vignette|alt=Carte de l'Arabie Saoudite.|Une carte simple présentant les principales villes d'Arabie saoudite. À noter que la frontière correspond à celle en vigueur avant le traité de Djeddah de .

L'Arabie saoudite veut construire un programme nucléaire civil qui lui serait nécessaire pour répondre aux besoins croissants du Royaume en énergie, pour produire de l'électricité, désaliniser l'eau et réduire la dépendance vis-à-vis des ressources en hydrocarbures. Le gouvernement saoudien de Riyad envisage de construire 16 réacteurs nucléaires sur les décennies (). Pour ce faire une recherche de coopération avec des pays étrangers est engagée avec des premiers résultats avec, la Corée du sud, la Chine et les USA avec lesquels des accords sont signés. Les États-Unis ont mis en place la société pour transférer des technologies nucléaires civiles à l'Arabie saoudite dès

L'Arabie saoudite a signé le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et est membre de la coalition de pays réclamant une . Elle n'a pas un programme d'armes nucléaires reconnu. Sur le plan officiel et public, l'Arabie saoudite se déclare opposée aux armes nucléaires au Moyen-Orient : Parties to the NPT. Les évaluations des services de renseignement sur la prolifération nucléaire n'ont pas classé l'Arabie saoudite comme un pays préoccupantOffice of Technology Assessment (OTA), US Congress, Technologies Underlying Weapons of Mass Destruction (Washington, DC: US Government Printing Office, 12/93), .

Cependant, au fil des années, des médias ont rapporté l'intention de l'Arabie saoudite d'acquérir une arme nucléaire auprès d'une source extérieure. En 2003, un document stratégique divulgué présente trois options possibles pour le gouvernement saoudien : acquérir une capacité de dissuasion nucléaire, s'allier à une puissance nucléaire existante pour bénéficier de sa protection, ou tenter de parvenir à un accord sur un Moyen-Orient dénucléarisé.

Des responsables de l'ONU et des experts en armement de l'AIEA suggèrent que cette réflexion était motivée par un éloignement des relations avec les États-Unis, par les préoccupations suscitées par le programme nucléaire iranien et par l'absence de pression internationale sur Israël pour qu'il renonce à ses armes nucléaires.

Programme nucléaire civil Déclaration d'intérêt L'intérêt de l'Arabie saoudite pour l'énergie nucléaire débute en , lorsque le gouvernement saoudien à Riyad annonce le lancement d'un programme nucléaire civil, sans coopération initiale avec d'autres puissances nucléaires, avec la déclaration suivante : . Le gouvernement saoudien crée l'agence (KA-CARE) pour superviser le programme nucléaire civil, tout en chargeant le cabinet de conseil finlandais d'aider à définir en lien avec le dessalement.

Accord de coopération avec la Corée du Sud

En 2015, l'Arabie saoudite conclut et signe un accord avec la Corée du Sud pour démarrer des travaux sur la technologie de réacteur SMART, à développer conjointement par le KAERI et le KA-CARE. En 2017, l'Arabie saoudite signe un accord avec la Chine pour l'exploration de l'uranium dans le cadre d'une coentreprise entre la Compagnie nucléaire nationale chinoise et le Saudi Geological Survey.

Accord nucléaire avec les États-Unis En , les États-Unis et l'Arabie saoudite signent un protocole d'accord, dans le cadre du programme américain Atomes pour la paix, visant à soutenir les efforts saoudiens en faveur d'un programme nucléaire civil. Ce programme ne prévoit pas de soutien au développement d'armes nucléaires.

En , un accord entre l'Arabie saoudite et les États-Unis, ouvre la voie à la construction de centrales nucléaire

Accord nucléaire avec la Chine

En , le Premier ministre chinois Wen Jiabao signe un accord de coopération mutuelle sur l'énergie nucléaire avec le roi Abdallah, lors de la visite du Premier ministre Jiabao au Moyen-Orient. Les détails de cette coopération ne sont pas pleinement communiqués par l'agence de presse saoudienne contrôlée par l'État, mais selon Hashim Yamani, président de la , le Royaume prévoit de construire nucléaires commerciaux d'ici 2030.

