La manufacture Arnaud-Gaidan, exploitée sous la raison sociale J. Arnaud-Gaidan et C, est une manufacture de tapis et tapisseries fondée à Nîmes dans le premier tiers du .
Établie rue Plisseau, elle est dirigée à partir de 1863 par Joannin Eugène Arnaud (1826-1890), fils de Jacques Arnaud et de Françoise Gaidan.
La manufacture se distingue par une présence régulière dans les grandes expositions industrielles nationales et universelles entre 1839 et 1873, obtenant notamment une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1867 à Paris, distinction suivie de la nomination de son directeur au grade de chevalier de la Légion d'honneurNotice ARNAUD-GAIDAN Eugène, base Léonore, Archives nationales, cote LH/53/79 : ..
Origines La manufacture est issue de l'alliance des familles Arnaud et Gaidan, deux familles de la bourgeoisie protestante nîmoise.
Jacques Arnaud (1799-1834), commis marchand puis négociant à Nîmes, épouse Françoise Gaidan (1803-1887), héritière d'une riche famille de taffetassiers nîmois. Françoise est la sœur de Jean Gaidan (1809-1883), banquier, membre de l'Académie de Nîmes et félibre majoral, qui publie sous le pseudonyme de Jan de la TourmagnoA. Roque-Ferrier, Mélanges de critique littéraire et de philologie — le Midi de la France, ses poètes et ses lettrés de 1874 à 1890, p. 487-489, Montpellier, 1892, disponible sur Google Books : ..
À la mort de Jacques Arnaud en 1834, Françoise poursuit l'activité manufacturière sous la raison sociale Mme veuve Arnaud-Gaidan.
En 1839, la maison figure aux expositions nationales sous le nom de Gaidan frères, associant Françoise à son frère Jean.
En 1863, Jean Gaidan décide de se retirer des affairesMarcellin Clavel, Nîmes et le Gard, 1885..
Ses neveux Joannin et Philippe Arnaud lui succèdent, se partageant les activités familiales : Joannin prend la direction de la manufacture de tapis et tapisseries, désormais exploitée sous la raison sociale J. Arnaud-Gaidan et C, tandis que Philippe prend la tête de la banque familiale, dénommée Banque Arnaud-Gaidan et C.
Jean Gaidan se consacre ensuite aux lettres sous le pseudonyme de Jean de La Tour Magne, jusqu'à sa mort en 1883Jean Gaïdan (dit Jean de la Tour-Magne), poème signé « Jean de la Tour-Magne, Nîmes, février 77 », in La Lauseta, armanac dau patriota lati, 1877, disponible sur Occitanica : ..
Formation de Joannin Arnaud Joannin Arnaud se forme au textile à l'école de fabrication de Nîmes, établissement créé en 1837 par la ville pour former des ouvriers qualifiés dans le domaine du tissage.
En 1840, à l'âge de quinze ans, il réalise dans le cadre de ses travaux pratiques une reproduction tissée en soie du portrait du peintre Xavier Sigalon, disparu trois ans auparavant. L'objet porte au dos l'inscription « tissé par Joannin Arnaud à l'école de fabrication de Nîmes en 1840, âgé de 15 ans » et est conservé au musée Georges-Borias d'Uzès« Uzès : l'objet du mois au musée Xavier Sigalon », Midi Libre, 14 octobre 2013 : .. Le choix de Sigalon comme sujet s'inscrit dans un contexte de commémoration active : dès le décès du peintre, une souscription est lancée à Nîmes pour la création d'un monument, aboutissant en 1839 à l'érection d'un buste en marbre par le sculpteur Joseph Brian ; la même année où Joannin tisse son portrait, l'Académie de Nîmes lance un prix d'émulation sur le thème de l'éloge de Sigalon.
L'école de fabrication de Nîmes, installée place de la Calade, forme ses élèves à la mise en cartes des motifs pour métiers Jacquard, technique centrale dans l'industrie textile nîmoise de la première moitié du . Elle deviendra par la suite le lycée technique Dhuoda.
Histoire
Premières reconnaissances nationales (1839-1854) En 1839, la maison, alors désignée sous le nom de Gaidan frères, obtient une médaille d'argent à l'exposition nationale pour ses soieries et foulardsExposition des produits de l'industrie française en 1844. Rapport du jury central, tome 1, p. 310 et 317, Paris, Imprimerie de Fain et Thunot, 1844, disponible sur le Conservatoire numérique des Arts et Métiers : ..
En 1844, Mme veuve Arnaud-Gaidan reçoit une citation favorable du jury pour ses buratins et étoffes en fleuret.
Sous la direction de Joannin Arnaud (1855-1890) En 1855, la maison participe à l'Exposition universelle de 1855, deuxième de l'histoire, à Paris sous la raison sociale Arnaud-Gaidan et C, figurant au catalogue officiel des exposants sous le numéro 7511Exposition universelle de 1855 — Liste générale des exposants, p. 160, n° 7511, Paris, Imprimerie Impériale, 1855..
