Mont Plaisant est un roman de l’écrivain camerounais Patrice Nganang, publié en 2011 aux éditions Philippe Rey, à Paris. Le roman a été traduit en anglais sous le titre Mount Pleasant en 2016.
Résumé En 1931, Sara, une fillette de neuf ans originaire de Yaoundé, est arrachée à sa famille et remise au sultan Njoya. Ce dernier, souverain du peuple bamoun, a été chassé de ses terres par l’administration coloniale française et vit désormais en exil dans le quartier de Mont Plaisant à Yaoundé. Sara doit intégrer la cour du sultan comme l’une de ses femmes. Mais une servante de la cour, souhaitant préserver la mémoire de son propre fils défunt nommé Nebu, décide de travestir Sara en garçon. C’est donc sous ce nom et sous cette identité d’emprunt que Sara va grandir au sein de la cour du sultan.
Soixante-dix ans plus tard, une jeune Camerounaise prénommée Bertha, revenue des États-Unis où elle étudie, rencontre Sara, devenue très âgée. Sara lui confie son histoire. À travers ce récit sous forme de confidence, le roman fait revivre la cour du sultan Njoya dans ses dernières années, alors que le monde extérieur est secoué par les rivalités entre puissances coloniales et la montée des tensions qui mèneront à la Seconde Guerre mondiale.
Personnages principaux
Sara, dite Nebu, est la narratrice centrale du roman. Son destin, suspendu entre deux identités, sert de fil conducteur à la fresque historique. Le sultan Njoya (1885–1933) est une figure historique réelle: souverain du royaume bamoun, il fut un homme de savoir, inventeur d’un alphabet et mécène des arts, avant d’être réduit à l’impuissance par l’occupant français. Joseph Ngono, père de Sara, est un intellectuel camerounais formé en Allemagne, dont le retour au pays se heurte à la dure réalité coloniale. Bertha est la jeune femme qui recueille le témoignage de Sara et le transmet au lecteur.
Thèmes Mont Plaisant s’inscrit dans une réflexion sur la mémoire et la résistance culturelle. Le roman interroge les effets du colonialisme sur les sociétés africaines, en montrant comment une civilisation raffinée, celle du peuple bamoun, a été progressivement étouffée par la présence française. Il aborde aussi la question de l’identité à travers le travestissement de Sara, et explore les formes que peut prendre la dignité face à l’humiliation. En arrière-plan, le roman pose une question plus large, celle de savoir ce qu'il reste d’une culture lorsque ses institutions sont détruites et ses souverains réduits à l’exil.
Contexte historique vignette|upright|Le sultan Njoya en 1912. Le sultan Njoya (1885–1933) est un personnage historique, souverain du royaume bamoun dans l’ouest du Cameroun. Il fut d’abord allié des Allemands avant d’être mis en difficulté par l’administration française, qui le fit exiler à Yaoundé en 1931. Il est connu pour avoir inventé un alphabet, le «shü-mom», et pour avoir encouragé les arts et les sciences à sa cour. Il mourut en exil en 1933. Patrice Nganang a fait de cet épisode le cœur de son roman, dans le prolongement de son intérêt pour les pages méconnues ou occultées de l’histoire camerounaise.
Prix et distinctions Mont Plaisant a reçu la mention spéciale du jury du Prix des Cinq Continents de la Francophonie en 2011.
Place dans l’œuvre de l’auteur Mont Plaisant est le quatrième roman de Patrice Nganang, après La Promesse des fleurs (1997), Temps de chien (2001) et La Joie de vivre (2003). Il marque un tournant dans l’œuvre de l’auteur, qui se consacre désormais à l’histoire longue du Cameroun. Le roman sera suivi de La Saison des prunes (2013) et Empreintes de crabe (2018), qui prolongent ce travail de mémoire.
Notes et références
Catégorie:Roman camerounais Catégorie:Roman de langue française Catégorie:Roman paru en 2011