Thierry Coppola, né en , est un braqueur et tueur en série français.
En 1980, il est arrêté et incarcéré pour plusieurs vols à main armée, alors qu’il a 20 ans. Condamné en mai 1982, à 8 ans de réclusion criminelle, il est libéré en octobre 1985, après cinq d’emprisonnement.
Le , Coppola braque un pompiste et le tue d’une balle dans la tête. Deux jours plus tard, il tue un chauffeur de taxi, à qui il vole le véhicule. Il est arrêté le lendemain du second meurtre et incarcéré. En mars 1988, il est jugé pour vols à main armée suivi d’assassinats et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 18 ans.
Libéré en 2009, Coppola quitte les Pyrénées-Atlantiques pour la Haute-Garonne. En juillet 2009, il s’introduit chez l’ancien époux de l’une de ses amies, le braque et le menace de mort. Cinq mois plus tard, Coppola est identifié par son ADN et ré-incarcéré. Après une condamnation à quatre ans de prison, sa libération conditionnelle est révoquée et ramenée en une peine de réclusion criminelle à perpétuité.
Libéré en janvier 2019, Coppola reprend contact avec un ancien codétenu. Le , il entraîne son ancien codétenu dans un bois et le tue à coups de marteau. Interpellé le lendemain, Coppola est de nouveau incarcéré. Le , il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 18 ans.
Biographie
Jeunesse Thierry Coppola naît en 1960.
On ne sait rien de l’enfance et de la jeunesse de Coppola. Dès son plus jeune âge, il semble vouer une admiration pour les figures du grand banditisme des années 1970, telles que Jacques Mesrine, François Besse, ou le Gang des Lyonnais. Il rêve ainsi de faire carrière dans ce milieu.
Lorsqu’il s’engage dans l’armée Française, Coppola rêve de devenir para-commando et d’embrasser la carrière militaire. Ses rêves ne seront jamais réalisés, en raison d’une blessure. À la suite de cet obstacle, Coppola est contraint de quitter l’armée. Il voue ainsi une énore haine aux personnes réussissant leur vie.
Premiers braquages et incarcération En 1980, Coppola commet plusieurs vols à main armée, à Bordeaux, au cours desquels il récolte un maigre butin. Lors de la dernière attaque, il finit par être identifié et interpellé. Placé en garde à vue, Coppola nie les braquages qui lui sont reprochés. Il affirme ne jamais avoir commis de violences au préjudice de personnes. La perquisition menée chez lui n’est pas évoquée, même si rien n’exclut que des éléments à charges aient été retrouvés. À l’issue de sa garde à vue, Coppola, 20 ans, est inculpé de vols à main armée, puis placé en détention provisoire.
En mai 1982, Coppola comparaît, devant la Cour d’assises de Bordeaux, pour les vols à mains armée. Il nie toujours les faits qui lui sont reprochés et se dit victime d’un injustice. La défense de Coppola soulève la faiblesse des éléments a charge contre Coppola. Ce sera cependant en vain. À l’issue de son procès, Coppola est condamné à 8 ans de réclusion criminelle.
Contestant cette décision, Coppola se pourvoit en cassation, mais celui-ci est rejeté, quelques mois plus tard. Il purge sa peine à la Maison Centrale de Clairvaux.
Libération et premiers assassinats Coppola est libéré en octobre 1985, après cinq ans de détention. Il a désormais 25 ans et dit avoir une rage contre le système judiciaire, qui l’aurait condamné à tort, selon ses dires. Il rencontre une jeune femme avec qui il s’installe. Rapidement, la situation se dégrade, lorsque la petite-amie de Coppola lui confie avoir été victime d’un viol, avant de le connaître. Outré par ce qu’il vient d’apprendre, Coppola jure de venger sa petite-amie.
