Sincero Rugarli est un avocat, journaliste et sociologue italien.

Biographie

Premiers travaux sociologiques et activisme socialiste Diplômé en 1892 avec une thèse de sociologie sur Malthus et Marx sous la direction d'Iulio Vanni, Sincero Rugarli milite par la suite au sein du Parti socialiste italien (PSI) et collabore à la Critica sociale.

Dans son article, « Per una scuola di scienza sociale », paru le 1er janvier 1898, il soutient l'initiative du sociologue Francesco Cosentini (1870-1944) de créer une « École supérieure de sciences sociales » à Milan, une institution qu'il souhaite « indépendante et libre de toute tutelle gouvernementale », ouverte à tous et devant permettre de diffuser le plus largement le savoir, « source de bonheur premier dans la vie » : « Rompre le cercle de fer de la tradition scolastique : voilà ce que se propose la nouvelle École supérieure de sciences sociales. Commencer l'ère d'une pensée véritablement libre et hardie du haut de la chaire, maintenant que la rue elle-même proclame légitime la liberté de l'idée ».Dans ce même article, Rugarli en appelle également à une refondation de la sociologie, qu'il qualifie de « nébuleuse errant dans le champ scientifique », freinée par des « synthèses hâtives et incomplètes » et de « stériles logomachies sur les questions de méthode ». Opposé au déterminisme marxiste (« Il y a une troupe nombreuse de philosophes qui, avec Marx, ne voient dans la société rien d'autre qu'un phénomène économique dont dérivent tous les autres phénomènes sociaux »), au darwinisme social et au concept de « race », qu'il qualifie de « catégorie subjective indépendante de la réalité extérieure », Rugarli s'oppose dans le même temps à l'empirisme : « Autre courant prépondérant dans l'étude de la Sociologie est l'ethnologique, coupable d'empirisme. Il ne suffit pas d'accumuler une collection de faits concernant les us et coutumes des différents peuples ; il faut les expliquer ». Pour lui, la véritable science sociale ne peut se contenter d'observer, elle « doit être principalement génétique » afin de « reconstruire le chemin ignoré de la préhistoire, tracer la voie royale de la civilisation » ; à la suite de Cosentini (La Sociologíoa genetica, 1911), il estime que « tous les facteurs sociaux doivent être harmonisés […] non pas hiérarchisés, mais organisés ».

La rupture avec le PSI : l'interventionnisme En 1914, Rugarli devient interventionniste et est pour cette raison exclu du PSI. La même année, il signe le manifeste des Faisceaux d'action internationaliste avec les syndicalistes révolutionnaires partisans de l'entrée en guerre et lance, en 1916 à Milan, la revue bimensuelle Rivista socialista (octobre 1916-février 1917) dont La Vita internazionale présentera l'orientation dans son numéro de décembre : « C'est le titre d'une nouvelle revue dirigée par l'avocat Sincero Rugarli, un exclu du parti socialiste en raison de son interventionnisme militant et patriotique. D'après le programme, on comprend que l'avocat Rugarli se propose de démontrer le grand tort qu'a eu le parti socialiste italien en s'enfermant dans un neutralisme qui, en fin de compte, se répercutera au détriment de la classe des travailleurs, lesquels, dans l'immense bouleversement des choses, des consciences et des idées, trouveraient plutôt leur intérêt à être des acteurs actifs plutôt que des absents ».L'historien Enzo Santarelli qualifie la revue d'« éclectique, mais d'intention révisionniste ».

Travaux et écrits dans l'entre-deux guerres

Publications

Per la stabilità del contratto di lavoro, Milano, 1901. L'Incivilimento : saggi di sociologia, Lugano, Tipografia Luganese, 1931. La criminalità : saggi di sociologia, 1939. Gli Stati Uniti d’Europa, Milano, Centro di Studi Sociologici, 1940. La visione della vita, Milano, Casa Editrice A. Corticelli, 1943. Crisi di civiltà, Milano, Centro di Studi Sociologici, 1944. La sociologia nella scienza e nella vita, Centro di Studi Sociologici, 1945. Il comunismo critico, Milano, Centro di Studi Sociologici, 1946.

Notes et références

Bibliographie

Mara Memmo, « L'opera di Sincero Rugarli : profilo di un protagonista dimenticato dalla sociologia italiana nel periodo fascista » dans Giulio Ernesti, La Costruzione dell'utopia : architetti e urbanisti nell'Italia fascista, Edizioni lavoro, 1988.

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