La famille van Elslande, également écrite Van Elslande, Van Eslande ou Vanelslande, est une famille flamande principalement documentée autour de Wervik, Geluwe, Comines-Warneton et Comines, dans l'ancien comté de Flandre.

Elle est associée à plusieurs fiefs ou possessions de Flandre, à l'histoire patrimoniale de moulins de Wervik et à plusieurs porteurs du nom mentionnés dans la vie publique belge.

Armes de la famille

Histoire

Origines et nom Le nom Van Elslande est rattaché au toponyme Elsland. La forme Elslander est rapprochée de Van Els(t)lande ; une Maeycken van Elslande est notamment attestée à Geluwe en 1595..

Les premiers porteurs du nom apparaissent dans l'entourage des seigneurs de Wervik et de Nevele, dans le contexte féodal de la Flandre médiévale... Cette période doit toutefois être abordée avec prudence, la transmission héréditaire stable des noms de famille n'étant pas encore généralisée autour de 1300.

Michiel van Wervik, alias van Elslande, est mentionné en 1285. Il exerce comme bailli comtal de Courtrai, Ypres et Lille entre 1267 et 1288, et possède une part des dîmes de l'église de Koolskamp, provenant de la maison de Nevele.

Après la bataille des Éperons d'or de 1302, le fief de l'Elsland est confisqué. La famille retrouve ensuite, en 1331, la possession d'un fief comtal à Menin. Plusieurs fiefs ou arrière-fiefs flamands sont associés au nom, notamment Carpentieringhe, Schoonvelde, Ghisbalde, Ter Beke, Dilsemont, Ten Bornem Elst, Nobelmeers, De Lysselbroek, Ten Heede, Ten Hooghen Walle, Ten Paradijs, Ter Vliet, Watermeulen et Langhen Hessel.

Après sa réhabilitation, Jan van Elslande est enregistré en 1331 comme homme de fief du comte de Flandre pour un bien situé à Menin et dépendant de la Zaal van Ieper. Il meurt en 1333. L'étude consacrée aux seigneurs de Nevele et de Wervik indique également que sa pierre tombale était encore signalée en 1960, encastrée dans un mur de l'église Saint-Médard de Wervik.

La documentation onomastique permet de faire remonter plusieurs formes du nom au . La Nederlandse Familienamenbank relève notamment les variantes Van Elslande, Van Elslander, Van Elsland, Van Eslande, Helslander, Van Helsland et Van Elshander. Elle rattache ces formes au toponyme Els(t)land, désignant une terre où poussent des aulnes et attesté notamment dans la région de Geluwe et Wervik. Les graphies Michaelis de Elstlande en 1267, Michaele de Elslande en 1284, Michiel del Elstlande en 1285 et Jean van den Helstlande en 1327 y sont relevées..

Charges locales sous l'Ancien Régime Au , des porteurs du nom apparaissent également dans l'administration seigneuriale de la région d'Ypres. En 1660, Philippe Van Elslande est qualifié de bailli des seigneuries d'Oosthove et de Cruuce dans une procédure portée devant le Conseil de Flandre. Le dossier est conservé dans les fonds de la châtellenie d'Ypres.. Cette mention documente l'exercice d'une charge seigneuriale par un porteur du nom, sans permettre à elle seule d'établir son rattachement généalogique aux branches postérieures.

Administration de Wervik pendant la période française À la suite de l'annexion des Pays-Bas autrichiens par la République française, plusieurs porteurs du nom participent à l'administration locale de Wervik. Jean-François Van Elslande est proposé le pour prendre la présidence de l'administration municipale du canton. Il est attesté comme président à partir du , puis à plusieurs reprises en 1796 et 1797, et encore le ..

La correspondance administrative étudiée pour cette période montre qu'il dispose d'une influence notable dans le canton. Le commissaire du Directoire Meurice le présente notamment comme un administrateur expérimenté et lui attribue une influence sur les communes du canton lors des difficultés rencontrées dans la perception de l'emprunt forcé.