Coopération entre États arabes du Golfe Persique

Les États arabes du golfe Persique prévoient de lancer leur propre programme nucléaire civil commun. Un accord conclu dans les derniers jours de l'administration George W. Bush prévoit une coopération entre les Émirats arabes unis et les États-Unis, selon laquelle les États-Unis vendraient aux Émirats des réacteurs nucléaires et du combustible nucléaire. Les Émirats renonceraient en contrepartie à leur droit d'enrichir l'uranium dans le cadre de leur programme nucléaire civil. Au moment de la signature, cet accord est présenté comme un moyen de réduire les risques de prolifération nucléaire dans le Golfe Persique. Cependant, Mustafa Alani du Gulf Research Center basé à Dubaï déclare que, si le traité de non-prolifération nucléaire venait à s'effondrer, les réacteurs nucléaires tels que ceux prévus pour être vendus aux Émirats dans le cadre de cet accord pourraient offrir aux Émirats une voie vers l'arme nucléaire, soulevant le spectre d'une prolifération nucléaire accrue. En , les ministres des Affaires étrangères des six membres du Conseil de coopération du Golfe se réunissent en Arabie saoudite pour faire le point sur les progrès des plans adoptés en en faveur d'un programme nucléaire civil commun.

Programme nucléaire militaire Allégations sur le financement saoudien d'un programme nucléaire irakien En 1994, , numéro deux de la mission saoudienne auprès des Nations unies, sollicite l'asile aux États-Unis. Il fournit un dossier de qui décrivent prétendument le soutien de longue date de l'Arabie saoudite au programme d'armes nucléaires irakien. Selon ces documents, durant l'administration de Saddam Hussein en Irak, les Saoudiens auraient soutenu le programme nucléaire irakien à hauteur de de dollars, à condition que des technologies nucléaires opérationnelles, voire des armes nucléaires, soient transférées à l'Arabie saoudite. Khilewi obtient l'asile aux États-Unis, avec le consentement de l'Arabie saoudite. Les allégations de Khilewi ne sont pas confirmées par aucune autre source. Des responsables américains déclarent ne détenir aucune preuve d'une aide saoudienne au développement nucléaire irakien Weapons of Mass Destruction in the Middle East, James Martin Center for Nonproliferation Studies. Des responsables saoudiens ont démenti les allégations.

De hauts responsables de l'administration Clinton chargés des affaires du Moyen-Orient au moment où Khilewi sollicite l'asile, notamment du Département d'État et Bruce Riedel du Conseil de sécurité nationale, affirment n'avoir trouvé dans les auditions de Khilewi aucun élément étayant les rapports médiatiques sur un programme nucléaire saoudien. , déclare Pelletreau (Vartan, 2005).

Allégations concernant le Pakistan Les médias occidentaux ont largement spéculé sur le fait que l'Arabie saoudite était un investisseur majeur du programme secret d'armes nucléaires du Pakistan depuis 1974, un programme fondé par l'ancien Premier ministre Zulfikar Ali Bhutto. Au début des années 1980, le président du Pakistan Muhammad Zia-ul-Haq aurait confié aux dignitaires saoudiens : . En , l'Arabie saoudite joue un rôle clé dans la stabilisation de l'économie pakistanaise au moment où la décision est prise de procéder à des essais nucléaires afin d'équilibrer les rapports de force en Asie du Sud. En , le Premier ministre Nawaz Sharif remercie publiquement le roi Fahd lors de sa visite d'adieu au Royaume. En 1999, le Premier ministre Sharif autorise la demande du ministre saoudien de la Défense, le prince Sultan, de visiter les laboratoires de physique nucléaire du pays, ce qui soulève des préoccupations en matière de prolifération nucléaire.

À la suite de cette visite, des diplomates européens et des médias soupçonnent longtemps l'existence d'un « accord » entre les deux nations, selon lequel le Pakistan vendrait à l'Arabie saoudite une ogive nucléaire si la sécurité dans le golfe Persique venait à se dégrader. Ces allégations sont catégoriquement démenties et réfutées par les deux pays.

