Le parc naturel du Cañon del Río Lobos (canyon de la rivière Lobos) est un espace naturel protégé de la communauté autonome espagnole de Castille-et-Léon. Environ les trois quarts de sa surface appartiennent à la province de Soria et un quart à la province de Burgos.

Géographie La rivière Lobos est l'axe du canyon du même nom et l'agent de l'érosion qui lui a donné forme. Elle naît dans la province de Burgos, mais coule principalement dans la province de Soria. Elle se situe dans l'espace qui sépare le Système Ibérique de la grande meseta du Douro.

Les que recouvre le parage du Cañón del Río Lobos sont les territoires de Santa María de las Hoyas, San Leonardo de Yagüe, Casarejos, Herrera de Soria, Nafría de Ucero et Ucero (tous ceux-ci dans la province de Soria); et Hontoria del Pinar (province de Burgos). L'espace a été déclaré parc naturel par Décret de la Junte de Castille-et-Léon 115/1985 du 10 octobre 1985, eu égard à ses singuliers attributs naturels... Postérieurement, en 1987, ce même milieu a été déclaré Zone Spéciale de Protection des Oiseaux (ZEPA).. Actuellement un nouveau Plan d'Ordonnancement des Ressources Naturelles est en préparation, qui élargirait la surface à 12.244 hectares et comprendrait des terrains de la commune de Espeja de San Marcelino.

Géologie Morphologiquement il s'agit d'une profonde entaille creusée dans les calcaires du crétacé supérieur du lit fluvial, qui a laissé à découvert d'énormes parois de plusieurs dizaines de mètres de haut. Cette entaille est le fruit d'une double érosion: celle due à l'usure de la rivière elle-même et celle due à la dissolution de la roche par l'eau. L'enfoncement du lit s'est produit lorsque les grottes préalablement creusées par l'eau ont cédé. Cet enfoncement a laissé les zones concaves, aussi appelées lermas, que l'on peut voir, teintées par les oxydes, dans les murs du canyon.

Toute la zone est un immense karst avec beaucoup de grottes et de gouffres, ainsi que des puisards. Le système d'eaux souterraines et d'aquifères est très complet.

Dans sa partie la plus basse se trouve le terrain alluvial et dans certains lieux on peut apprécier des strates de marnes, argiles et conglomérats du crétacé inférieur. Dans la partie centrale du canyon abondent les calcaires noduleux du crétacé supérieur avec des couches de débris rocheux qui provoquent les érosions en raison du cycle glace-fonte. Enfin, dans la partie la plus haute les calcaires sont parfois accompagnés de couches d'argiles sables et conglomérats. gauche|vignette|Nénuphars dans le canyon de la rivière. L'aquifère karstique du canyon est formé de calcaires du crétacé qui s'appuient sur une base imperméable de marnes. Cet aquifère est très vulnérable à la pollution car sa partie non saturée n'épure pas de façon idoine l'eau qui lui arrive. Pour cette raison les villages qui versent au río Lobos doivent prendre un soin spécial à épurer leurs eaux.

Flore La population végétale qui habite cet espace naturel est composée de différentes espèces parmi lesquelles ressortent les emblématiques forêts de genévriers d'Espagne. À côté de cet arbre on peut voir d'abondantes populations de pins noirs, chênes portugais et yeuses. Dans les espaces couverts de maquis poussent des genévriers, des busseroles et des genêts épineux, ainsi que du thym, de la lavande et de la sauge.

Les rives sont peuplées de peupliers, aulnes et saules, et dans les eaux il y a des nénuphars, des massettes et des lentilles d'eau.

Dans le terrain rocailleux se trouvent des espèces telles que la saxifraga cuneata et la linaria supina ou celles connues sous le nom de « Petits Souliers de la Vierge » et « Nombril de Vénus ».

Faune Le canyon a permis le développement de diverses espèces animales qui y ont trouvé un habitat approprié. Les plus nombreuses sont les oiseaux, et parmi eux les rapaces: le vautour, le faucon, l'aigle, l'épervier et le hibou grand-duc, et surtout le vautour fauve, qui peuple les corniches des éperons rocheux et leurs cavités et qui se maintient en vol permanent sur la voûte virtuelle du canyon. Quelques mammifères ont aussi trouvé refuge dans la gorge de la rivière et dans les eaux de celle-ci vivent des truites et des loutres. Il y a aussi un grand nombre d'espèces d'amphibiens, reptiles et poissons comme la grenouille, le lézard, la couleuvre, la vipère de Lataste et le barbeau.

