Le barrage Idriss-Ier, également appelé barrage d'Idriss Ier, est un barrage à contreforts construit sur l'oued Inaouène, un affluent du Sebou, dans la province de Taounate, au Maroc.
Mis en eau en 1973, il est destiné à l'irrigation de la plaine du Gharb, à la production d'énergie hydroélectrique, à la protection contre les crues et, plus récemment, à l'alimentation en eau potable de Fès et de Meknès.
Situation
vignette|Localisation du barrage sur l'oued Inaouène.|gauche
Le barrage se trouve à environ au nord-est de Fès, dans la province de Taounate. Il est implanté dans un paysage de collines marneuses du Prérif, sur le cours de l'oued Inaouène, l'un des principaux affluents du Sebou.
Le bassin versant contrôlé par l'ouvrage couvre une superficie d'environ . Les apports naturels de l'Inaouène sont complétés par des eaux provenant du Haut-Sebou, transférées depuis le barrage Allal Al Fassi.
Histoire
Le barrage est conçu dans le cadre de l'aménagement hydraulique du bassin du Sebou et du développement de l'irrigation dans la plaine du Gharb. Cette plaine, constituée de terres alluviales, offre une importante superficie agricole, mais ses précipitations sont concentrées durant les mois où les besoins des cultures sont les plus faibles. La régularisation des eaux du Sebou et de ses affluents est donc considérée comme nécessaire à l'extension de l'agriculture irriguée.
Le projet d'irrigation du Gharb comprend la construction du barrage de retenue sur l'Inaouène ainsi que l'aménagement progressif des réseaux d'irrigation en aval.
Le barrage Idriss-Ier est mis en eau en 1973. Il porte le nom d'Idris Ier, fondateur de la dynastie idrisside.
Caractéristiques
Le barrage est un ouvrage en béton formé de 24 contreforts. Il mesure de hauteur sur fondation et de longueur en crête. Son volume de béton atteint environ .
La cote normale de la retenue est fixée à selon le nivellement général du Maroc. La capacité initiale du réservoir est de .
La retenue permet de régulariser environ d'apports annuels de l'Inaouène et peut également recevoir jusqu'à provenant du Haut-Sebou par l'intermédiaire des aménagements du barrage Allal Al Fassi.
Irrigation Le barrage contribue à l'alimentation du premier ensemble irrigué de la plaine du Gharb. Avec les apports non régularisés du bassin, il peut fournir environ d'eau par an pour l'irrigation d'une superficie théorique de .
Dans une étude consacrée au développement dans le monde arabe, le géographe Allan M. Findlay critique toutefois les résultats de l'aménagement. Il estime que la superficie effectivement irriguée a longtemps été inférieure aux objectifs annoncés et que la réorganisation des usages de l'eau a réduit les ressources disponibles pour certaines communautés agricoles situées en aval.
Centrale hydroélectrique Une centrale hydroélectrique est installée au pied du barrage. Elle utilise les lâchers d'eau destinés à l'irrigation pour produire de l'électricité.
La centrale possède une puissance installée de et assure une production annuelle moyenne d'environ . Elle est équipée de deux groupes hydroélectriques d'une puissance unitaire proche de .
Alimentation en eau potable La diminution des ressources souterraines de la plaine du Saïss conduit à utiliser la retenue du barrage pour renforcer l'alimentation en eau potable de Fès et de Meknès.
Une nouvelle prise d'eau est réalisée directement dans le barrage afin de permettre le prélèvement à trois niveaux différents. Le projet comprend également une station de traitement et une conduite d'environ , conçue pour acheminer un débit proche de vers les installations de distribution des deux agglomérations.
La prise est construite tout en maintenant en fonctionnement les installations hydroélectriques et les autres organes du barrage.
Environnement
Le bassin du Sebou est soumis à plusieurs formes de pollution provenant des activités agricoles et urbaines. Les eaux de ruissellement peuvent transporter des engrais et des pesticides, tandis que des eaux usées insuffisamment traitées sont rejetées par certaines agglomérations du bassin.
Le haut bassin du Sebou, dans le Moyen Atlas, appartient également à l'aire de répartition historique du macaque de Barbarie, une espèce aujourd'hui menacée et dont l'aire nord-africaine s'est fortement réduite.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Oued Inaouen Sebou Barrage Allal Al Fassi Liste des barrages au Maroc Liste des centrales électriques au Maroc Irrigation au Maroc
Liens externes
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