À l'Exposition universelle de 1862 à Londres, le rapport de la section française du jury international, rédigé sous la direction de Michel Chevalier, consacre plusieurs lignes à la maison. L'exposition se compose de tapis veloutés à palette libre et à chaînes mobiles, de carpettes et de foyers, ainsi que d'étoffes de reps d'ameublement imitant la tapisserie, dont la finesse d'exécution des bordures de lambrequin attire particulièrement l'attention du jury. Un tapis fond blanc style Louis XVI, à bouquets de fleurs, jugé de composition distinguée et de charmante couleur, est acheté sur place par MM. Réquillart, Roussel et ChocqueelRapports des membres de la section française du jury international sur l'ensemble de l'exposition, tome 5, p. 135, publiés sous la direction de M. Michel Chevalier, Exposition universelle de Londres de 1862, disponible sur Wikimedia Commons : ..
À l'Exposition universelle de 1867 à Paris, la maison figure dans la classe 18 (Tapis, tapisseries et autres tissus d'ameublement) parmi les exposants récompensés d'une médaille d'or, aux côtés de la ville d'Aubusson, des établissements Bracquenié frères et de Réquilliard, Roussel et ChocqueelExposition universelle de 1867 à Paris — Catalogue officiel des exposants récompensés par le jury international, classe 18, médailles d'or, p. 25, Paris, E. Dentu libraire-éditeur, disponible sur Wikimedia Commons : .. La distinction est confirmée par le Moniteur universel du 2 juillet 1867, qui publie la liste officielle des récompenses décernées par le jury internationalGazette nationale ou le Moniteur universel, 2 juillet 1867, p. 848.. Dans les semaines suivant la médaille d'or, Joannin Eugène Arnaud est nommé chevalier de la Légion d'honneur par décret du 30 juin 1867.
En 1873, la maison obtient une médaille de progrès à l'Exposition universelle de Vienne pour ses tapis et tissus pour meublesExposition universelle de Vienne en 1873 — Rapports, France, liste des médailles de progrès, disponible sur Wikimedia Commons : ..
En 1879, la maison dépose un brevet d'invention pour un tapis velouté à point noué (brevet n° 129.916)Brevet d'invention n° 129.916, déposé le 10 avril 1879 par J. Arnaud-Gaïdan et C, Nîmes, Archives de l'INPI : ..
Productions La manufacture produit principalement des tapis veloutés à palette libre et à chaînes mobiles, des carpettes et foyers, des étoffes de reps d'ameublement imitant la tapisserie, et des bordures de lambrequin. La qualité des dessins et l'harmonie des couleurs constituent les caractéristiques distinctives reconnues par les jurys successifs.
Distinctions AnnéeExpositionRécompenseSource1839Exposition nationale, ParisMédaille d'argent (soieries)Rapport du jury 18441844Exposition nationale, ParisCitation favorable (buratins)Rapport du jury 18441855Exposition universelle de 1855, ParisExposant (n° 7511)Catalogue officiel1862Exposition universelle de 1862, LondresMention du jury (achat sur place)Rapport Chevalier t. 51867Exposition universelle de 1867, ParisMédaille d'or ; puis Catalogue officiel ; Moniteur universel; base Léonore1873Exposition universelle de 1873, VienneMédaille de progrèsRapports officiels
Personnalités associées
Françoise Gaidan (1803-1887), héritière d'une famille de taffetassiers nîmois, épouse de Jacques Arnaud, poursuit l'activité après la mort de son mari en 1834 sous la raison sociale Mme veuve Arnaud-GaidanExposition des produits de l'industrie française en 1844. Rapport du jury central, tome 1, p. 310 et 317, Paris, Imprimerie de Fain et Thunot, 1844, disponible sur le Conservatoire numérique des Arts et Métiers : .. Jean Gaidan (1809-1883), frère de Françoise, banquier, membre de l'Académie de Nîmes et félibre majoral élu le 21 mai 1876, dirige de son côté la banque et avec elle la manufacture sous le nom de Gaidan frères jusqu'en 1863, date à laquelle il se retire des affaires pour se consacrer aux lettres sous le pseudonyme de Jan de la TourmagnoA. Roque-Ferrier, Mélanges de critique littéraire et de philologie — le Midi de la France, ses poètes et ses lettrés de 1874 à 1890, p. 487-489, Montpellier, 1892, disponible sur Google Books : .Jean Gaïdan (dit Jean de la Tour-Magne), poème signé « Jean de la Tour-Magne, Nîmes, février 77 », in La Lauseta, armanac dau patriota lati, 1877, disponible sur Occitanica : .. Joannin Eugène Arnaud (1826-1890), fabricant de tapis à Nîmes, fils de Jacques Arnaud et de Françoise GaidanActe de décès de Louis Philippe Arnaud, 5 avril 1897, Archives municipales de Nîmes, état civil, en ligne : ., formé à l'école de fabrication de Nîmes, dirige la manufacture de 1863 à sa mort. Nommé chevalier de la Légion d'honneur par décret du 30 juin 1867, dans les semaines suivant la médaille d'or de l'Exposition universelle. Il édite à la mort de son oncle, Jean, ses Poésies posthumes (Nîmes, Clavel et Chastanier, 1884). Son frère Philippe Arnaud (1830-1897), fils des mêmes parents, dirige quant à lui la Banque Arnaud-Gaidan & Cie, dont la transmission est assurée à ses fils Ernest et Georges Arnaud (1862-1920).
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Banque Arnaud-Gaidan & Cie Georges Arnaud (banquier) Exposition universelle de 1867 Xavier Sigalon
Catégorie:Manufacture des tabacs Catégorie:Tapisserie