Oreste réfugié à l'autel de Pallas est un groupe sculpté en ronde-bosse en plâtre réalisé par le sculpteur français Émile Hugoulin en 1876. L'œuvre est conservée au musée Granet d'Aix-en-ProvenceNotice musée Granet..

Présentée au Salon de 1876, elle est acquise par l'État la même année auprès de l'artiste. Elle est ensuite mise en dépôt au musée Granet par le Centre national des arts plastiques en 1882.

Réalisée en plâtre partiellement patiné, la sculpture mesure de hauteur, de largeur et de profondeurPDF musée Granet.

Description Émile Hugoulin s'inspire de la version du mythe d'Oreste rapportée par Eschyle, notamment dans Les Euménides. Oreste, fils du roi Agamemnon et de la reine Clytemnestre. Au retour de la guerre de Troie, Agamemnon est assassiné par son épouse, aidée de son amant Égisthe. Clytemnestre entend ainsi venger le sacrifice de leur fille Iphigénie, immolée par son père avant l'expédition contre Troie. Oreste venge alors son père en tuant sa mère. Ce matricide lui vaut d'être poursuivi par les Érinyes, divinités vengeresses chargées de punir les crimes familiaux. Sur les conseils d'Apollon, il cherche refuge auprès de Pallas Athéna afin d'obtenir sa protection et son jugement.

La sculpture représente Oreste réfugié au pied de la statue de la déesse. Épuisé, presque nu, il est assis de côté sur un piédestal, un drapé dissimulant partiellement sa nudité. Recroquevillé sur lui-même, il enlace les jambes de Pallas tandis que sa tête repose sur son bras, dans une attitude de supplication et d'abandon. Pallas Athéna, au contraire, se dresse dans une posture droite et impassible. Casquée et cuirassée, elle tient une lance dans sa main droite et porte l'égide à gauche. Son attitude traduit l'autorité, la maîtrise de soi et la puissance protectrice qui caractérisent la déesseNotice musée d'Orsay..

Analyse Bien que la composition mette d'abord en valeur la figure d'Oreste, dont le corps occupe la plus grande partie de l'espace sculpté, le véritable centre moral de l'œuvre est Pallas Athéna. Seule capable d'apaiser les Érinyes et d'ouvrir la voie au jugement qui mettra fin à la vengeance, elle incarne la transition entre la justice vindicative et la justice civique.

Le contraste entre les deux figures est au cœur de la composition : d'un côté, Oreste apparaît accablé, vulnérable et réduit à une posture de dépendance ; de l'autre, Pallas se distingue par sa verticalité, sa stabilité et son autorité. La position presque fœtale adoptée par Oreste, enlacé aux jambes de la déesse, souligne sa détresse autant que sa quête de protection. Hugoulin oppose ainsi la faiblesse du héros à la force sereine de la déesse, faisant de cette dernière la garante de l'ordre, de l'équité et de la raison.

Notes et références

Catégorie:Œuvre conservée au musée Granet Catégorie:Sculpture des années 1970 Catégorie:Nu masculin dans la sculpture Catégorie:Sculpture française du XIXe siècle