La Prise de Constantinople par les croisés (12 avril 1204), ou Entrée des croisés à Constantinople, est un tableau d'Eugène Delacroix du courant romantique peint en 1840. Il a été présenté pour la première fois au Salon de 1841 et conservé au Louvre de Paris.

Description Description physique Le tableau est une huile sur toile mesurant de haut pour de large.

Il est signé « Eug. Delacroix. 1840 » en bas à droite.

Il porte au revers de la toile l'inscription « LP 4674 » faite au pochoir et à la peinture rouge, ainsi que « Prise de Constantinople par les Croisés. 1204/ par M. Eugène Delacroix en 1841 » au pochoir et à la peinture noire.

Sujet

Le sujet du tableau est un épisode de la quatrième croisade suscitée par un appel lancé en 1198 par le pape .

Partis en 1202 de Venise en direction du Proche-Orient, les croisés ont dévié de leur but en raison de querelles politiques et financières. En avril 1204 ils assiègent Constantinople, la capitale de l'empire byzantin.

Delacroix peint le moment où les assaillants prennent possession de la ville qui est mise à sac. Tandis que les Constantinopolitains en âge de se battre sont tués ou faits prisonniers, les vieillards, les femmes et les enfants des plus riches familles de la cité sont chassés hors de leurs maisons, et soumis aux humiliations, à la violence et aux déprédations des vainqueurs.

Quatre chefs croisés à cheval dominent le centre de la composition ; parmi eux se tient le comte Baudouin de Flandre sur un cheval bai, reconnaissable à son heaume au cimier en forme de lion d'or. Deux prisonniers, enchaînés et torse nu, sont serrés contre le flanc gauche de sa monture. Le cheval abaisse la tête et enjambe un trophée militaire gisant au sol : carquois, lance, étendard, bouclier, casque, arc, fléau d'armes.

De part et d'autre au premier plan, les civils humiliés s'assemblent et s'agenouillent pour demander la clémence du comte de Flandre. À droite une femme blonde au torse dénudé soutient avec peine une femme expirante couverte d'un manteau bleu. À gauche un riche vieillard au manteau rouge s'élance pour demander grâce en présentant sa fille et un petit garçon. À l'extrémité gauche de la composition, entre les colonnes d'un péristyle, un soldat expulse de l'enceinte d'une église un prêtre, reconnaissable à l'étole d'or ornée de croix grecques. À ses pieds, sur les marches du perron, gît une femme inanimée, le sein dévoilé par le corsage ouvert, et les jambes écartées ; elle a été victime d'un viol. Devant ses pieds apparaît un coffret précieux ouvert par les pillards, qui ne contient plus que des lambeaux de tissu.

À l'arrière-plan se déploie toute la ville de Constantinople entourée de remparts, et le détroit du Bosphore, comme vu à vol d'oiseau. Plusieurs colonnes de fumée épaisse s'élèvent de place en place, conséquence des incendies de maisons, de temples et de bateaux dans le port. L'horizon situé au quart supérieur de la composition est dominé par un ciel bleu où roulent de gros nuages gris.

Histoire vignette|Esquisse conservée au musée Condé de Chantilly. Commande et réalisation Le tableau est commandé à l'artiste par l'Intendance générale de la Liste civile, le , au prix de et est destiné à la cinquième salle des Croisades dans les galeries historiques du château de Versailles.

Il est peint à Paris à partir de mars 1840, avec l'aide du peintre Louis Boulanger pour la perspective et le décor d'architecture et est exposé au Salon de 1841 (ouvert le 15 mars) de Paris, situé au Musée royal des arts (Louvre) ( du livret du Salon, du registre d'entrée des ouvrages aux dimensions de « » cadre compris), puis est transporté au château de Versailles le et installé dans la cinquième salle des Croisades en 1841.

Il est payé à l'artiste le et porté au registre des acquisitions de peintures du règne de sous le numéro « LP 4674 » (réinventorié « INV. 3821 » par le conservateur Frédéric Villot entre 1852 et 1860)

Provenance Le tableau est prêté à l'Exposition universelle de 1855 de Paris et à l'exposition « Delacroix » organisée par la Société nationale des beaux-arts à la galerie Martinet à Paris en 1864.

Il est évacué du château de Versailles et mis en sécurité dans les réserves du musée du Louvre, du au .

Il est affecté définitivement au musée du Louvre en 1885, à l'issue de son prêt à l'exposition « Eugène Delacroix » organisée à l'École nationale des beaux-arts à Paris du au (remplacé, dans la salle des Croisades du château de Versailles, par une copie de même grandeur peinte par Henri Charles de Serres sur commande du sous-secrétariat d'État aux beaux-arts en 1881) et est présenté au musée du Louvre à partir de début , dans la salle des États.

Il est évacué et mis en sécurité pendant la Seconde Guerre mondiale au château de Louvigny dans le département de la Sarthe en puis au château de Sourches de Saint-Symphorien.

L'œuvre rentre au Louvre le et est présentée en salle Mollien à partir du . De 1969 à 1995, elle est exposée dans la salle Daru.

Restaurations

Le tableau est restauré une première fois à l'été 1948 par Paul Maridat (refixage, pose de bandes de tension et rebordage) et Edgar Aillet (allègement du vernis et réintégration de la couche picturale), puis de à par Jean-Pascal Viala et Luc Hurter (renforcement des bords et remise en tension de la toile) et Bénédicte Trémolières, Laurence Mugniot, Alice Aurand et Alice Panhard (nettoyage, réintégration et revernissage de la couche picturale).

Postérité Le tableau fait partie des «  décisives de la peinture occidentale » constituant le musée imaginaire de Michel Butor..

En 1992 le groupe de death metal anglais Bolt Thrower utilise le tableau en tant que pochette de leur quatrième album .

Références Sauf mention contraire, le contenu de cet article provient de la fiche du tableau du 22 mai 2026 sur le site web du Musée du Louvre.

Annexes

Bibliographie . . . .

Liens externes

. (esquisse du musée Condé de Chantilly). .

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