Le , un Phenom 300 s'écrase à l'aéroport de Blackbushe, dans le Hampshire, au Royaume-Uni ; lors d'une tentative d'atterrissage à 15 h 00 BST, l'Embraer Phenom 300, en provenance de Milan, en Italie, sort de la piste et s'écrase sur un parking à proximité de l'aéroport. Le seul pilote présent à bord, ainsi que les trois passagers, tous membres de la famille ben Laden, ont péri dans l'accident.

Avion L'aéronef impliqué était un Embraer Phenom 300, un jet d'affaires léger construit par Embraer en 2010 et immatriculé en Arabie saoudite HZ-IBN (numéro de série 50500040). Cet avion appartenait à Salem Aviation, une société basée à Djeddah et appartenant à la famille ben Laden, qui en était le premier et seul propriétaire. Il est équipé de deux moteurs Pratt & Whitney Canada PW535E et totalise 2 409 heures de vol, effectuées en 1 377 cycles (décollage/atterrissage), au moment de l'accident.

Contexte du vol L'appareil effectuait un vol privé entre l'aéroport de Milan Malpensa, en Italie, et l'aéroport de Blackbushe, au Royaume-Uni, avec à son bord trois passagers, tous de nationalité saoudienne, et un seul membre d'équipage, un pilote de nationalité jordanienne. Le Phenom 300 accidenté n'a jamais été impliqué dans un autre incident auparavant. Les conditions météorologiques au moment de l'approche vers l'aéroport étaient chaudes et ensoleillées, avec une très bonne visibilité et des vents venants du sud.

Les passagers étaient Raja Bashir Hashim (75 ans), l'une des épouses de Mohammed ben Laden, père d'Oussama ben Laden, ainsi que sa fille Sana Mohammed ben Laden (53 ans) et le mari de celle-ci, Zuhair Anuar Hashim (56 ans). Le pilote était Mazen al-Dajah (57 ans), qui totalise 11 000 heures de vol, dont 1 181 heures sur le Phenom 300 ; il avait auparavant piloté sur Airbus A320.

Accident Peu avant l'atterrissage, alors qu'il effectuait le circuit d'aérodrome, le pilote a reçu un message d'avertissement du système d'alerte de trafic et d'évitement de collision (TCAS) signalant la présence d'un ULM dans le circuit. À six reprises durant l'approche finale, le système d'avertissement et d'alarme d'impact (TAWS) a émis des alertes de type « Pull Up ». Au moment où il a atteint le seuil de piste, le Phenom 300 volait à 151 nœuds (280 km/h), soit 43 nœuds (80 km/h) de plus que sa vitesse cible de 108 nœuds (200 km/h) recommandée pour l'approche finale.

D'après les traces de pneus découvertes sur la piste, l'avion a touché le sol aux deux tiers de sa longueur, ne laissant qu'environ 440 m de piste pour s'arrêter. L'appareil a atterri à une vitesse de 134 nœuds (248 km/h) (contre 108 nœuds (200 km/h) recommandés par le constructeur) ; la distance d'arrêt requise lors d'un atterrissage à cette vitesse est alors supérieure à 600 m.

L'appareil a quitté l'extrémité de la piste à une vitesse de 83 nœuds (153 km/h) et a heurté un talus, ce qui l'a fait brièvement décollé, avant de finalement s'immobiliser sur un parking, faisant partie d'un grand site commercial appartenant à et situé juste à côté de l'aéroport.

L'épave a pris feu quelques secondes après le crash. Plusieurs camions de pompiers sont rapidement intervenus pour éteindre l'incendie, compliqué par la propagation des flammes à plusieurs voitures stationnées à proximité. Les quatre personnes présentes à bord de l'avion ont survécu à la sortie de piste, mais elles ont toutes péri dans l'incendie qui a suivi l'accident ; on ne compte ni victime, ni blessé au sol.

Enquête L'Air Accidents Investigation Branch (AAIB) a rapidement ouvert une enquête sur cet accident. En août 2015, l'AAIB a publié un bulletin spécial décrivant le déroulement de l’accident ; le rapport final a été publié en décembre 2016.

Il a été établi que l'approche finale n'était pas stabilisée, que la vitesse de l'aéronef au moment de l'atterrissage était excessive et que la zone de toucher des roues était trop éloigné sur la piste pour qu'il puisse s'arrêter en toute sécurité sur la longueur restante. L'AAIB a conclu que « plusieurs facteurs se sont combinés pour créer une charge de travail très élevée pour le pilote.. Cela a pu saturer ses capacités mentales, entravant sa capacité à traiter de nouvelles informations et à adapter son modèle mental, ce qui l'a amené à se focaliser uniquement sur la poursuite de l'approche ».

L'endroit où l'avion s'est immobilisé a retardé l'intervention des pompiers, car l'accès se faisait par une porte verrouillée et les deux premiers ont dû attendre l'arrivée du troisième véhicule, qui détenait la clé. Cependant, le rapport indique que ce retard n'a pas affecté la durée de l'incendie, qui se serait de toute façon poursuivi jusqu'à l'épuisement du carburant. L'exploitant de l'aéroport a par la suite veillé à ce que chaque véhicule soit équipé des clés nécessaires et a amélioré la documentation.

Références

Liens externes

Rapport final

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