Phillip Davey, né le à Unley et mort le à Adélaïde, est un militaire australien. Il est récipiendaire de la Croix de Victoria (VC), la plus haute distinction pour acte de bravoure au combat pouvant être décernée à un membre des forces armées australiennes à l'époque. Phillip Davey s'engage dans la Force impériale australienne en pour servir pendant la Première Guerre mondiale et rejoint son unité, le 10e bataillon, sur l'île de Lemnos le . Avec son bataillon, il débarque dans la baie Anzac, à Gallipoli, le . Il combat à Anzac jusqu'à son évacuation pour raisons de santé début novembre, puis il rentre en Australie en janvier de l'année suivante.
Phillip Davey s'embarque pour l'Angleterre en et rejoint son bataillon sur le front occidental en octobre. En , il reçoit la Médaille militaire pour avoir fait preuve de bravoure en secourant un blessé sous le feu ennemi. Il est promu caporal en avril. À l’approche de la prise de Merris en juin, il tue une équipe de huit mitrailleurs allemands, sauvant ainsi son peloton de l’anéantissement, ce qui lui vaut la Croix de Victoria. Au cours de cette action, il est grièvement blessé. Il retourne en Australie pour être démobilisé et est employé par les chemins de fer d’Australie-Méridionale pendant de nombreuses années avant de décéder en 1953, après avoir souffert pendant des années de bronchite et d’emphysème. Il est inhumé avec tous les honneurs militaires au cimetière de l’AIF, à West Terrace. Ses médailles sont exposées dans le Hall of Valour (Salon de la Vaillance) du Mémorial australien de la guerre.
Biographie Jeunesse Phillip Davey, né le à Unley, en Australie-Méridionale, est le fils de William George Davey, menuisier, et de son épouse Elizabeth, née O'Neill ; il est l'un des cinq fils du couple qui sert pendant la Première Guerre mondiale. Phillip fréquente la Flinders Street Model School et la Goodwood Public School. À l'issue de ses études, il travaille dans le forage de puits et l'exploitation minière d'opale en Australie centrale ; au début de la Première Guerre mondiale, il est conducteur de chevaux.
Première Guerre mondiale Le , à l'âge de 18 ans, Phillip Davey s'enrôle comme soldat dans la Première force impériale australienne (AIF) et est affecté au 2e contingent de renforts du 10e bataillon. Il s'embarque à Melbourne le à destination de l'Égypte. Il rejoint le 10e bataillon de la 3e brigade à bord du SS Ionian dans le port de Moúdros, sur l'île de Lemnos, au nord-est de la mer Égée, le . La 3e brigade est désignée pour assurer la couverture du débarquement de la baie Anzac, à Gallipoli, le . La brigade s'embarque à bord du cuirassé et du destroyer HMS Foxhound ; après avoir embarqué dans des rangées de barques à rames initialement remorquées par des pinasses à vapeur, le bataillon commence à ramer vers le rivage vers 4 h 30 du matin.
Phillip Davey prend part aux violents combats qui ont lieu lors du débarquement, puis à la guerre des tranchées qui s'ensuit pour défendre la tête de pont. Après plusieurs épisodes de maladie, il est évacué vers l'Égypte, atteint de fièvre entérique, début novembre. En janvier 1916, il est rapatrié en Australie pour se rétablir. Il s'embarque à nouveau à Melbourne en juin, arrive au Royaume-Uni en août et s'embarque pour la France le mois suivant. Pendant qu'il se remet de sa maladie, les formations d'infanterie de l'AIF ont été retirées de Gallipoli pour être transférées en Égypte, puis sur le front occidental, en France et en Belgique. Phillip Davey rejoint le 10e bataillon début octobre.
Dès le retour de Phillip Davey, le 10e bataillon alterne entre la ligne de front, la réserve, l'entraînement et les travaux de service, principalement dans le secteur de la Somme. En , il participe à une opération à Le Barque, au sud-ouest de Bapaume. Le , Phillip Davey est blessé accidentellement par une grenade à main alors que le bataillon est au campement, mais il reprend du service moins d’un mois plus tard, pendant la bataille d’Arras. Il est promu caporal suppléant début mai, alors que le bataillon combat en soutien à Bullecourt. En septembre, le bataillon est engagé dans la bataille de Passchendaele, plus précisément lors de la bataille de la route de Menin, près du bois du Polygone. Le mois suivant, Phillip Davey est victime d'un attaque au gaz alors que le 10e bataillon est en train de relever des troupes en première ligne près de Westhoek Ridge ; il réintègre son unité début novembre.
