Écouen est une commune française située dans le département du Val-d'Oise, en région Île-de-France.
Située à environ au nord de Paris et à de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, elle compte environ .
La ville est connue pour son château, qui abrite le musée national de la Renaissance, construit par le connétable Anne de Montmorency, entre 1538 et 1555
Ses habitants sont appelés les Écouennais/Écouennaises
Géographie
Localisation La ville est implantée dans l'est du département du Val-d'Oise, au nord de l'agglomération parisienne. Écouen se situe sur le flanc septentrional d'une butte-témoin couronnée par la forêt d'Écouen et dominant la plaine de France, à dix-neuf kilomètres au nord de Paris, et à une dizaine de kilomètres de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Les terrasses du château, au sommet de la butte, constituent un des meilleurs points de vue sur la plaine de France. vignette|centré|Vue sur l'est du vieux village depuis le château.
Limitrophe de Sarcelles et Villiers-le-Bel, la ville d'Écouen (qui est restée un « gros village ») témoigne de ce à quoi ressemblaient ces deux communes avant la construction des grands ensembles.
La plus grande partie de la ville est comprise dans le plan d'exposition au bruit de l'aéroport de Roissy, rendant non constructibles les champs et terrains qui entourent la ville.
Communes limitrophes
Transports en commun Écouen est desservie par la gare d'Écouen - Ézanville, sur le réseau Transilien Paris-Nord, branches Paris-Nord — Persan-Beaumont/Luzarches. La gare est desservie à raison d'un train omnibus au quart d'heure en heures creuses et à la même fréquence en heures de pointe. La desserte se réduit à un train omnibus à la demi-heure en soirée (après ). Il faut de de trajet à partir de la gare du Nord.
Elle est également desservie par la ligne de bus RATP 269, reliant la gare de Garges - Sarcelles à l'hôtel de ville d'Attainville ainsi que par la ligne 1517 du réseau de bus de la Vallée de Montmorency, reliant la gare de Domont à la place Aristide Maillol en passant par la gare d'Écouen - Ézanville.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ()..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Bonneuil-en-France à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Écouen est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de ParisUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Paris comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire regroupe ...
Toponymie Iticiascoa en 637, Esconium, Escouaeum, Escuem..
vignette|Écouen vers 1780 (carte de Cassini). Le nom de la commune provient de l'anthroponyme gaulois Scotus et du mot gaulois magos, marché.
Histoire Origines La colline d'Écouen est une butte-témoin dominant la plaine de France. Placée entre le synclinal de Saint-Denis et l'anticlinal du pays de Bray, elle prolonge au sud-est la vallée de Montmorency dont elle est séparée par la vallée du Petit Rosne.
En 632 : « Le bon roi Dagobert a fait présent de la terre et seigneurie d'Écouen à la basilique Saint-Denis. Ce village offert se nomme alors : Iticiniscoam. Il réunissait les communes actuelles d'Écouen et Ézanville. Iticin se traduit en latin par « ville », ce qui a donné Ézanville. Iticiniscoam s'est contracté en Iscoam ce qui a donné, au fil du temps, Écouen. »Extrait de : Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, par l'abbé Lebeuf. Fechoz & Letouzey, Paris 1883. L'acte de don du roi à l'abbaye est conservé à Saint-Denis. Après cette archive, on ne trouve plus de trace écrite d'Écouen pendant une longue période.
Les Templiers Il semble que par la suite une partie du territoire d'Écouen ait appartenu aux Templiers puisqu'on retrouve les traces d'un échange en 1269 entre l'Ordre et la Maison de Montmorency : alors que Mathieu III de Montmorency cède aux Templiers 62 arpents de terre aux alentours de Bondy et ceux-ci cèdent en contrepartie 20 arpents situés à Écouen.
: les Montmorency
vignette|Vitraux de l'église Saint-Acceul d'Écouen.
Écouen est le berceau de la célèbre famille de Montmorency, issue de Bouchard de Montmorency, qui devait y posséder un donjon. Dès le , il est fait mention d'un castel appartenant aux Montmorency à Écouen, mais il ne nous est pas parvenu de description de cet édifice aujourd'hui disparu.
Les barons de Montmorency possèdent la quasi-totalité de la Plaine de France au , dont Écouen fait partie. C'est alors l'une des plus puissantes familles seigneuriales du Royaume, dont les différents membres sont très proches des rois de France successifs. Anne de Montmorency (qui est un homme, filleul d'Anne de Bretagne qui lui donne son nom), connétable de France, métamorphosa au début du le castel en résidence monumentale marquée par l'architecture et l'art de la Renaissance. À partir de ce moment, l'histoire du village est intimement liée à la destinée des Montmorency et de leur immense château bâti au sommet de la butte. Pour l'édifier, Anne de Montmorency, devenu l'homme le plus puissant du Royaume après le roi lui-même, fait appel aux plus grands artistes (peintres, architectes, sculpteurs…). Le château d'Écouen devient un des joyaux de l'architecture de la Renaissance. Il fut visité en 1527 par François I, puis en 1547, par Henri II, qui, en 1559, y ordonna le cruel édit d'Écouen condamnant à mort les luthériens. Écouen devient même le lieu de villégiature préféré d'Henri II. À la mort de ce dernier, le Royaume sombre dans les guerres de Religion, au cours desquelles Anne de Montmorency est tué. Ses possessions reviennent à ses descendants, mais la famille s'éteint un peu plus tard.