En 1796, Ignace Vanelslande figure par ailleurs parmi les cinq habitants de Wervik chargés localement de la perception de cet emprunt forcé. Une religieuse nommée Cécile Van Elslande, âgée de 61 ans, est également recensée à la même époque parmi les sœurs de l'hôpital Saint-Jean de Wervik, au moment où les établissements religieux sont réorganisés par l'administration française.

Implantation à Wervik et Comines Aux , le nom Van Elslande est documenté à Wervik, Comines et Comines-France. En 1724, Ignatius van Elslande figure parmi les deux échevins chargés du relevé de population de la section du Kruiseikhoek à Wervik.. Le même relevé mentionne, dans le Leibeekhoek, « d'heer Jan van Elslande » avec trois enfants et plusieurs domestiques ; cet ensemble domestique compte alors parmi les plus importants du relevé.

Dans les années 1694-1696, Filips van Elslande intervient dans un litige fiscal pour son fils décédé Emanuel van Elslande, receveur des zettingen, c'est-à-dire des impositions locales. L'affaire porte sur des arriérés d'imposition liés à une hofstede et oppose la famille Van Elslande à la veuve de Jan de Cuijpere, ancien bourgmestre de Wervik. Elle illustre aussi le contexte administratif de Wervik sous le régime français de Louis XIV, avec une procédure judiciaire largement rédigée en français et des rôles fiscaux encore destinés à une population flamandophone..

Jean van Elslande est maire de Comines-Nord avant 1804. A. M. A. J. Lauwick lui succède cette année-là, puis prend le titre de bourgmestre en 1815.. Auguste van Elslande est également mentionné comme bourgmestre de Comines-Belgique..

Fanie Justine Joseph Van Eslande, née à Comines-Belgique le , est la fille de Jean Augustin Van Eslande, né à Wervik le , et de Lucie Adèle Joseph Goeman. Elle épouse à Comines-France, le , Henri Augustin Joseph Lauwick, maire de Comines de 1875 à 1903.

En 1855, plusieurs porteurs ou alliés du nom occupent des fonctions paroissiales ou charitables à Comines. Ghesquière van Elslande est président de la fabrique de l'église de Comines, tandis que Dumortier van Elslande figure parmi ses membres.. La même année, Lauwick-Van Elslande préside la conférence de Saint-Vincent-de-Paul fondée à Comines pour contribuer à l'amélioration de la condition morale des ouvriers..

Alliances documentées au Une branche établie entre Wervicq, Comines et Bailleul est documentée au . Auguste-Joseph van Elslande, né à Wervicq le , fils de Joseph-Dominique van Elslande et de Catherine-Rose van Elslande, épouse le Natalie-Aldegonde-Sophie de Coussemaker, née à Bailleul en octobre 1811...

De ce mariage sont issus quatre enfants nés à Comines : Alphonse-Auguste-François van Elslande, né le ; Auguste-Jean-César van Elslande, né le ; Victor-Joseph van Elslande, né le ; et Joseph-Ernest van Elslande, né le .

Joseph-Ernest van Elslande, aussi appelé Ernest van Elslande, épouse le Berthe-Anna-Marie-Valérie Plichon, née à Bailleul le . Il est alors indiqué comme né à Comines, en Flandre-Occidentale, le , fils d'Auguste van Elslande et de Natalie-Aldegonde de Coussemaker..

Filiations simplifiées

Premiers porteurs médiévaux La filiation ci-dessous reprend uniquement les premiers porteurs du nom explicitement mentionnés dans les études consacrées aux seigneurs de Wervik et de Nevele. Elle ne prétend pas reconstituer l'ensemble des branches modernes de la famille.

Branche documentée au Cette filiation reprend une branche documentée entre Wervicq, Comines et Bailleul au . Elle ne prétend pas reconstituer l'ensemble des branches modernes de la famille.

Patrimoine

Moulins de Wervik La famille Van Elslande est associée à l'histoire de plusieurs moulins de Wervik. Le Brikkenmolen, aussi appelé Briekenmolen ou Stenen Molen, aurait été construit en 1783 à la demande de la famille Van Elslande et serait resté près de deux siècles en sa possession.. Ce moulin en pierre, utilisé comme moulin à grain et à huile, est probablement construit entre 1800 et 1805 ; il appartient déjà depuis au moins dix ans à la famille Van Elslande lorsqu'elle obtient, en 1844, l'autorisation d'y moudre le grain en plus de son usage initial comme moulin à huile..

