Toussaint-Hubert Goddu, né le 28 janvier 1793 à Saint-Denis et mort le 14 août 1879 à Montréal, est un officier et patriote franco-canadien.

Il participe aux événements de 1838 et est déporté aux Bermudes avec Siméon Marchesseault, le Henri-Alphonse Gauvin, le Wolfred Nelson, Robert-Shore-Milnes Bouchette, Bonaventure Viger, Rodolphe Des Rivières et le Luc-Hyacinthe Masson, condamnés à l'exil pour leur rôle dans la rébellion du Bas-CanadaL'Ami du Peuple, de l'ordre et des lois du 4 juillet 1838..

Biographie

Fils du cultivateur Joseph Goddu et de Marie Charron. il devient commis à Montréal (1808). En 1812, il s'enrôle dans les Volontaires de Québec, sous les ordres du major Joseph Bouchette. Il est ensuite muté au bataillon de milice incorporée. Enseigne, il devient capitaine le 25 mars 1813, puis major le 7 février 1815. Il fait campagne sous les ordres du colonel de Salaberry et prend part aux batailles de Lacolle et de Châteauguay<ref name="g">Gilles Bachand, Un patriote des Quatre Lieux : Toussaint-Hubert Goddu (1793-1879) in Par Monts et Rivière , vol. 10, mai 2007, .</ref>.

Après la guerre contre les américains, il s'établit à Sainte-Marie-de-Monnoir où il se marie avec Marie-Joseph Bisaillon. Veuf, il se remarie à Montréal, le 14 août 1833, avec Sophie fille de Jean-Baptiste Morrisseau et de Marguerite Élie. Il reçoit du gouvernement en 1835 une médaille pour ses services aiinsi que cent acres de terre dans le township de Weedon. Après une vaine tentative pour s'y établir, il choisit de s'installer à Saint-Césaire et de s'y construire une propriété.

Au printemps 1837, il rejoint le Comité de correspondance et le Comité de comté. Il prend part aussi à l'assemblée des Six-Comtés à Saint-Charles et devient le « capitaine » des insurgés de Saint-Césaire. Il met en place, en novembre 1837, un camp de patriotes à Saint-Césaire qu'ils abandonnent dès le 22 novembre pour joindre celui de Storrow Brown à Saint-Charles. Les patriotes s'emparent des armes du magasin général de William Unsworth Chaffers de Saint-Césaire. Une brigade de 112 hommes se met ainsi en marche le 24 novembre 1837. Ils se dirigent à la pointe Olivier (Saint-Mathias) où François Malhiot compte intercepter les troupes du général Wetherall à leur retour de Saint-Charles. Ils y demeurent du 25 au 27 au soir avant de se disperser. Goddu se réfugie au Séminaire de Saint-Hyacinthe, puis tente de franchir la frontière américaine. Arrêté, il est conduit à Montréal le 12 décembre 1837. Le 18 juin 1838, il accepte de signer avec sept de ses compagnons en retour de l'amnistie des autres prisonniers, la confession réclamée par Durham et est sur le champ condamné à l'exil et embarqué pour les Bermudes.

Après le désaveu de lord Durham qui met fin à la sentence, il quitte les Bermudes le novembre 1838 et adresse le 31 décembre 1838, une lettre à John Colborne pour être autorisé à rentrer au pays. Colborne refuse. Goddu s'installe alors dans le Vermont, à Burlington, Vermont.

En 1839, il traverse la frontière canadienne et gagne Saint-Césaire, où il est de nouveau arrêté et extradé. Il ne pourra renter au Canada qu'en 1841. Il meurt à Montréal le 14 août 1879.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Aegidius Fauteux, Patriotes de 1837-1838, Montréal, Les Éditions des Dix, 1950, . Gilles Laporte, Patriotes et loyaux Leadership régional et mobilisation politique en 1837 et 1838, Septentrion, 2004, . Gilles Bachand, Chronologie des événements patriotiques à Saint-Césaire en 1837 et 1838, in Par Monts et Rivière'', vol. 8, , mai 2005, .

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