La manikomycine est le nom donné à une famille d’antibiotiques naturels produits par la bactérie du sol . Décrits en 2026, ces composés sont des depsipeptides cycliques cationiques. Ils se distinguent par leur fixation sur le site E du ribosome bactérien, une région qui n’avait pas encore été identifiée comme cible d’un agent antibactérien.

Découverte et structure Les manikomycines sont isolées au cours d’un réexamen des substances produites par S. rimosus, espèce surtout connue comme source de l’oxytétracycline. Un fractionnement plus précis des extraits bactériens permet de distinguer ces composés minoritaires des antibiotiques produits en plus grande quantité par la même souche.

Cinq formes, désignées MKM-A à MKM-E, sont caractérisées. La manikomycine A, qui est la plus abondante, est un nonapeptide. Les autres variantes comprennent un second nonapeptide, deux octapeptides et un décapeptide. Leur structure cyclique résulte d’une liaison ester entre deux parties de la chaîne peptidique. Le nom de la famille vient du mot manik, qui désigne une pierre précieuse en hindi et en pendjabi.

Mode d’action La manikomycine se fixe sur le site E de la grande sous-unité du ribosome bactérien. Elle y occupe une région normalement utilisée par l’extrémité d’un ARN de transfert après le transfert de son acide aminé. Cette occupation perturbe le déplacement des ARN de transfert dans le ribosome et interrompt ainsi l’allongement des protéines.

Les expériences réalisées sur des cultures bactériennes montrent une activité contre certaines entérobactéries, notamment Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae, ainsi que contre plusieurs espèces de mycobactéries. Les mécanismes ribosomiques de résistance observés dans les isolats cliniques étudiés ne protègent pas les bactéries contre la manikomycine.

Recherches précliniques La manikomycine A réduit la croissance de K. pneumoniae dans un modèle ex vivo utilisant du sang humain. Elle améliore également la survie de Caenorhabditis elegans infectés par cette bactérie.

Les premiers essais conduits en 2026 dans des modèles d’infection chez la souris ne montrent toutefois pas d’efficacité. Le composé présente une stabilité satisfaisante dans le plasma étudié in vitro, mais il est rapidement éliminé de l’organisme après son administration. La manikomycine demeure donc une substance expérimentale dont les propriétés pharmacologiques doivent être améliorées avant qu’un éventuel développement thérapeutique puisse être envisagé.

Notes et références

Catégorie:Antibiotique Catégorie:Peptide cyclique