Jan Van Elslande, marchand à Comines, figure parmi les propriétaires du Brikkenmolen, puis ses enfants, César Bernard Van Elslande-Van Elslande, propriétaire à Wervik, et Charles Van Elslande-Vandermersch.. Le moulin, protégé comme monument en 1947, est acquis par la ville de Wervik en 1980 et restauré entre 1987 et 1994.

Le Kruisekemolen, aussi appelé Windmolen Ma Campagne, est également lié à plusieurs propriétaires ou ayants droit portant le nom Van Elslande ou issus d'alliances Van Elslande entre 1834 et le . La succession des propriétaires mentionne notamment la veuve Van Elslande-Col, César Bernard Van Elslande-Van Elslande, Césaire Antoine Joseph Charles Van Elslande-Hennion, puis Alphonse Marie Antoine Derrevaux-Van Elslande.. Détruit pendant la Première Guerre mondiale, le moulin est remplacé après le conflit par un moulin transféré depuis Lauwe, à l'initiative d'Alphonse et Marie-Amélie Derreveaux-Van Elslande, grâce aux indemnités de dommages de guerre.. La ville de Wervik acquiert le moulin en 1980 ; il est démonté en 1985, puis restauré entre 1993 et 1997. Le moulin est également présenté comme étant resté longtemps entre les mains de la famille Van Elslande avant son acquisition par la ville.

Autres moulins associés à des porteurs du nom D'autres moulins de Flandre-Occidentale sont associés à des porteurs du nom Van Elslande, sans que les sources disponibles permettent toujours de les rattacher à la branche documentée de Wervik. Le Scherpenbergmolen, moulin à vent à farine situé à Loker, dans l'actuelle commune de Heuvelland, est aussi appelé Molen Van Elslande. Construit au , plusieurs fois reconstruit après incendie, guerre ou tempête, il disparaît définitivement pendant la Première Guerre mondiale, le . Plusieurs meuniers Van Elslande sont associés à ce moulin, dont Jan Van Elslande, Jan Baptist Van Elslande, Jacobus Franciscus Van Elslande, Charles Benoît Van Elslande et Charles-Louis Van Elslande, présenté comme le dernier meunier du site..

Le Pattyns molen, moulin à farine de Geluveld, dans l'actuelle commune de Zonnebeke, est construit en 1874 et détruit pendant la Première Guerre mondiale. Il est acquis le par Hendrik Augustijn Lauwick-Van Elslande, fabricant à Comines-France, avant de passer par succession à sa veuve, puis à Pieter Lodewijk Desideer Goeman-Desbonnets en 1904..

Fiefs et possessions Les fiefs ou possessions associés à la famille comprennent notamment Carpentieringhe, Schoonvelde, Ghisbalde, Ter Beke, Dilsemont, Ten Bornem Elst, Nobelmeers, De Lysselbroek, Ten Heede, Ten Hooghen Walle, Ten Paradijs, Ter Vliet, Watermeulen et Langhen Hessel.

Le fief de Cruys Eecke, situé hors de la Kruisse, à l'ouest du ruisseau, au nord du Kleine Molenwegelke et au sud de la Kruiseikstraat, apparaît dans un dénombrement de 1748 comme un fief de 2 400 mesures de terre. Il appartient alors à René Philippe van Elslande, fils de feu Jacques-Philippe van Elslande, domicilié à Ingelmunster, où il exerce la fonction de greffier..

Personnalités Plusieurs porteurs du nom Van Elslande sont mentionnés dans la vie publique belge, l'histoire locale flamande ou le patrimoine architectural. Leur présence dans cette section ne présuppose pas, lorsqu'aucune source ne l'établit explicitement, leur rattachement à une même lignée généalogique continue.

Jean van Elslande, maire de Comines-Nord avant 1804 ; Auguste van Elslande, bourgmestre de Comines-Belgique ;