Le de chasseurs d'Afrique () est un régiment de cavalerie de l'Armée de terre française actuellement basé au camp de Canjuers où il contribue à la formation de l'Arme blindée et cavalerie.
Formé au sein de l'Armée d'Afrique en 1832, le régiment stationne en Algérie puis au Maroc. Il participe également aux différentes guerres et expéditions coloniales du Second Empire puis de la Troisième République. Le se distingue ensuite lors de la Première et de Seconde Guerre mondiale.
Dissous après la fin de la guerre d'Algérie, le régiment est recréé en 1998 à Canjuers.
Création et différentes dénominations : création du de chasseurs d'Afrique à Alger : le régiment est séparé en deux : deux escadrons forment en France le régiment de marche de chasseurs d'Afrique et les deux autres restent en Afrique : le régiment de marche de chasseurs d'Afrique devient le de marche de chasseurs d'Afrique : les deux escadrons africains rejoignent la France et le de chasseurs d'Afrique est reconstitué : dissolution du de chasseurs d'Afrique en Hongrie fin 1919 : nouvelle création du de chasseurs d'Afrique au Maroc : dissolution du de chasseurs d'Afrique à Besançon : nouvelle création du de chasseurs d'Afrique à Canjuers
Chefs de corps vignette|Lieutenant-colonel Gastey, 1932.
(*) Officier qui devint par la suite général de brigade(**) Officier qui devint par la suite général de division
Historique des garnisons, campagnes et batailles
Les garnisons
1832-1854 : Algérie (Blida et Alger) 1854-1856 : Guerre de Crimée 1856-1859 : Algérie (Alger) - : Campagne d'Italie - : Algérie (Alger) -1870? : Maroc oriental (Berkane, Oujda) - : Syrie et Liban ( esc.) - : Expédition du Mexique ( et esc.) - : Guerre franco-allemande de 1870 oct 1870 - : Guerre franco-allemande de 1870 - Armée de la Loire - 1907 : Algérie (Blida) 1884 - 1886 : Expédition du Tonkin un peloton puis escadron - : Madagascar ( esc.) 1907 : Algérie (Blida, Aumale) 1907 - 1914 : Maroc (Fès, Marrakech) - du Maroc 1914 - 1916 : Première Guerre mondiale - 2 escadrons ( et ) 1916-1917 : Première Guerre mondiale 1917 - 1919: Armée française d'Orient 1919 - 1943 : Maroc (Rabat) 1943 - 1945 : Libération de la France, Campagne d'Allemagne 1945 : Tübingen (Forces françaises en Allemagne) 1946 - 1957 : Maroc (Rabat, Casablanca) - : Algérie + esc (Berrouaghia) , esc (Beni-Slimane) , esc (Loverdo) - : Algérie ECS + esc (Sétif) , esc (Ziama Mansouriah) , esc (Bougie et El Hamlia) - : Algérie (Réghaïa et camp du Lido à Alger)- Dissolution. : Canjuers et Carpiagne
Campagnes d'Algérie
thumb|Chasseurs d'Afrique (1842)Créé à Alger le par ordonnance royale du , avec 1 escadron de chasseurs algériens (corps créé par ordonnance du ), 300 hommes venus de divers régiments de cavalerie, 40 volontaires et 20 hommes du régiment de chasseurs et des cavaliers arabes habillés et équipés par l'État, mais montés à leurs frais. Parmi ces cavaliers arabes, se trouvent 120 Turcs ayant servi sous les ordres de Joseph Vantini (alias Youssouf) et qui forment l'escadron indigène du régiment. : affaire d'El Ouffia premier combat sous le commandement du colonel Maximilien Joseph Schauenburg, : combat de Thénia Prise de Constantine 1839 Expédition des Portes de Fer 1840 Médéa, combat de Boudouaou Prise de la smala d'Abd el-Kader par le duc d'Aumale Bataille de l’Isly 1849 Prise de Zaatcha Prise de Laghouat
Guerre de Crimée à la Bataille de Balaklava dégage la cavalerie anglaise après la Charge de la brigade légère
Campagne d'Italie thumb|Tombeau d'honneur pour les officiers du de chasseurs d'Afrique, à Medole (1859) thumb|Capitaine Armand de Roquefeuille, à Guidizzolo (1859) Bataille de Solférino, embrigadé avec le de hussards.