Accès et zones récréatives vignette|Cueva Grande. On peut accéder au canyon par plusieurs chemins, bien que les accès principaux se réalisent depuis trois points différents:

Par la partie ouest, en amont, on y accède depuis Hontoria del Pinar (Burgos), localité à laquelle on arrive par la route nationale N-234. Le deuxième accès se trouve à du précédent, environ à mi-parcours, avant la sortie d'Ucero; il s'agit du pont de los Siete Ojos, sur la route provinciale SO-934, qui relie San Leonardo de Yagüe à Santa María de las Hoyas. C'est le plus emprunté par les randonneurs qui veulent parcourir le Cañón jusqu'à l'ermitage de San Bartolomé. À la fin du canyon se trouve l'entrée de la Galiana, sur la route SO-920 entre Casarejos et Ucero, qui est la plus utilisée et proche du centre d'interprétation de l'espace naturel. Celui-ci est situé dans un ancien moulin reconverti en pisciculture.

À toutes les entrées il y a des stationnements et des services d'information..

Il existe des zones récréatives à plusieurs points du parc, dans la zone de Siete Ojos, par l'entrée de la Galiana, à Hontoria del Pinar, du côté des Agualinos et près de Santa María de las Hoyas.

Il y a aussi cinq miradors officiels dans le parc naturel: le mirador de Costalago, le mirador de la Lastrilla, le mirador del Castillo, le mirador de la Galiana et le mirador de las Gullurías. Aux quatre premiers on peut accéder en voiture, alors qu'au dernier on ne peut accéder qu'à pied.

La zone la plus visitée du parc naturel du río Lobos est l'environnement de l'ermitage templier de San Bartolomé. Cette zone se trouve à de l'entrée depuis la Galiana, sur l'esplanade qui s'étend face à la Cueva Grande, qui contient des peintures rupestres.

Ermitage de San Bartolomé L'ermitage de San Bartolomé est une construction romane du premier quart du  avec quelque influence du gothique. Il faisait partie d'un monastère dont il ne reste que la chapelle. vignette|Vue de la rivière avec l'ermitage au fond. Il est lié à l'Ordre du Temple bien qu'il n'existe aucune référence documentaire à ce sujet au-delà d'une mention erronée de Loperráez qui la relie à San Juan d'Otero, monastère templier situé sur la colline de San Juan situé entre les localités de Portelárbol et Portelrubio.

Le 24 août est célébré le traditionnel pèlerinage de San Bartolomé dans l'ermitage du canyon.

Il est situé sur le territoire communal de la communauté de Herrera de Soria, Nafría de Ucero et Ucero, et est visité par plus de 10000 personnes par an. Le plafond noir de la grotte est dû à la teinture causée par les bûchers des scouts, bien que sa cause principale soit l'érosion et l'humidité causées par l'eau.

Activités De nombreuses activités peuvent se réaliser dans le parc. Toutes sont régulées. Pour l'accès à certaines zones à des époques précises il faut une permission spéciale, comme pour le parcourir à cheval. On peut y accéder en vélo par les pistes et chemins signalés. L'escalade est interdite et la spéléologie est sujette à permission, certaines grottes étant fermées.

L'activité par excellence est la randonnée pédestre.. Le chemin le plus parcouru est le PR-SO-BU-65, sentier de la rivière, qui parcourt le canyon dans sa totalité. En plus, le parc est traversé par deux chemins de Grande Randonnée: le GR-86, Sentier Ibérique Soriano, et le GR-86-2, Variante de San Leonardo; et plusieurs chemins de Petite Randonnée: le PR-SO-03, route des Sabinas; le sentier du pic de Navas, le PO-BU-05; Senda Hontoria, le PR-SO-06; le PR-SO-46, El Torcajón; le PR-SO-47, Tres cruces; le PR-SO-49, cañada Real de la Merinas; le PRC-SO-66, senda del castillo et le PRC-SO-67, route de las Gullurías. Il y a aussi 8 sentiers dont le parcours se situe dans l'espace protégé.

Occupation humaine On sait que l'homme a occupé ces terres depuis l'antiquité. En témoignent les gravures et peintures rupestres trouvées dans certaines cavités et datées de l'Âge du Bronze. L'ermitage de San Bartolomé est une construction médiévale et l'une des nombreuses variantes du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle y passait.

Voir aussi Espaces naturels protégés de Castille-et-Léon

Références

Catégorie:Aire protégée en Castille-et-León Catégorie:Site Natura 2000 en Espagne Catégorie:Gorge en Espagne Catégorie:Aire protégée