Dans la nuit du 25 au , Coppola affirme à sa petite-amie qu’il part à la recherche de son agresseur. C’est pourtant une autre direction qu’il prend, ce soir-là. N’ayant pas oublié ses problèmes financiers, Coppola souhaite replonger dans les braquages, pour offrir des cadeaux à sa petite-amie. Dans sa lancée, il tombe en panne au niveau du Pont d'Espagne, à Pau, au volant de sa Renault 18 blanche, près d'une station-service de Pau. Coppola descend de son véhicule et braque Jean-Claude Henry, pompiste de 38 ans, à qui il demande de lui donner de l’argent. Refusant de céder, Henry et est tué d’une balle dans la tête. À la suite de la mort d’Henry, Coppola entre dans le bâtiment de la station et vole 800 francs, ainsi que la voiture de la victime. Sa voiture étant sucepctible d'être vue par des témoins, il décide de partir en cavale. Le corps d’Henry est rapidement découvert, par un témoin venant prendre de l’essence. Celui-ci donne l’alerte et prévient la police. Une information judiciaire pour assassinat est alors ouverte. À proximité des lieux, est découverte une voiture abandonnée. Il s'avère que celle-ci se trouve en panne. Après vérification, les enquêteurs découvrent qu'il s’agit de la voiture de Coppola.
Le , Coppola sillonne les rues d'Arles. Il atterrit dans un parking dans lequel un chauffeur de taxi s’arrête pour prendre une pause. À la vue du véhicule, Coppola se jette dans le taxi et braque le conducteur pour lui demander d’aller en pleine campagne. Le ton monte rapidement, lorsque Coppola demande au chauffeur de lui donner de l’argent et qu’un refus lui est opposé. Face à ce nouveau refus, Coppola tue le chauffeur d’une balle dans la tête. Il dissimule le corps dans une décharge de Fontvieille et il le recouvre de branchages. Une fois le crime commis, Coppola vole la voiture de la victime, ainsi que les 1000 francs que celle-ci avait sur lui. En ce qui concerne l’assassinat d’Henry, les enquêteurs avancent sur le profil de Coppola : ils s’aperçoivent qu’il vient de purger cinq ans de prison pour des vols à mains armée. Un dispositif est mis en place rapidement, pour tenter de le retrouver.
Dans la soirée du , un contrôle routier est organisé, dans le Lot-et-Garonne. Lorsque Coppola tombe sur ce contrôle, il présente ses papiers. En ce qui concerne le véhicule, les policiers sont perplexes car ceux-ci savent que le véhicule que conduit Coppola n’est pas le sien, ni celui d’Henry, ni un véhicule volé. Sachant que Coppola est recherché pour assassinat, les policiers reconnaissent sont identité et sa photo et l’embarquent au commissariat de Pau. Placé en garde à vue, Coppola reconnaît rapidement avoir tué Jean-Claude Henry, d’une balle dans la tête. Il affirme avoir voulu commettre un braquage, mais dit avoir été contrarié à l’idée que la victime refuse de lui donner de l’argent. Coppola affirme que ce refus est à l’origine de la mort d’Henry. Face aux aveux de Coppola, les gendarmes sont stupéfaits. Le sachant prêt à tout avouer, ceux-ci questionnent Coppola sur le véhicule retrouvé en sa possession, lors de son arrestation. Le gardé à vue reconnaît avoir commis un second assassinat, dans lequel il a braqué un chauffeur de taxi, d'Arles à Fontvieille. Le temps de la garde à vue ne pouvant excéder 48 heures, les gendarmes n’en demandent pas davantage à Coppola, pour le meurtre du chauffeur ; ceux-ci se gardant le temps d’une nouvelle garde à vue.
Le , Coppola, 26 ans, est inculpé de vol à main armée suivi d’assassinat sur la personne de Jean-Claude Henry, puis placé en détention provisoire, à la Maison d'arrêt de Pau. À la suite de l’incarcération de Coppola, les enquêteurs contactent leurs homologues des Bouches-du-Rhône, concernant l’assassinat présumé du chauffeur de taxi. Ceux-ci confirment que la victime est portée disparue, depuis le . Une information judiciaire pour est ouverte. Les gendarmes de Pau affirment que Coppola a reconnu avoir tué la victime et que celui-ci est déjà mis en cause dans l’assassinat d’Henry. Le parquet de Pau se saisit de cette affaire.