Expédition du Mexique Bataille de San Pablo del Monte où périt le Commandant Aymard de Foucauld et où s'illustre le commandé par Oswald Bénigne de Montarby. Pour ce fait de guerre le régiment obtient la croix de la Légion d'honneur. C'est au cours de cette campagne que les chasseurs furent surnommés par les Mexicains "los carniceros azules" ("les bouchers bleus").
Expédition de Syrie
L'Expédition française en Syrie (1860-1861) a pour objectif de protéger les chrétiens. Le , départ du escadron qui, après escale à Malte, débarque à Beyrouth le . Il traverse le Liban et se positionne à Djebel Djennis. Début , il regagne Beyrouth et rentre à Alger 15 jours après.
Guerre franco-prussienne
Bataille de Sedan
vignette|Au mémorial des Chasseurs d'Afrique à Floing. Lors du début de la campagne, le régiment est aux ordres du Colonel Henry Clicquot de Mentque, en tant que régiment de cavalerie légère. Il est fort de 5 escadrons de guerre. Le régiment ne participe pas aux premiers combats : en théorie il devait être intégré à la brigade du Général Margueritte, de la de cavalerie du Général du Barail, au sein de la réserve de cavalerie de l'armée ; toutefois cette division que seulement 3 régiments avaient rejointe, fut disloquée avant que l'armée ne fût bloquée dans Metz.
En compagnie du d'Afrique du Colonel de Gallifet avec lequel il fait brigade, le régiment sert d'escorte à l'Empereur Napoléon III, de Gravelotte à Verdun.
Il est ensuite dirigé sur Sainte-Menehould où il sert à constituer une nouvelle division, dite d'éclaireurs et de réserve, qui est rattachée à l'armée de Châlons du Maréchal de Mac-Mahon. La division nouvellement créée est sous les ordres du Général Magueritte. Le d’Afrique fait toujours brigade avec le d’Afrique ainsi que le d'Afrique du Colonel de Quelen, la seconde brigade (Général Tillard) étant constituée du de chasseurs à cheval du Colonel Bonvoust et du du Colonel de Baufremont.
Le régiment est envoyé en reconnaissance le sur Somme Haute pour recueillir des informations sur la marche de l'armée du Maréchal Bazaine. Dans la journée du , le régiment longe la frontière belge aux abords de Sedan par Francheval et vient s'établir au calvaire d'Illy. La division prend position dans la nuit, au matin du en deux lignes sur les hauteurs d'Illy en arrière du bois de Garenne. La bataille de Sedan s'engage. La division est, à 7 heures du matin, à l’extrême gauche de l'armée. À huit heures, la division est prise sous le feu de l'artillerie prussienne à laquelle tente de répondre la batterie d'artillerie à cheval du Capitaine Hartung, rattachée à la division ( du d'artillerie). À neuf heures, le d'Afrique charge l'infanterie prussienne qui progresse sur le plateau pour protéger les batteries d’artillerie qui viennent s'installer. Un tiers de l'effectif reste sur le terrain sans avoir pu mettre l'adversaire en difficulté. Après avoir fait mouvement sous les tirs de l'artillerie allemande dans le bois de Garenne avec de nombreuses pertes, dont le Général Tillard commandant de la seconde brigade, la division est en position entre Floing et Cazal, où à deux heures de l’après-midi elle reçoit l'ordre du Général Ducrot, commandant du corps, qui a pris momentanément le commandement de l'armée après la blessure du Maréchal de Mac Mahon, de charger les lignes allemandes pour permettre le passage de l'armée encerclée. En allant en reconnaissance pour évaluer la situation, le Général Margueritte est grièvement blessé au visage. En revenant, il passe devant le qui l'acclame. Le , exécutant alors les ordres, charge sous le commandement du Colonel Clicquot de Mentque, qui tombe, atteint d'un balle à la poitrine (il décédera le ). Les Capitaines Marquet, commandant du , Cugnot, commandant en second, les Lieutenants Le Mintier de Saint André, Durieu de Marsanguet, les sous Lieutenants Perry de Nieuil, de Grammont, Delmas, Les Maréchaux des logis Lefevre, de Raousset-Boulbon, Llobet, Danède, Beauvais, Thiéberg, Beauparain et Lafarge, les Brigadiers Furon, Lazare, Patin, Glairarcq, Laurent, Prey, Cerjaud, Aussenac et Gaillon sont tués. Le lieutenant-Colonel Ramond, le Capitaine Leroy, les Lieutenants Hunat de la Chevallerie, Jousserandot, le sous-Lieutenant de Gouvlard sont blessés ; le régiment perd 2 tiers de son effectif au cours de trois charges successives.
