Les élections législatives russes de 2026 (russe : ) ont lieu du au afin de renouveler les pour la législature de la Douma d'État, chambre basse de l'Assemblée fédérale de la Russie.
Il s'agit des premières élections législatives organisées depuis le déclenchement de l'invasion générale de l'Ukraine en février 2022, dans le cadre de la guerre russo-ukrainienne débutée en 2014. Les territoires ukrainiens occupés par la Russie y participent par conséquent, malgré la non-reconnaissance internationale de cette occupation. Les difficultés de l'armée russe en Ukraine rendent par ailleurs probable une nouvelle mobilisation de la population, attendue après les élections.
Comme lors des précédents scrutins, le parti Russie unie du président Vladimir Poutine n'affronte que des candidats de l'opposition , affiliés au gouvernement et favorables à la poursuite de la guerre en Ukraine, l'opposition réelle ayant été empêchée de concourir.
Russie unie remporte 57,82% des suffrages, et conserve sa majorité absolue des sièges.
Contexte Présidence autoritaire de Vladimir Poutine gauche|vignette|redresse|Vladimir Poutine en . À la tête de la Russie depuis la démission de Boris Eltsine fin , Vladimir Poutine est élu en 2000 et 2004, avant de laisser temporairement sa place à Dmitri Medvedev lors de l'élection de 2008, puis d'être réélu en 2012 et 2018 après avoir fait modifier la constitution de 1993 pour faire passer la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans.
En plus de deux décennies au pouvoir, Vladimir Poutine met en place un régime autoritaire où l'opposition, les membres des ONG et autres défenseurs des droits humains sont soumis à la censure et à une intense répression, qui les voient couramment emprisonnés via une législation qui a multiplié les possibilités de mises en accusation des .. Mené par le parti présidentiel Russie unie, le gouvernement entretient un multipartisme de façade via une opposition tolérée. La répression politique des véritables opposants, emprisonnés ou contraints à l'exil, lui permet ainsi de n'autoriser à concourir que des partis qui lui sont affiliés et dont les candidats ne mènent qu'une opposition de façade, voire servent de faire-valoir via un discours communiste ou ultranationaliste permettant à Vladimir Poutine de se présenter comme un président modéré, sans alternative crédible ou raisonnable....
Poutine entreprend courant 2020 une nouvelle révision constitutionnelle, approuvée par référendum, qui modifie en profondeur la Constitution et lui permet notamment de se représenter pour un cinquième mandat, le troisième consécutif. Sous couvert d'une restriction plus sévère du nombre de mandats , la révision permet en réalité à Vladimir Poutine de se maintenir au pouvoir jusqu'en 2036 en remettant explicitement à zéro le compteur du nombre de mandats présidentiels passés ou en cours.
Les élections législatives de voient le maintien de l'écrasante majorité de Russie unie à la Douma d'État. Les élections interviennent après une forte chute de la popularité du parti au pouvoir, à la suite de réformes impopulaires ainsi que des révélations d'Alexeï Navalny sur l'existence d'un luxueux palais caché de Poutine, qui donnent lieu à d'importantes manifestations, durement répriméesRussie : des figures de l’opposition devant le tribunal avant les élections.Russie : un été marqué par la répression, avant les élections locales.. L'interdiction de tout réel parti d'opposition lors du scrutin, marqué par des fraudes massives, voit le léger recul de Russie unie au profit de plusieurs nouveaux partis dont Alternative verte et Nouvelles personnes, accusés d'être des partis fantoches dirigés en sous-main par le Kremlin afin d'attirer sous son contrôle les partisans d'Alexeï Navalny....
Fort de sa majorité parlementaire et d'une constitution réécrite à son profit, Vladimir Poutine annonce lors d'une cérémonie de décoration militaire organisée le être candidat à sa réélection en 2024. Vladimir Poutine est réélu dès le premier tour pour un cinquième mandat... L'issue du scrutin était exempte de surprise, la réélection de Vladimir Poutine ayant été préalablement assurée par l'exclusion systématique des opposants, ne laissant face au président sortant que trois candidats eux-mêmes favorables au gouvernement et à la guerre en Ukraine... Vladimir Poutine bénéficiant par ailleurs d'une réelle popularité, le véritable enjeu du scrutin se déporte finalement sur le taux de participation, que le gouvernement cherche à rendre le plus élevé possible afin d'asseoir sa légitimité..
Les résultats élogieux de la victoire de Poutine ont été épluchés par la presse indépendante russe qui a essayé d'en évaluer le taux de fraude. Les trois médias indépendants russes sont d'accord sur un point : la fraude a été d'une ampleur sans précédent. Le média Meduza estime le bourrage d'urnes à de votes, tandis que Novaïa Gazeta Europe estime le nombre de bulletins falsifiés à . Le site indépendant russe Important Stories évalue cette fraude à de bulletins. Pour évaluer l'importance du bourrage d'urnes, les médias indépendants russes ont utilisé la méthode de Shpilkin. Selon Anna Colin Lebedev, la fraude va au delà du simple bourrage d'urnes. Il y a aussi le vote insincère. Ces votes sont obtenus en faisant pression sur les électeurs. Lorsqu'on sait que 50 % des entreprises dépendent de l'État, il est possible par la pression de rappeler au directeur d'entreprise qu'il est indispensable de voter en faveur du pouvoir et de faire pression auprès de ses employés. Sur les fonctionnaires aussi la pression est énorme. Cette pression est encore plus visible dans les bureaux de vote ou la police et l'armée sont déployées lors du déroulement du vote.
