La descente de police de Forest Town est une opération menée en 1966 contre des personnes LGBT à Forest Town, dans la province du Gauteng. Cette descente a donné lieu à des projets de loi visant à lutter contre l'homosexualité en Afrique du Sud. Elle a également contribué à souder la communauté queer sud-africaine.

Contexte Avant la descente à Forest Town, la police sud-africaine avait déjà mené des descentes périodiques lors d’autres soirées queer privées, ainsi que dans des lieux publics. Ces descentes étaient toutefois de moindre ampleur et n’avaient pas fait l’objet d’une couverture médiatique comparable à celle de la descente à Forest Town.

À mesure que l’apartheid prenait de l’ampleur en Afrique du Sud, il était également important pour le gouvernement de mettre fin aux agissements des personnes « jugées menaçantes pour la civilisation blanche ». Les homosexuels étaient considérés comme des « épouvantails » qui menaçaient le pays.

Descente à Forest Town La soirée de Forest Town s'est déroulée le 22 janvier 1966 à Forest Town, une banlieue de Johannesburg, dans la province du Gauteng. Organisée sur Wychwood Road, cette soirée se voulait un événement glamour et réunissait des personnalités en vue de la communauté gay. Il s'agissait d'une « soirée bouteille », où les invités apportaient leur propre alcool. Environ ont assisté à la soirée. Des policiers en civil ont fait une descente dans la maison tôt le matin et se sont infiltrés dans la soirée. Ils ont arrêté pour divers chefs d'accusation, notamment pour s'être déguisés en femmes, pour « outrage aux bonnes mœurs » et pour vente illégale d'alcool. L'une des personnes arrêtées était la drag queen Michele Bruno.

Conséquences Les médias, notamment un article du Rand Daily Mail, ont qualifié la fête d’« orgie sexuelle de masse ». La presse s’est également intéressée aux membres des professions libérales, tels que des médecins et des avocats de renom, qui étaient présents à l’événement. Le journal a même publié les noms des participants. La presse a contribué à susciter la crainte d’un mode de vie « déviant » et a présenté cela comme un problème pour la communauté blanche d’Afrique du Sud. Par la suite, les preuves recueillies par la police ont servi à influencer l’élaboration d’une législation contre l’homosexualité. Le projet de loi a été présenté par le ministre de la Justice, P.C. Pelser, en mars 1967 à la . La nouvelle loi visait à criminaliser l'homosexualité tant masculine que féminine et à condamner les contrevenants à des peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à trois ans. C'était la première fois que les lesbiennes étaient passibles de sanctions en vertu de la loi, et celle-ci rendait illégale l'homosexualité en tant que telle, et non plus uniquement les actes homosexuels.

La communauté queer s’est davantage organisée sur le plan politique après les rafles afin de lutter contre les projets de loi. Les lesbiennes, se sentant menacées dans leur existence même, se sont notamment montrées plus actives. Les militants queer ont créé le Fonds pour la réforme de la loi sur l’homosexualité (Law Reform) afin de collecter des fonds pour financer les avocats chargés de contester le projet de loi. Des groupes « Law Reform » ont vu le jour dans tout le pays. Le mouvement a poussé le législateur sud-africain à abandonner le projet de loi ; à la place, la commission spéciale a élaboré trois amendements à la loi en vigueur, l’Immorality Act. Ceux-ci prévoyaient notamment de relever l’âge du consentement pour les actes sexuels homosexuels à , d’interdire les godemichés et de criminaliser les actes homosexuels masculins lors de fêtes.

Les personnes LGBT noires ont également été encore davantage marginalisées à la suite de ces rafles. Cependant, la culture gay en Afrique du Sud dans son ensemble a trouvé un plus grand sentiment de cohésion à la suite de la lutte contre les lois anti-homosexuelles.

Références

Sources

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