Le reste du régiment fut fait prisonnier à Sedan et interné en partie en Allemagne à Darmstadt et en partie à Offenbach. Le Général Margueritte décédera le en Belgique au Château de Beauraing.
La campagne de l'armée républicaine 1870-71 Le Chasseurs d’Afrique disparu à Sedan renaît le à Alger. L’escadron de dépôt du de chasseurs d'Afrique servit de base avec les 3 autres escadrons des autres régiments de l'arme ( RCA et RCA). Ils embarquent pour Toulon le . Ils furent rattachés à l'armée de l'Est du Général Bourbaki et à la seconde Armée de la Loire du Général Chanzy.
Expédition du Tonkin
De 1884 à 1886 deux pelotons du régiment participent à une expédition au Tonkin; ils débarquent à Haiphong le , rejoignent Hanoi en , combattent à Lang-Son et occupent Ba-Clé. En , l'escadron Laperrine relève ces deux pelotons. Il quittera le Tonkin et rejoindra Alger le laissant sur place un détachement chargé de l’escorte de la commission de délimitation des frontières.
Expédition de Madagascar Le du d'Afrique fait partie du corps expéditionnaire pour l'expédition de Madagascar en 1895-1896, dirigé par le général Duchesne. Le , le escadron, renforcé de personnels volontaires de plusieurs régiments d’Afrique débarque à Majunga. Il gagne les plateaux de l’intérieur à la poursuite des "Hovas", et parvient à Andriba. Les rebelles se dérobent et la poursuite continue sans interruption jusqu’à Tananarive où les Français entrent le .
Campagne du Maroc Le régiment est engagé contre des nationalistes marocains à Taddert en 1907, à Sarrat en 1908, à Seitat en 1909. En 1911, il est à nouveau engagé à Bou-Zine, Meknès, puis Tiflet. De juin à le escadron participe au sein de la colonne Gouraud aux opérations du dégagement de Fez. Le le escadron au sein de la colonne Mangin participe à la prise de Marrakech. Les opérations se ralentissent peu à peu jusqu’au début de la Grande Guerre.
Première Guerre mondiale vignette|Autochrome d'un cavalier du régiment de marche de chasseurs d'Afrique pendant la bataille de la Marne.
Affectations Deux escadrons du RCA forment avec deux escadrons du RCA le régiment de marche de chasseurs d'Afrique (RMCA) qui deviendra le RMCA.Au départ du Maroc, l'effectif du régiment est de 636 hommes répartis en un état major et 4 escadrons soit, 28 officiers, 56 sous-officiers et 552 cavaliers et brigadiers et dispose de 617 chevaux. Chaque escadron est alors constitué d'environ 151 hommes et compte 144 chevaux.
1914 L'unité combat jusqu'en sur différents fronts de France et de Belgique (batailles de la Marne, de l'Aisne, et des Flandres).
1915 vignette|Cavaliers du à Pharsale (Thessalie) en juin 1917.|gauche Les et , originaires du RCA, quittent le régiment pour rejoindre le RMCA et ils sont remplacés le par les deux escadrons du restés jusque-là au Maroc.
1916 Le RCA complet est ensuite affecté à la brigade de cavalerie de l'armée française d'Orient et débarque à Salonique début et intervient Successivement en Macédoine et en Albanie, 1917 En 1917, il intervient en Grèce.
1918 Il participe à la bataille de Dobro Polje en Serbie et s'empare le de la ville d'Uskub lors de la Manœuvre d'Uskub.
Il prend part après l'armistice à l'occupation en Hongrie, dirigée contre les soviétiques hongrois. Le RCA y est dissous le .
Entre-deux-guerres Le est recréé fin 1919 au Maroc.vignette|Berliet VUDB du du , en 1937 au Maroc. Le régiment est motorisé selon une organisation fixée le . Il est alors constitué d'un état-major, d'un escadron hors-rang et de quatre escadrons de combat. Chaque escadrons de combat regroupe quatre pelotons dont trois de combat, avec cinq automitrailleuses légères Berliet VUDB ou trois automitrailleuses White ou Laffly 50 AM. Il participe aux dernières opérations de la du Maroc.. Vers 1935, le régiment est complété par huit automitrailleuses Panhard TOE.