtel et prévôt du chapitre cathédral de Lausanne de 1339 à 1359 ou 1360. Marguerite de Rossillon, marquise de Rive et maîtresse du duc , dont elle a quatre enfants. Hiéronyme, dit Jérôme, de Rossillon, comte de Rossillon, marquis de Bernex, seigneur (baron) de Saint-Genis, baron du Bourget, conseiller d'État, gentilhomme de la Chambre, gouverneur de Montmélian, lieutenant-général du comté de Nice, chevalier de l'Annonciade (1638). Charles-Amédée de Rossillon, fils du précédent, marquis, comte, baron et seigneur, premier capitaine des gentilhommes de la Garde du corps, lieutenant-général des armées, conseiller d'État, chevalier de l'Annonciade (1666). Michel-Gabriel Rossillon de Bernex (1657-1734), évêque de Genève de 1697 à 1734 et dernier représentant de la famille.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . .
Articles connexes Pays de Gex Comté de Genève Armorial et nobiliaire de Savoie Armorial vaudois
Liens externes
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