Dans la mythologie grecque, Cléostratos (en grec ancien ) et Ménestratos () sont deux amants originaires de Thespies.

Pausanias raconte que chaque année, la cité sacrifie un éphèbe au dragon de Thespies. Lorsque Cléostratos est désigné, Ménestratos se porte volontaire et revêt une armure hérissée de piques, se sacrifiant ainsi pour tuer le monstre.

Étymologie En grec ancien, les deux amants se nomment respectivement . et .. Le premier nom est composé de (« gloire ») et de (« armée ») et signifie « célébré pour son armée ».

Mythe Le mythe de Cléostratos, Ménestratos et du dragon de Thespies n'est connu qu'à travers le témoignage de Pausanias le Périégète dans sa Description de la Grèce (), qui rapporte l'histoire que lui raconte les habitants de Thespies. Cette légende pourrait au moins dater de l'époque hellénistique.

Un dragon ou un serpent () attaque alors la cité béotienne de Thespies. Un dieu commande en réponse aux habitants de sacrifier chaque année un éphèbe au monstre.

Parmi les victimes, la seule dont les Thespiens que rencontre Pausanias se souviennent est Cléostratos, l'éromène de Ménestratos, qui est un jour désigné. Ménestratos décide de se sacrifier à la place de son amant, et forge un plastron en bronze, couvert d'hameçons, qu'il revêt afin de détruire le dragon lorsque celui-ci le dévore. Les habitants de Thespies dresse en hommage une statue en bronze de Zeus « Sauveur » ().

Comparaisons

vignette|Jason recraché par le dragon de Colchide. Kylix attique à figures rouges peint par Douris, 480-, musée grégorien étrusque.

Le mythe de Cléostratos et Ménestratos s'apparente au conte-type du « tueur de dragon », présent aussi bien dans la mythologie grecque que dans les contes postérieurs et qui se voit attribuer la classification ATU 300.

Le sacrifice de Ménestratos, qui se laisse dévorer pour tuer le dragon de l'intérieur, est similaire aux mythes de Persée et Héraclès, qui sauvent ainsi Andromède et Hésione de monstres marins () : Ménestratos périt néanmoins, contrairement à ces héros.

Plus précisément, l'armure que porte Ménestratos trouve des échos dans des histoires plus tardives issues d'autres espaces géographiques, comme dans le Livre des Rois, épopée en moyen perse de Ferdowsi rédigée autour de l'an mille, qui voit le héros Esfandiar tuer un dragon à l'aide d'un char projetant des épées que le monstre avale.

Au sein de ce large corpus, l'histoire se rapproche de celle d', jeune homme sacrifié par les habitants de Delphes au monstre Lamia ou Sybaris, sauvé par , un étranger tombé amoureux qui prend sa place et tue la créature, mais qui survit à l'affrontement.

Les deux mythes diffèrent cependant des autres dans la répartition des genres : alors que la plupart des histoires présentent un héros et un monstre masculins ainsi qu'une victime féminine, les protagonistes humains sont ici tous des hommes, entretenant donc une relation homosexuelle.

Debbie Felton relève que les deux histoires, proche géographiquement, pourrait être mutuellement influencées et trouver leur origine dans ce qui pourrait se rapprocher de cas de meurtres en série. Elle note notamment le sous-texte sexuel du mythe du dragon de Thespies, dans lequel Ménestratos est explicitement l'éraste de Cléostratos, engagé dans une relation pédérastique, tandis que le monstre ne vise qu'un seul type de victime, de jeunes hommes.

Notes et références

Voir aussi

Sources antiques , , 26, 7-8.

Bibliographie

Dictionnaires et encyclopédies . . . . . .

Études spécialisées . . .

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