Aubin Ngongo Luwowo, né à Kindu le 12 décembre 1953 dans la province du Maniema et mort le à Kinshasa, est un journaliste, homme d'affaires et homme politique congolais.
Figure de la presse zaïroise puis congolaise, il est notamment le fondateur de la première chaîne de télévision privée à diffuser un journal télévisé au Zaïre, la Radio Télévision Kin Malebo (RTKM, également appelée TKM). Proche du régime de Mobutu Sese Seko, il a été commissaire du peuple, ministre dans plusieurs gouvernements de transition et de salut national, puis sénateur sous la Troisième République.
Biographie Jeunesse et formation Aubin Ngongo Luwowo est originaire de la ville de Kindu, dans la province du Maniema, à l'est de la République démocratique du Congo.
Il fait partie de la première promotion de l'Institut supérieur de techniques de l'information (ISTI), devenu par la suite l'Institut facultaire des sciences de l'information et de la communication (IFASIC), où il est inscrit à partir de 1973. Il achève son cycle de graduat en 1976. Il obtient plus tard un diplôme de droit et est inscrit au barreau de Mbandaka.
Carrière de journaliste En 1976, Aubin Ngongo Luwowo commence sa carrière à l'Office zaïrois de radiodiffusion et de télévision (OZRT), la radio-télévision d'État. Il y travaille d'abord à la radio, où il anime notamment le journal parlé de midi aux côtés de Kwembe Kimpele, avant de gravir les échelons jusqu'à devenir rédacteur en chef du journal télévisé. Il est également correspondant de guerre lors de la guerre du Shaba.
Carrière politique Au lendemain de l'annonce, le 24 avril 1990, de l'ouverture politique par le maréchal Mobutu Sese Seko, Aubin Ngongo Luwowo compte parmi les jeunes cadres — surnommés les « jeunes loups » — qui prennent le contrôle du Mouvement populaire de la Révolution (MPR), le parti unique de Mobutu, aux côtés de Banza Mukalay, Mananga Ma Pholo ou encore Omari Lea Sisi.
Il quitte la presse en 1992 pour se consacrer à la politique et est élu commissaire du peuple (député). En avril 1993, il entre au gouvernement Birindwa, formé par le Premier ministre Faustin Birindwa dans la mouvance présidentielle, où il est chargé de l'Information et de la Presse ; certaines sources lui attribuent également un portefeuille des Sports durant cette période.
Il siège ensuite comme membre du Conseil de la République, l'organe législatif de transition. En avril 1997, il est nommé ministre des Affaires foncières dans le gouvernement Likulia Bolongo, dernier gouvernement — dit « de salut national » — mis en place au Zaïre sous Mobutu, dirigé par le général Norbert Likulia Bolongo. Ce gouvernement reste en fonction jusqu'à la prise de Kinshasa par les forces de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila, en mai 1997.
Patron de presse Parallèlement à ses fonctions politiques, Aubin Ngongo Luwowo développe ses propres activités entrepreneuriales, notamment dans le secteur du diamant, et fonde l'entreprise de communication Kin Médias Sprl. En 1994, il lance l'hebdomadaire La Libre Expression, qui devient l'un des journaux de référence de Kinshasa à cette époque, en concurrence avec Le Soft.
En 1996, il fonde une station de radio et de télévision, d'abord baptisée Radio Télévision Kindu Maniema, qui devient après ses essais techniques la Radio Télévision Kin Malebo (RTKM, ou TKM). Il lance simultanément Télé Kindu Maniema à Kindu et Télé Kin Malebo à Kinshasa. La chaîne se distingue comme la première télévision privée à diffuser un véritable journal télévisé d'actualité au Zaïre, à une époque où les chaînes privées évitaient de traiter l'information politique.
Exil et dernières années À l'arrivée au pouvoir de l'AFDL en 1997, Aubin Ngongo Luwowo s'exile en France. Sa chaîne RTKM est nationalisée à la suite de différends avec l'ancien ministre Dominique Sakombi Inongo et devient la RTNC4. Il ne récupère sa chaîne qu'après l'arrivée au pouvoir de Joseph Kabila, au terme d'une longue bataille juridique et d'actions de lobbying menées auprès des missions diplomatiques et des organisations de défense des droits de l'homme.
Il poursuit son engagement politique et devient sénateur ; il est désigné comme sénateur honoraire pour la période 2011-2018. Dans la province du Maniema, il est notamment décrit comme un rival politique de Alexis Thambwe Mwamba. Sa chaîne RTKM, basée à Kindu, fait par ailleurs l'objet de tensions, plusieurs journalistes y ayant été inquiétés par la justice à la fin des années 2010.
Vie privée Aubin Ngongo Luwowo épouse Marie-Jeanne Pembe à Kinshasa. Le couple a quatre enfants. À sa mort, en 2020, son épouse et ses enfants résident en France.
Décès Aubin Ngongo Luwowo meurt le 12 mai 2020 à la clinique Ngaliema Center de Kinshasa, des suites d'une insuffisance rénale et d'une maladie dont il souffrait depuis plusieurs années. Il est inhumé provisoirement le 16 mai 2020 dans le cimetière de la Nouvelle Cité, à Kinshasa, dans l'attente d'un transfert vers sa ville natale de Kindu. Sa disparition suscite de nombreux hommages, notamment de l'IFASIC et de l'ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, également originaire du Maniema.
Notes et références
Ouvrages et témoignages cités
Articles connexes
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