Thierry Coppola est extrait de sa cellule, le , et placé en garde à vue pour la disparition du chauffeur de taxi. Rapidement, Coppola passe aux aveux. De la même manière que l’assassinat d’Henry, il reconnaît avoir voulu braquer sa victime pour lui soutirer de l’argent. Une nouvelle fois, selon Coppola, celle-ci se serait débattue et aurait été tuée par cette raison. Le gardé à vue mène les enquêteurs sur les lieux du crime. Dans la décharge de Fontvieille, est retrouvé le corps du chauffeur, tué d’une balle dans la tête. Le , Coppola est inculpé de sur la personne du chauffeur de taxi, puis est reconduit à la Maison d'arrêt de Pau.
L’arrestation de Coppola suscite une forte émotion, en Aquitaine et en Midi-Pyrénées. Ces régions sont très marquées par la traque de Lionel Cardon, à l’automne 1983, ayant coûté les vie d’un couple de chirurgiens et celle d’un policier. Fait surprenant d’un point de vue chronologique, le premier procès de Cardon se tient quelques jours après l’arrestation de Coppola.
Procès pour assassinats et condamnation (1988) En mars 1988, Coppola comparaît devant la Cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques.
L’accusé, âgé de 28 ans, continue d’affirmer que les assassinats d’Henry et du chauffeur sont liés à leur refus lui donner de l’argent. Selon l’accusation, le butin dérobé au victime est dérisoire ; seuls 1800 francs ont été volés par Coppola. Les enquêteurs ne croient pas non-plus au meurtre généré par un refus de coopérer. Selon leur enquête, ceux-ci estiment que Coppola n’avait aucune intention de laisser des témoins en vie, au risque d’être de nouveau identifié lors des méfaits.
Appelés à la barre, les experts psychiatres relèvent que Coppola présente une personnalité et . L’avocat général, Jean-Louis Lecué, avance à son tour un risque de récidive avéré. Il souligne l’extrême dangerosité de Coppola et affirme qu’il faut l’empêcher de nuire. Avant le prononcé des délibérés, Coppola dit avoir été condamné à tort pour les braquages commis en 1980. Il affirme qu’il ne serait jamais allé jusqu’à tuer, s’il avait été innocenté pour ces faits.
Au terme de son procès, Coppola est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 18 ans.
Libération et incarcération pour vol avec violence Coppola est libéré en 2009, après 23 ans de détention, bénéficiant d’une libération conditionnelle. Il est désormais âgé de 49 ans et a déjà passé plus de la moitié de sa vie en détention. Il s’installe à Toulouse et rencontre une femme avec laquelle il tisse une bonne relation. Lorsque celle-ci lui confie le mal que son ancien compagnon lui a fait, Coppola ne le supporte pas et décide de se venger.
Dans la matinée du , Coppola se rend au domicile de l’ancien compagnon de son amie, à Vallesvilles. Après s’être introduit dans la propriété, Coppola est surpris par l’occupant, lorsque celui-ci rentre de son travail. Face à une homme de carrure imposante, Coppola le menace de son fusil de chasse et lui demande s’il veut mourir. La victime répond négativement. Face à cette réponse, Coppola semble démuni et donne un coup de taser à sa victime. L’homme se libère et se saisit d’un couteau, pour pourchasser Coppola. N’ayant pas prévu une telle scène, Coppola s’enfuit, en laissant sur place son fusil de chasse et son taser. La victime alerte la police et dépose plainte pour vol avec violence. Sur le fusil et le taser, sont retrouvées des traces d’ADN. Après analyse du Fichier national automatisé des empreintes génétiques, celles-ci n’y sont pas répertoriées ; le fichier ayant été créé en 1998, alors que Coppola était déjà condamné pour assassinats. Parmi l’entourage de la victime, est interrogée sont ancienne compagne. L’enquête démontre que celle-ci garde des liens étroits avec Coppola.