Tout au long de l'hiver 1917-1918, le bataillon alterne entre différentes missions, tant sur la ligne de front qu'en arrière. Le , Phillip Davey vient au secours d'un soldat blessé sous un feu nourri et se voit décerner la Médaille militaire (MM) pour son courage au combat. La recommandation est la suivante :
Phillip Davey est promu caporal le , et cette nuit-là, le 10e bataillon mène une opération près de Méteren. Le mois suivant, il est affecté à Tidworth, en Angleterre, en tant qu'instructeur, mais réintègre son unité à sa demande le . Cinq jours plus tard, il se trouve avec son bataillon lors d'une opération d' près de Merris. Au cours des 18 mois précédents, le 10e bataillon avait développé des compétences en matière de raids et de patrouilles qui s’avèrent cruciales dans ce type de combat plus ouvert. Le commandant du 10e, le lieutenant-colonel Maurice Wilder-Neligan, ordonne dans un premier temps à un peloton de sécuriser une position près d’une haie. Cette opération ayant été couronnée de succès, et un autre peloton ayant obtenu des résultats similaires, il engage alors deux compagnies dans l’opération, couvertes par un écran de fumée et des tirs de mortier de tranchée. Une section atteint la haie et commence à se retrancher, lorsqu’une mitrailleuse située à proximité ouvre le feu, tuant le chef de section, faisant d’autres victimes et dispersant la section. Phillip Davey s’avance alors seul à deux reprises et, à l’aide de grenades à main, tue l’équipage et s’empare de la mitrailleuse. Il l’utilise ensuite pour repousser une contre-attaque allemande, qui est repoussée.
100px|vignette|gauche|La Croix de Victoria.|alt=Une photographie en couleur d'une médaille suspendue à un ruban.
Les actions de Phillip Davey, qui a neutralisé à lui seul un poste de mitrailleuse allemand, lui valent la Croix de Victoria (VC), la plus haute distinction pour courage au combat pouvant être décernée à un membre des Force de défense australienne à l'époque. Il est d'abord proposé pour la médaille de conduite distinguée, mais lorsque cette proposition parvient au commandant du XVe corps d'armée, le lieutenant-général , celui-ci la transforme en proposition pour la Croix de Victoria, qualifiant son acte d'. La citation est la suivante :
Le peloton de Phillip Davey est rapidement relevé par un peloton de réserve qui rétablit le poste. L'opération menée par le 10e bataillon permet de s'emparer de 460 m de la ligne de front allemande, ainsi que de faire trente-cinq prisonniers, de s'emparer de six mitrailleuses et de deux mortiers de tranchée , au prix de cinquante victimes. Blessé au dos, à l'abdomen et aux jambes, Phillip Davey est évacué vers l'Angleterre. Une fois suffisamment rétablit, il se voit remettre sa Croix de Victoria au palais de Buckingham, le . À cette occasion, Wilder-Neligan écrit un mot à Phillip Davey dans lequel il dit :
Phillip Davey embarque ensuite pour rentrer en Australie en octobre, et est démobilisé de l'AIF le . Arthur Blackburn, lui aussi décoré de la Croix de Victoria, a déclaré plus tard : . Quatre des frères de Phillip Davey s'ont également engagés : Claude, Richard, Joseph et Arthur. Joseph a 16 ans lorsqu'il s'engage. Il est blessé à Pozières et est promu caporal suppléant avant que son véritable âge ne soit découvert et qu'il ne soit renvoyé chez lui. Les frères de Phillip Davey, Claude et Richard, reçoivent également la Médaille militaire (MM) pendant la Première Guerre mondiale ; Claude est tué au combat en 1917.
Après la guerre, fin de vie et mort vignette|Pierre tombale de Phillip Davey au cimetière de l'AIF de West Terrace, à Adélaïde.|alt=Photographie d'une pierre tombale avec l'inscription . À son retour de la guerre, Phillip Davey travaille pour les chemins de fer d'Australie-Méridionale en tant qu'ouvrier et monteur de voies à trois reprises entre 1926 et 1946 : du au ; du au ; et du au . Il épouse Eugene Agnes Tomlinson le ; le couple n'a pas d'enfants. Après avoir souffert pendant de nombreuses années de bronchite et d'emphysème, Phillip Davey meurt le des suites d'une occlusion coronarienne. Il est inhumé au cimetière de West Terrace, à Adélaïde, avec tous les honneurs militaires.
Récompenses Outre la Croix de Victoria, la Médaille militaire, l'Étoile de 1914-1915, la British War Medal et la Victory Medal pour son engagement pendant la Première Guerre mondiale, Phillip Davey s'est vu décerner par la suite la Médaille du couronnement du roi George VI et la médaille du couronnement d'Élisabeth II. L'ensemble de ses médailles, y compris sa Croix de Victoria, a été remis au Mémorial australien de la guerre à Canberra en 1967, et est exposé dans la .
Notes et références
Bibliographie . . . . . . . . . . . .
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