Guerre avec l'Ukraine L'élection présidentielle intervient dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne, qui prend une place majeure dans l'actualité politique russe. Mené depuis 2014 dans le Donbass sous couvert de soutien aux séparatistes pro-russes , le conflit se transforme en une guerre de conquête avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie en .
Dans ce contexte de guerre, le système de propagande médiatique est particulièrement développé, malgré quelques rares voix dissonantes. Le président russe bénéficie notamment du soutien de la république populaire de Chine, ce que le président Xi Jinping lui déclare publiquement lors de sa venue en Russie en .
L'Ukraine a notamment recours à des attaques de drones sur les installations pétrolières russes, qui forcent le gouvernement à décréter fin février 2024 l'interdiction pour six mois des exportations d'essence, afin de stabiliser les prix de son marché intérieur.. Les attaques de drones se multiplient cependant à l'approche de l'élection présidentielle en Russie.. L'armée ukrainienne provoque ainsi le des explosions sur les sites de deux autres raffineries, dont celle de la compagnie Lukoil à Kstovo, l'une des plus grandes de Russie avec une capacité de raffinage de de tonnes de pétrole par an... Le 16, une autre raffinerie est touchée à Syzran...
Mode de scrutin vignette|redresse|Bâtiment de la Douma à Moscou. La Douma est la chambre basse de l'Assemblée fédérale, le parlement bicaméral de la Russie. Elle est composée de pourvus pour cinq ans selon un mode de scrutin parallèle. Sur ce total, sont pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions. Les électeurs votent pour un candidat dans leur circonscription et le candidat arrivé en tête est déclaré élu. Les restants sont pourvus au scrutin proportionnel plurinominal avec listes fermées et seuil électoral de 5 % dans une unique circonscription nationale.
Après décompte des voix, les sièges sont répartis entre tous les partis ayant franchi le seuil électoral selon la méthode du plus fort reste, en appliquant le quota de Hare. La répartition des sièges à la proportionnelle n'est pas faite de manière à compenser le décalage entre les parts des voix des électeurs et celles des sièges obtenus par l'autre moitié, mais s'additionne simplement à celle-ci, donnant au scrutin une forte tendance majoritaire...
Ce système électoral parallèle est en vigueur dans le pays depuis la mise en place du multipartisme, sauf lors des élections de 2007 et de 2011, au cours desquelles la proportionnelle intégrale avec un seuil électoral de 7 % a été appliquée..
Circonscriptions
vignette|Les circonscriptions en vigueur pour cette élection. Les élections législatives précédentes relevaient encore du découpage en vigueur de 2015 à 2025. Les élections de 2026 utilisent le nouveau découpage défini en 2025. Ce nouveau découpage comporte toujours . Les régions de l'est de l'Ukraine que la Russie considère comme annexées sont désormais incluses dans ce découpage, avec pour la république populaire de Donetsk, 2 pour la république populaire de Lougansk et 1 chacun pour les oblasts de Kherson et de Zaporijié. Les circonscriptions en Crimée sont significativement modifiées. Des changements ont aussi lieu dans le reste de la Russie.
Campagne vignette|Logo pour la campagne électorale. Boris Nadejdine, un libéral, opposant à la guerre en Ukraine, veut se lancer dans la bataille des législatives de 2026, après avoir été interdit de se présenter à la présidentielle de 2024. Il est toujours défenseur d'un discours antiguerre. Le il est ajouté à la liste des agents de l'étranger. Le il est condamné pour « démonstration de symboles extrémistes », et donc empêché de se présenter aux législatives. Il sort du pays et part en exil en France début .
Le 10 août, la Cour suprême de Russie interdit au parti Iabloko (centre-gauche social-libéral) de participer aux élections en présentant une liste au niveau fédéral. Iabloko étant le « seul parti de Russie à défendre le principe d'une trêve avec l'Ukraine », cette décision « prive ainsi les électeurs opposés au conflit de la possibilité de réclamer d'y mettre fin via leur bulletin de vote ». Huit responsables du parti sont par ailleurs déjà en prison à cette date« En Russie, la justice interdit au seul parti opposé à la guerre en Ukraine de présenter des candidats aux législatives de septembre », France Info, 10 août 2026. La décision de la Cour n'empêche cependant pas aux candidats du parti de concourir pour la moitié des sièges à pourvoir dans les circonscriptions uninominalesThey Have Almost No Chance in Russia’s Elections. Why Are They Running? .
Selon le media indépendant russe Verstka du , 36 candidats ont été disqualifiés par les autorités. C'est peu au regard des candidats qui se présentent à ce scrutin. Mais le fait que ces candidats sont issus de formations politiques qui sont autorisées par le pouvoir et ont une existence légale interroge. Les raisons invoquées relèvent plus du prétexte absurde et sont là avant tout pour prouver que toute résistance est futile. Ainsi s'il est compréhensible que toute référence à Alexeï Navalny soit considérée comme « symbole extrémiste », le fait de publier les logos des réseaux sociaux interdits en Russie (comme Facebook ou Instagram) est aussi considéré comme un « symbole extrémiste ». Vladimir Vinichenko est écarté pour ce motif. Posséder des actions de sociétés américaines est également un motif d'éviction, comme l'a appris à ses dépens l'homme d'affaires Maxim Larin, alors que le blogueur pro-Poutine Yevgueny Poddubny, dans la même situation, peut continuer de se présenter. Parmi les autres motifs d'éviction, notons la publication en ligne d'une photo de Lemmy Kilmister portant une croix apparente, considérée comme contenu extrémiste, qui a coûté sa candidature à Dmitri Smirnov. Ou encore l'éviction de Yaroslav Shcherbakov pour avoir publié une photo d'une œuvre de Banksy, que les tribunaux ont qualifié de violation du droit d'auteur.