La tapisserie d'Arras est le nom donné à la production des nombreux ateliers de tapisserie de haute-lisse actifs à Arras, surtout au .
Historique
Pendant longtemps, les tapissiers d'Arras ou de Tournai ont été les plus productifs. L'importance des tapissiers d'Arras se voit dans l'appellation « arazzo » ou « arrazzy » utilisée en Italie ou en Pologne, « drap de Ras » en Espagne pour désigner les tapisseries, bien après qu'Arras ait perdu sa prédominance.
La plus ancienne trace d'une commande de tapisserie, est celle faite par Mahaut d'Artois qui demande, le , à Mathieu Cosset, receveur d’Artois, de faire confectionner six tapisseries par Isabelle Caurrée, marchande d'ArrasArchives du Pas-de-Calais : Les débuts de la tapisserie d’Arras. En Pologne, à Cracovie, le château royal du Wawel abrite plus de cent pièces, la plus importante et la plus précieuse collection de tapisseries d’Arras de l’époque de la Renaissance.
La décadence d'Arras va commencer quand, en 1398, le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, décide, pour redresser les finances de la ville de doubler la taxe sur les hautes-lisses. Les marchands et ouvriers de tapisserie vont alors commencer à quitter la ville pour s'installer à Tournai, Lille, Audenarde, puis Bruxelles et BrugesAdolphe Guesnon, Le hautelisseur Pierre Feré d'Arras, auteur de la tapisserie de Tournai (1402), dans Revue du Nord, 1910, , , (lire en ligne). Dès 1449, on voit le duc Philippe le Bon préférer de commander la tenture de l'histoire de Gédéon à Tournai plutôt qu'à Arras. En 1456, les bourgeois d'Arras se plaignent au duc de Bourgogne de voir les ouvriers en haute-lisse quitter Arras pour aller s'installer à Valenciennes, Tournai, Bergues et d'autres villes. Arras a alors perdu les commandes du duc. Les demandes d'argent par Charles le Téméraire pour financer la guerre ont commencé à ruiner la villeAdolphe Guesnon, Décadence de la tapisserie à Arras depuis la seconde moitié du , imprimerie de Lefebvre-Ducrocq, Lille, 1884 (lire en ligne). La conquête d'Arras par a entraîné le déplacement des ateliers de tapisserie vers les Pays-Bas des Habsbourg, en 1477, et le contrôle de Bruxelles par la maison des Habsbourg et les difficultés d'Arras permirent le développement de la production à Bruxelles.
Notes et Références
Voir aussi Articles connexes Tapisserie Histoire d'Arras Tapisseries de Tournai Tapisseries de Bruxelles
Bibliographie Adolphe Guesnon, Décadence de la tapisserie à Arras depuis la seconde moitié du , imprimerie de Lefebvre-Ducrocq, Lille, 1884 (lire en ligne) Adolphe Guesnon, Le hautelisseur Pierre Feré d'Arras, auteur de la tapisserie de Tournai (1402), dans Revue du Nord, 1910, tome 1, , (lire en ligne). Jean Lestocquoy, « Financiers, courtiers, hautelisseurs d'Arras aux », dans Revue belge de philologie et d'histoire, 1938, tome 17, , (lire en ligne) Jean Lestocquoy, Deux siècles de l'histoire de la tapisserie (1300-1500), Paris, Arras, Lille, Tournai, Bruxelles, Commission départementale des monuments historiques du Pas-de-Calais, Arras, 1978 ; 140p. (Compte-rendu par Francis Salet dans Bulletin Monumental, 1982, tome 140, , ).
Liens externes
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