En , le magazine allemand allègue que l'Arabie saoudite reçoit l'aide du Pakistan pour acquérir des missiles, en publiant des photos satellites révélant un à Al-Sulayyil, au sud de la capitale Riyad, contenant prétendument des ogives nucléaires , suivi d'un autre à Al-Watah« Saudia [sic] Arabia working on secret nuclear program with Pakistan help– report », Forbes, from AFX News (March 28 2006).. Le gouvernement pakistanais dément catégoriquement les allégations d'aide à l'Arabie saoudite dans ses ambitions nucléaires.

En 2013, la BBC, s'appuyant sur plusieurs sources antérieures, renouvelle ses allégations à l'encontre du Pakistan, accusé de fournir aux Saoudiens des ogives nucléaires, diverses sources ayant également confié à BBC Persian que le gouvernement saoudien estimait être en mesure d'obtenir des armes nucléaires à sa demande.

L'administration Obama (2009-2017), qui était témoin des relations tendues entre le Pakistan et les États-Unis, déclare au que . S'exprimant sur la sécurité dans la région du Golfe, l', , réaffirme l'engagement de son pays envers l'Arabie saoudite, déclarant que . Néanmoins, les allégations contre le Pakistan s'intensifient, des sources du renseignement européen ayant confié au Guardian que la monarchie saoudienne aurait financé jusqu'à 60 % des projets de bombe atomique pakistanais, et aurait en contrepartie la possibilité d'acquérir cinq à six ogives nucléaires « sur étagère ».

En 2013, le journaliste britannique Mark Urban et , ancien chef du renseignement militaire israélien, déclarent lors d'une conférence en Suède que si l'Iran se dote de la bombe, Depuis 2009, lorsque le roi Abdallah d'Arabie saoudite prévient l'envoyé spécial américain au Moyen-Orient Dennis Ross, en visite au Royaume, que si l'Iran franchit le seuil, , le Royaume adresse aux Américains de nombreux signaux de ses intentions. , qui est jusqu'en le conseiller de Barack Obama sur la non-prolifération, déclare à : .

Réponse Le gouvernement pakistanais nie l'existence d'un tel accord, suivi également d'un démenti de la part de l'Arabie saoudite. Selon le groupe de réflexion américain Center for Strategic and International Studies, le reportage de la BBC sur un éventuel partage nucléaire entre le Pakistan et l'Arabie saoudite serait partiellement inexact. Rien ne permet de vérifier la validité ou la crédibilité des sources de la BBC, et l'article ne développe pas ce qui constitue pour l'essentiel une piste non vérifiée. Il est noté que si le Pakistan devait transférer des ogives nucléaires sur le sol saoudien, il est peu probable que l'un ou l'autre pays s'expose à des répercussions internationales, à condition que les deux nations respectent scrupuleusement des directives de partage nucléaire analogues à celles de l'OTAN. Un document de recherche produit par la de la Chambre des communes britannique indique que, tant que les arrangements actuels de partage nucléaire au sein de l'OTAN demeurent en vigueur, les États membres de l'OTAN disposeraient de peu de motifs valables pour se plaindre si un tel transfert venait à se produire.

Dernière orientations En 2011, le prince Turki ben Fayçal Al Saoud, ancien chef du renseignement saoudien et ambassadeur aux États-Unis, suggère que le Royaume pourrait envisager de se doter d'armes nucléaires s'il se trouve pris en étau entre les arsenaux atomiques de l'Iran et d'Israël. En 2012, il est confirmé que l'Arabie saoudite lancerait immédiatement son propre programme d'armement nucléaire si l'Iran parvient à développer des armes nucléaires. Dans ce scénario, l'Arabie saoudite commencerait à travailler sur une nouvelle plateforme de missiles balistiques, achèterait des ogives nucléaires à l'étranger et chercherait à se procurer de l'uranium pour développer un matériau de qualité militaire.

2015