La géologie de l'Angola est dominée par le craton du Congo, un vaste noyau continental archéen et paléoprotérozoïque qui affleure dans la majeure partie orientale et centrale du pays. Ce craton, vieux de plus de d'années, constitue l'ossature du sous-sol angolais et s'étend jusqu'en république démocratique du Congo, au Gabon et au Cameroun. À l'ouest, la bordure du craton est affectée par la chaîne panafricaine du Nord-Ouest de l'Angola, ce qui est la conséquence de la collision entre les cratons du Congo et de São Francisco à la fin du Néoprotérozoïque. Le territoire angolais est bordé à l'ouest par une marge continentale passive issue de l'ouverture de l'océan Atlantique Sud au Crétacé inférieur. Cette évolution tectonique a conduit à la formation de plusieurs bassins sédimentaires côtiers, dont les bassins du Congo, de Kwanza et de Namibe. L'Angola est également riche en ressources minérales, notamment en pétrole, diamants, fer, cuivre, or, manganèse et phosphate.

Cadre géologique général

L'Angola est situé sur la bordure occidentale du craton du Congo, l'un des plus grands cratons archéens d'Afrique. Le socle cristallin, qui affleure sur environ les deux tiers du territoire, est composé de roches métamorphiques et plutoniques archéennes et paléoprotérozoïques : gneiss, migmatites, granites, charnockites et amphibolites. Ces roches ont été datées entre 2,5 et 2,0 milliards d'années, avec des pics magmatiques à 2,0–1,96 Ga (orogenèse éburnéenne), 1,88–1,83 Ga (événement de Kamanjab-Bangweulu) et 1,80–1,77 Ga (événement d'Epupa).

À l'ouest, le craton est bordé par la chaîne panafricaine du Nord-Ouest de l'Angola, une ceinture orogénique qui s'est formée lors de la collision entre les cratons du Congo et de São Francisco à la fin du Néoprotérozoïque et au début du Paléozoïque (environ 540 à 480 Ma). Cette chaîne est subdivisée en un domaine externe plissé et peu métamorphique, et un domaine interne composé de roches magmatiques et métamorphiques de haut grade (gneiss, migmatites) ayant enregistré des pressions de 7 à 12 kbar et des températures de 650 à 750 °C.

La marge continentale occidentale est une marge passive de type atlantique, dont l'ouverture a débuté au Jurassique supérieur et s'est poursuivie au Crétacé inférieur. La rupture du supercontinent Gondwana a conduit à la formation de trois bassins sédimentaires côtiers : le bassin du Congo au nord, le bassin de Kwanza au centre et le bassin de Namibe au sud. Ces bassins sont comblés par des sédiments mésozoïques et cénozoïques, dont l'épaisseur atteint respectivement , et .

L'est et le sud-est du pays sont en partie recouverts par les sables du Groupe du Kalahari, d'âge Crétacé à Quaternaire, qui forment d'immenses étendues de plateaux.

Stratigraphie

La stratigraphie de l'Angola est divisée en trois grands ensembles : un socle précambrien (Archéen et Protérozoïque), une couverture sédimentaire paléozoïque à mésozoïque (bassin du Karoo et bassins côtiers), et des dépôts cénozoïques (Groupe du Kalahari, formations quaternaires).

Socle précambrien

Le socle précambrien de l'Angola est dominé par le craton du Congo, dont la partie angolaise est parfois appelée « bouclier angolais ». Les roches les plus anciennes sont d'âge archéen et comprennent des gneiss granitiques, des migmatites et des charnockites. Elles sont recouvertes localement par des séries volcano-sédimentaires paléoprotérozoïques comprenant notamment des quartzites et des formations ferrifères.

Au Paléoprotérozoïque, plusieurs épisodes tectono-magmatiques ont entraîné la mise en place de granitoïdes et la réactivation de portions du socle. Au Mésoprotérozoïque, le complexe anorthositique de Kunene s'est développé dans le sud-ouest de l'Angola. Enfin, à la fin du Néoprotérozoïque, l'orogenèse panafricaine a affecté la bordure occidentale du craton du Congo et contribué à la formation de la chaîne de l'Ouest-Congo (West Congo Belt).

Paléozoïque et Mésozoïque

Les roches paléozoïques sont rares en Angola. Des tillites et des dépôts glaciaires du Carbonifère-Permien (Supergroupe du Karoo) affleurent dans le centre-nord du pays, témoins de la glaciation permocarbonifère. Ces dépôts sont recouverts par des grès et des schistes du Trias-Jurassique.

Les bassins sédimentaires côtiers, formés lors de l'ouverture de l'Atlantique au Crétacé inférieur, renferment des séries sédimentaires épaisses de plusieurs kilomètres. La séquence pré-sel (Aptien inférieur) est composée de carbonates lacustres et de clastiques, déposés dans des grabens de rift. La formation de sel de Loeme, d'âge Aptien, est une épaisse couche d'évaporites (sel, gypse) qui constitue un niveau de décollement majeur et a donné naissance à une tectonique salifère très active.

Au-dessus du sel, les séries post-sel (Albien à Cénozoïque) sont composées de carbonates, de grès et de turbidites, qui constituent les principaux réservoirs pétroliers de l'Angola. Les bassins côtiers sont également marqués par des intrusions magmatiques, notamment des complexes alcalins-carbonatitiques du Crétacé inférieur (ex. complexe de Tchivira-Bonga, daté de 130–138 Ma).

