Le Prince impérial et son chien Néro est une série de sculptures en ronde-bosse consacrée au prince impérial Louis-Napoléon, fils de Napoléon III, réalisée à partir de 1865 par le sculpteur valenciennois Jean-Baptiste Carpeaux. Cette statue en pied est éditée en différentes dimensions et dans plusieurs matériaux, notamment en plâtre, bronze, biscuit, porcelaine et marbrePanorama de l'art..
En 1864, Napoléon III commande à Carpeaux une statue en pied représentant son fils, le prince impérial Louis-Napoléon. L'ensemble est payé 15 000 francs sur la cassette personnelle de l'empereur. Carpeaux réalise de nombreuses esquisses de l'enfant dans différentes attitudes. Après avoir réalisé plusieurs bustes, il entreprend l'exécution de la statue définitive en avril 1865. Le prince, né le 16 mars 1856, est alors âgé de neuf ans. Le sculpteur connaît personnellement le jeune prince, auquel il donne des leçons de dessin. Pour l'étude du costume, il fait poser alternativement un autre garçon.
Carpeaux choisit de représenter l'enfant sans attribut impérial ni costume officiel. Le prince porte une tenue bourgeoise contemporaine composée d'un col de chemise, d'un veston à pochette, d'un foulard noué autour du cou, d'un pantalon bouffant s'arrêtant sous les genoux et de souliers fins à boucle. Il est représenté debout, prenant appui sur la jambe droite, la gauche légèrement avancée. Sa main gauche repose avec affection sur le cou de Néro, tandis que le chien partiellement derrière lui, léve la tête vers son jeune maître. Cette attitude familière privilégie une image intime et spontanée de l'enfant plutôt qu'une représentation officielle. La grâce du mouvement et le naturel de la scène comptent parmi les qualités les plus remarquées de l'œuvre.
Néro (de l'italien nero, « noir ») est un braque anglais, ou pointer anglais, au pelage brun foncé. Vers 1864, il est offert à Napoléon III par l'un de ses chambellans, le baron Zorn de Bulach, originaire de Strasbourg. Il devient le compagnon du prince impérial. Cette représentation naturaliste illustre l'importance nouvelle accordée à l'enfance dans la société du Second Empire. Les portraits sculptés du prince impérial rencontrent un important succès et donnent lieu à de nombreuses reproductions en bronze, plâtre, biscuit et porcelaine. Outre cette statue en pied, Carpeaux réalise un buste vêtu, un buste nu ainsi qu'un buste en tenue militaire. Il adapte également la composition dans une variante sans le chien, intitulée Prince impérial au chapeau, où Néro est remplacé par une petite colonne de livre en dessous du chapeau. Après la chute du Second Empire et la mort du prince impérial en 1879, la Manufacture nationale de Sèvres continue de commercialiser cette sculpture sous le titre L'Enfant au chien.
Présentée au Salon de 1866, l'œuvre remporte un important succès, comme en témoigne le nombre de répliques produites. Des exemplaires grandeur nature sont conservés dans les musées de Compiègne, Lille et Valenciennes, tandis que des réductions en bronze[ https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/le-prince-imperial-et-le-chien-nero-5771 Notice orsay 3], biscuit et porcelaine sont éditées sous le contrôle de Carpeaux. Devant ce succès, l'État acquiert les droits de reproduction de la sculpture dès 1869.
Dans un article publié en 1868, Émile Zola évoque avec ironie la popularité de l'œuvre : « Nos sculpteurs ont encore une ressource pour gagner leur pain, celle de faire la statue en pied du Prince impérial. […] On va placer dans une salle de l'Hôtel de Ville une reproduction du marbre de Carpeaux […]. Seulement comme dans l'original une main de l'enfant s'appuyait sur un gros chien et comme décemment un chien ne peut avoir son portrait à l'Hôtel de Ville on a décidé que le chien disparaîtrait et qu'on le remplacerait par un chapeau. » À Valenciennes, ville natale de Carpeaux, le préfet fait rapidement voter par le conseil général les crédits nécessaires à l'acquisition d'une reproduction destinée à orner la ville d'une statue du jeune prince. À Lille, c'est Carpeaux lui-même qui envoie une épreuve en plâtre à l'exposition des Beaux-Arts de 1866.
Versions Le musée d'Orsay conserve une esquisse en plâtre (H. 43,8 ; L. 16,1 ; P. 13,7 cm)[ https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/le-prince-imperial-et-le-chien-nero-5976 notice orsay], une réduction en bronze ainsi qu'une version en marbre. Cette dernière porte sur la plinthe l'inscription « Bte Carpeaux / Tuileries, 15 août 1865 » et, sur le collier du chien, la mention « AUX TUILERIES ». Elle mesure H. 140,2 ; L. 65,4 ; P. 61,5 cm pour un poids de 317 kgNotice orsay 2. Le palais de Compiègne conserve un exemplaire en plâtre grandeur nature. Le palais des Beaux-Arts de Lille reçoit de Carpeaux l'épreuve finale en plâtre, haute de 140 cm. Le plâtre présenté au Salon de 1866 est conservé au musée des Beaux-Arts de Valenciennes. Un exemplaire en bronze est installé au mausolée du Prince Impérial, avenue Marmontel à Rueil-Malmaison. Il est offert en 1924 par le prince Victor en même temps que l'ensemble du monument. Un exemplaire en bronze argenté est conservé à la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague.
Notes et références
Catégorie:Sculpture de Jean-Baptiste Carpeaux Catégorie:Sculpture des années 1860 Catégorie:Œuvre exposée au Salon de 1866 Catégorie:Sculpture conservée au palais des Beaux-Arts de Lille Catégorie:Sculpture française du XIXe siècle Catégorie:Chien dans la sculpture