L'église Saint-Acceul date également du , elle est élevée, ainsi que plusieurs autres bâtiments (les écuries du château, la grange dîmière…) juste en contrebas du château, ce qui est aujourd'hui le centre-ville d'Écouen. Ses vitraux ont été préservés de toutes les guerres, et sont pour cette raison très connus. C'est la seule église de France à porter ce nom.
En 1632, la branche aînée des Montmorency s'éteint. Le domaine d'Écouen est confié à la duchesse Charlotte d'Angoulême. Sa descendance cédera à son tour le château à la famille de Condé, qui conserva presque intact le monumental legs.
: les Condé Les Condé firent détruire une aile du château, remplacée par une construction basse. Leur intention aurait été de dégager la vue sur la Plaine de France depuis le château. Cette imposante aile a été en partie retrouvée lors de fouilles en contrebas, dans la ville d'Écouen. Les pièces sont exposées dans le château.
De façon générale les Condé entretiennent peu le château, et auront donc peu d'influence sur le développement de la ville.
L'église Saint-Acceul d'Écouen est agrandie en 1737.
À la Révolution française, le château est confisqué. L'édifice lui-même subit peu de dégâts, mais la plus grande partie du mobilier est emporté. En 1793 la première expérience de télégraphie optique est réalisée en partie à Écouen.
vignette|Le château surplombant le centre-ville ancien d'Écouen. Le château En 1805, Napoléon créa la première maison d'éducation pour les filles de légionnaires (de la Légion d'honneur) au sein du château d'Écouen, qui y demeura jusqu'en 1962. Il visita Écouen en 1809. Le château accueille ainsi les filles de personnalités s'étant vues décorées. Une ordonnance royale de 1814 à la Restauration, supprime temporairement la maison d'Écouen, qui est réunie à celle de Saint-Denis, et le château est rendu au prince de Condé qui ne s'en occupe guère.
En 1844, Pierre-Joseph Charrin s'installe à Écouen dans une maison bâtie en 1784 pour Adeline, de la Comédie italienne, et y demeure jusqu'à sa mort survenue le . C'était un chansonnier, auteur de pièces de théâtre et goguettier très connu. Né à Lyon le , il fut président d'honneur de la célèbre goguette parisienne du Caveau. Il est aujourd'hui complètement oublié du grand publicVoir la nécrologie de Pierre-Joseph Charrin parue dans La Muse gauloise. Journal de la chanson par tous et pour tous, 15 juin 1863, numéro 8, pages 58-59..
En 1852, Napoléon III fonde à nouveau au château d'Écouen, une maison d'éducation pour les filles d'officiers décorés, jusqu'au grade de capitaine. La Fontaine Hortense est bâtie à ce moment dans le parc du Château. Dix ans plus tard, le château des Montmorency est classé Monument historique.
La colonie de peintre
Au milieu du , Écouen accueille, à l'initiative de l'artiste Pierre-Édouard Frère une colonie de peintres, lesquels viennent de toute l'Europe, des personnalités comme David Ossipovitch Widhopff (Russie), Mary Cassatt (États-Unis) et bien d'autres, notamment d'Angleterre. Ces derniers ont été encouragés par le critique John Ruskin qui appréciait l'art des peintres de cette école. Leurs toiles se vendaient, à l'époque, très chers sur les marchés d'art américains. L'impact sur la ville fut notable. Les peintres ont ainsi fait construire de belles demeures avec de larges baies vitrées pour leur atelier. La plupart sont encore en l'état, et quelques rues de la ville portent le nom de ces peintres.
Le fort À la suite de la défaite de 1871, la construction d'une série de forts est entamée, ceinturant la capitale pour améliorer sa défense. C'est à ce moment que le fort d'Écouen est bâti. Il ne faut en aucun cas le confondre avec le château. Le fort est une construction polygonale de défense, dans la forêt, conçu pour pouvoir abriter plus de 300 hommes et 22 pièces d'artilleries en cas de guerre. Une partie du fort d'Écouen a disparu, mais il en subsiste encore de nombreuses traces.
Le télégraphe de Chappe À la fin du , Claude Chappe invente le premier système de télécommunication au monde. Il s'agit d'un télégraphe mécanique, optique aérien.