Ugwuele, ou Ugwuele-Uturu, est une communauté igbo et un site archéologique situé à Uturu, dans la zone de gouvernement local d'Isuikwuato, dans l'État d'Abia, au sud-est du Nigeria.
Le site renferme une importante concentration d'outils et de déchets de taille en dolérite. Il est interprété comme un lieu d'extraction et de production d'outils lithiques, mais sa chronologie et son attribution à l'Acheuléen restent débattues.
Situation
Le site se trouve sur une crête formée par une intrusion de dolérite, au pied de l'escarpement de l'est du Nigeria. La roche locale constitue la principale matière première employée pour la fabrication des outils.
vignette|gauche|Reliefs entourant Uturu, dans l'État d'Abia.|354x354px
La végétation actuelle associe des formations herbeuses, des arbustes et quelques arbres. Une partie du terrain sert à l'agriculture, tandis que l'exploitation moderne de la dolérite pour la production de matériaux routiers menace les dépôts archéologiques.
Recherches archéologiques
Découverte et fouilles
Le site attire l'attention des chercheurs en octobre 1977, lorsque l'exploitation d'une carrière met au jour une grande quantité d'éclats de pierre. Un étudiant originaire d'Ugwuele signale ces découvertes au géographe G. E. K. Ofomata, qui transmet plusieurs pièces au laboratoire d'archéologie de l'université du Nigeria à Nsukka.
Une équipe dirigée par l'archéologue F. N. Anozie effectue une première intervention de sauvetage entre 1977 et 1978. Elle ouvre deux sondages de deux mètres sur deux ainsi que deux tranchées de six mètres sur deux. Une seconde campagne réunit en 1981 des chercheurs de l'université du Nigeria, de l'université d'Ibadan et du musée national du Nigeria.
Ces interventions mettent au jour une grande quantité de pièces en dolérite, mais les résultats détaillés des fouilles restent peu publiés. Les dimensions réduites des sondages et l'absence d'une datation fiable limitent l'interprétation du site.
vignette|Environnement rural à proximité d'Uturu.|gauche
Vestiges lithiques
La partie nord du site présente une accumulation de pierres taillées et de déchets de production pouvant atteindre plusieurs mètres d'épaisseur. Les objets comprennent des bifaces, des hachereaux, des pics, des racloirs, des nucléus, des éclats et de nombreuses ébauches abandonnées au cours de leur fabrication.
Les bifaces, dont une forte proportion est brisée ou inachevée, représentent la catégorie la plus abondante parmi les pièces recueillies. Cette composition conduit plusieurs chercheurs à décrire Ugwuele comme un atelier spécialisé dans l'exploitation de la dolérite et dans la fabrication d'outils lourds.
Des publications distinguent aussi plusieurs ensembles comprenant des éclats de quartz, de petits outils, des pointes, des objets polis, de l'ocre et des poteries rouges ou grises. Leur relation stratigraphique avec le principal amas de dolérite reste toutefois difficile à établir en raison du caractère incomplet des données publiées.
Datation et interprétation
F. N. Anozie rapproche les outils d'Ugwuele des industries acheuléennes connues dans plusieurs régions d'Afrique et propose une attribution au Paléolithique inférieur. Il envisage une ancienneté de plusieurs centaines de milliers d'années à partir de comparaisons typologiques, sans obtenir de datation absolue concluante.
Philip Allsworth-Jones remet en cause cette interprétation. Selon son analyse technologique, les objets peuvent correspondre à des ébauches de haches plutôt qu'à des bifaces acheuléens achevés. Il considère qu'un atelier daté de l'Holocène correspond mieux à la composition de l'assemblage et à son contexte stratigraphique connu.
La datation fréquemment avancée de ans ne repose donc pas sur une mesure directe du site. Les chercheurs soulignent la nécessité de reprendre les fouilles, d'étudier l'ensemble du matériel conservé et de dater les dépôts par des méthodes adaptées. En l'état des recherches, Ugwuele témoigne d'une exploitation ancienne et intensive de la dolérite, mais son classement comme site acheuléen ne fait pas consensus.
Les interprétations reliant directement les occupants du site aux ancêtres des populations actuelles du Bas-Niger, à une société agricole ou à des pratiques religieuses précises ne sont pas confirmées par les données archéologiques disponibles. Ces hypothèses apparaissent dans des ouvrages consacrés à l'histoire et à la culture igbo. D'autres publications proposent des rapprochements avec des civilisations anciennes sans s'appuyer sur une chronologie établie du site.
Conservation
L'exploitation de la carrière révèle le site en 1977, mais elle provoque aussi la destruction progressive d'une partie des dépôts. Une zone est laissée à la disposition des archéologues, tandis que l'extraction de la dolérite se poursuit dans les secteurs voisins au moins jusqu'aux années 2010.
Les chercheurs recommandent une fouille de plus grande ampleur dans les parties encore intactes, accompagnée d'une étude géologique, environnementale et chronologique. La collecte de matières organiques et l'analyse détaillée des chaînes opératoires permettraient de mieux déterminer l'âge et la fonction du site.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes
Acheuléen Biface Igbo-Ukwu
Liens externes
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