Le parc national urbain de Martissant (PNU-MAR), officiellement désigné « Parc de Martissant » dans le registre des aires protégées d'Haïti, est une aire protégée urbaine du département de l'Ouest, à l'entrée sud de Port-au-Prince, en Haïti, créé le . Le territoire du parc est, depuis sa création, géré par la fondation Connaissance et Liberté (FOKAL).

Historique Dans le souci de préserver l'un des rares grands espaces boisés de la capitale haïtienne, le territoire destiné au parc est déclaré d'utilité publique en 2007 par arrêté présidentiel, sous la présidence de René Préval. Ce territoire regroupe plusieurs anciennes propriétés privées : l'Habitation Leclerc, la résidence Pauline, la résidence de l'anthropologue et danseuse américaine Katherine Dunham, la propriété Destouches, ainsi que l'ancienne résidence de la famille Mangonès.

Le parc national est officiellement créé et enregistré dans le registre des aires protégées d'Haïti par référence au Moniteur du , dans le cadre d'un ensemble plus large d'aires protégées établies la même année par le gouvernement haïtien, dont le Parc national urbain de Canapé-Vert.

Le , le président Jovenel Moïse, accompagné du premier ministre Jack Guy Lafontant et du ministre du Tourisme Jessy Ménos, visite le site, également désigné sous le nom d'«Habitation Leclerc». À cette occasion, le chef de l'État présente le parc comme un modèle de résultats obtenus grâce à une aide internationale efficace, tout en plaidant pour la promotion du partenariat public-privé dans le pays.

À partir de , la situation sécuritaire du quartier se dégrade fortement. Une nouvelle guerre de gangs éclate au printemps de cette année-là, provoquant la fuite d'une partie de la population et le contrôle du quartier ainsi que de ses voies d'accès par des groupes armés, une situation qui perdure depuis. Cette année-là, la commémoration du séisme du ne peut se tenir au mémorial du parc, une première depuis 2012. Un projet resté inachevé est celui du Centre de ressources communautaires (CRC) de Martissant, dont les études préparatoires avaient été menées avant que les troubles sociopolitiques n'empêchent le lancement de l'appel d'offres pour les travaux d'exécution.

Géographie Le parc est situé entre le quartier de Martissant 23 et la route des Dalles, à l'entrée sud de Port-au-Prince. Malgré l'urbanisation rapide et accélérée que connaît la zone depuis les années 2000, l'espace reste étonnamment bien préservé.

Le site est divisé en plusieurs parties, dont le mémorial du 12 janvier 2010, où sont commémorées chaque année les victimes du séisme du 12 janvier 2010, et le centre culturel Katherine Dunham, du nom de l'anthropologue américaine tombée amoureuse d'Haïti qui y avait étudié la danse vaudou. Le parc comprend également des jardins botanique, médicinal et maraîcher.

Biodiversité Le parc constitue l'unique espace de grande superficie arborée de la capitale haïtienne consacré à la promotion et à la valorisation environnementale, et représente un site important de conservation d'espèces végétales. Son jardin botanique présente un ensemble de plantes et d'arbres parmi les plus recherchés de la Caraïbe, dont plusieurs espèces d'orchidées et l'Albizia julibrissin.

Sur le plan floristique, 271 espèces végétales réparties en 68 familles ont été inventoriées en 2009, et 20 nouvelles familles ont depuis été plantées.

Concernant la faune, le parc abrite 33 espèces d'oiseaux, dont 7 sont natives de l'île d'Hispaniola, ainsi que 15 espèces de reptiles, dont 12 endémiques, et 3 espèces de mammifères.

Un inventaire ornithologique est réalisé pendant huit mois, d'avril à novembre 2014, par Jean Mary Exantus, étudiant finissant en agronomie à l'Université Épiscopale d'Haïti, dans le but d'enrichir les connaissances sur la diversité aviaire du parc, sur les plans quantitatif et qualitatif. Cette recherche s'inscrit dans une réflexion plus large sur le rôle de la biodiversité en milieu urbain, les zones urbaines constituant une mosaïque complexe et dynamique de biotopes offrant des habitats à de nombreuses espèces animales et végétales. Un inventaire complémentaire portant sur les amphibiens et les reptiles du parc est également mené.

Gestion et menaces Le parc fonctionne grâce à un financement mixte : outre une demande annuelle de 12 millions de gourdes adressée à l'État haïtien, le site peut compter sur plusieurs bailleurs internationaux pour financer ses projets et rémunérer ses 50 employés, essentiellement des jardiniers et des gardes champêtres recrutés parmi les habitants du quartier. FOKAL y finance également 10 à 12 petits projets par an portés par des associations locales, ainsi qu'un programme de bourses scolaires ayant bénéficié à environ 200 élèves pour l'année 2021.

Contrairement à d'autres aires protégées haïtiennes, comme les parcs La Visite et Macaya, touchées par une déforestation généralisée, le parc de Martissant n'a jamais été menacé de déforestation, en dépit de sa situation dans un quartier difficile contrôlé par des groupes armés. La principale menace actuelle concerne donc la sécurité de la zone : depuis 2021, le contrôle du quartier par des gangs armés a interrompu l'accès régulier au site et suspendu plusieurs de ses activités.

Notes et références

Notes

Références

Bibliographie

Liens externes Page du parc sur le site de FOKAL Liste officielle des aires protégées d'Haïti (ANAP)

Catégorie:Parc national en Haïti Catégorie:Parc national créé en 2017 Catégorie:Port-au-Prince