Cénozoïque

Le Cénozoïque est principalement représenté par les dépôts du Groupe du Kalahari, constitués de sables et de grès continentaux couvrant une grande partie de l'est de l'Angola. Les formations quaternaires comprennent des dépôts alluviaux, des calcrètes et des cuirasses latéritiques développées sous climat tropical.

Structure et tectonique

La structure de l'Angola est dominée par le contraste entre le craton stable à l'est et la marge tectoniquement active à l'ouest.

Le craton du Congo est une région stable, peu déformée depuis l'Archéen. Il est traversé par des failles majeures, orientées nord-sud et nord-est-sud-ouest, qui ont été réactivées lors des orogenèses ultérieures. La bordure occidentale du craton est marquée par la chaîne panafricaine du Nord-Ouest, une ceinture de plis et de chevauchements qui s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres. Cette chaîne est caractérisée par des nappes de charriage, des plis serrés et des zones de cisaillement, témoins de la collision continentale panafricaine.

La marge continentale occidentale est une marge passive de type atlantique, dont l'évolution tectonique est marquée par plusieurs phases. La phase de rift (Jurassique supérieur à Aptien) a conduit à la formation de grabens et de demi-grabens, comblés par des sédiments syn-rift. La phase de drift (Aptien à actuel) est caractérisée par une subsidence thermique et une sédimentation marine post-rift. La présence d'une couche de sel aptien a donné naissance à une tectonique salifère très active, avec la formation de diapirs, de rafts et de structures en « dômes de sel ». La tectonique de rafts, caractéristique du bassin de Kwanza, est l'une des plus spectaculaires au monde.

Hydrogéologie

L'Angola possède des ressources en eaux souterraines importantes mais inégalement réparties. Les aquifères peuvent être divisés en plusieurs catégories :

les aquifères de socle sont situés dans les roches cristallines du craton. L'écoulement de l'eau y est contrôlé par les fractures, et les débits sont généralement faibles à modérés ; les aquifères sédimentaires sont associés aux bassins côtiers et au Groupe du Kalahari. Les grès argileux du Crétacé-Tertiaire, le long de la côte, se sont révélés être des aquifères productifs, bien que les eaux souterraines puissent être relativement minéralisées, parfois en association avec des formations salifères ; les aquifères alluviaux sont présents dans les vallées fluviales, notamment le long du fleuve Cuanza et du fleuve Congo. Ils sont souvent en relation avec les cours d'eau et sont vulnérables à la pollution et à la surexploitation.

Les ressources en eaux souterraines sont essentielles pour l'approvisionnement en eau potable et l'irrigation, en particulier dans les régions arides du sud du pays.

Ressources naturelles

L'Angola possède des ressources minérales exceptionnelles, qui constituent la base de son économie. Les principaux minerais sont le pétrole, les diamants, le fer, le cuivre, l'or et le manganèse.

Pétrole et gaz

L'Angola figure parmi les principaux producteurs de pétrole d'Afrique subsaharienne. Les gisements sont situés dans les bassins côtiers du Congo, de Kwanza et de Namibe, aussi bien onshore qu'offshore. Le système pétrolier est dominé par les roches-mères lacustres du Crétacé inférieur, les réservoirs turbiditiques post-sel et les pièges structuraux liés à la tectonique salifère. Les découvertes récentes dans les eaux profondes ont fait de l'Angola un acteur majeur de l'industrie pétrolière mondiale.

Diamants

L'Angola est le quatrième producteur de diamants en Afrique et le septième au monde, avec 7 % de la production mondiale de diamants bruts en 2020. Les diamants sont extraits de pipes kimberlitiques et de gisements alluviaux. Au moins 700 kimberlites sont connues, alignées selon une tendance nord-est-sud-ouest qui s'étend jusqu'en république démocratique du Congo. Les principaux gisements se trouvent dans les provinces de la Lunda Norte et de la Lunda Sul.

Fer

Le gisement de fer de Cassinga, dans la province de Huíla, est l'un des plus importants d'Afrique. Le minerai, de haute teneur (50–60 % Fe), est associé à des formations de fer rubané (BIF) d'âge précambrien. La mine de Cassinga a été exploitée jusqu'à la guerre civile et pourrait être rouverte.

Cuivre, or et autres métaux

L'Angola possède d'importants gisements de cuivre, d'or, de manganèse, de nickel, de chrome et de platine. Les occurrences de cuivre sont liées à des corps minéralisés néoprotérozoïques et à des bassins sédimentaires crétacés. L'or est principalement extrait de gisements alluviaux dans la région de Cabinda, associés à des ceintures de roches vertes archéennes ou paléoprotérozoïques.

Autres minéraux

L'Angola produit également du ciment, du gypse, de la chaux, du sel, des granulats et de l'acier brut. Le pays possède un potentiel en phosphates, en minéraux lourds (zircon, ilménite) et en pierres ornementales.

Cartographie géologique

La cartographie géologique de l'Angola a été réalisée à plusieurs échelles. La carte géologique de référence à l'échelle 1:1 000 000 a été publiée en plusieurs éditions, notamment par Carvalho (1982) et Araújo et al. (1988). Une notice explicative accompagne cette carte. Des cartes géologiques plus détaillées à l'échelle 1:250 000 et 1:100 000 couvrent certaines régions minières. Le British Geological Survey (BGS) a produit une carte géologique simplifiée de l'Angola, utilisée dans le cadre de l'Africa Groundwater Atlas. L'Institut géologique d'Angola (IGEO) est l'organisme responsable de la cartographie et de la recherche géologique dans le pays.

Références

Voir aussi

Articles connexes Angola Géographie de l'Angola Craton du Congo Bassin du Congo Géologie de l'Afrique Hydrogéologie

Liens externes

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