Célestin Kokouvi G. Agbogan est un avocat togolais et un défenseur des droits humains. Ancien secrétaire général de la Ligue togolaise des droits de l'homme (LTDH), il préside cette organisation depuis décembre 2017.
Il intervient dans la défense des libertés publiques et de personnes poursuivies dans des affaires liées à leur engagement politique, syndical ou à leur liberté d'expression.
Biographie
Engagement au sein de la Ligue togolaise des droits de l'homme
Avocat au barreau du Togo, Célestin Agbogan s'engage au sein de la Ligue togolaise des droits de l'homme. Il en est le secrétaire général en 2012.
Il devient ensuite vice-président de l'organisation. Lors de l'assemblée générale du , il succède à Raphaël Kpandé-Adzaré à la présidence de la LTDH. Le , il est réélu pour un second mandat.
À la tête de la LTDH, il participe à la documentation des atteintes aux droits humains au Togo et aux démarches de plaidoyer menées auprès des autorités nationales, de la Fédération internationale pour les droits humains et d'autres mécanismes de protection des droits humains.
En mai 2019, il présente les faits recensés par la LTDH entre août 2018 et avril 2019. Le document fait état d'une augmentation des atteintes aux droits fondamentaux, parmi lesquelles des arrestations arbitraires et des violences commises lors de manifestations.
En avril 2024, la LTDH et la FIDH appellent les autorités togolaises à respecter les libertés d'expression, de réunion et de manifestation dans le contexte de la révision de la Constitution togolaise.
Interpellation en 2012
Le , alors qu'il est secrétaire général de la LTDH, Célestin Agbogan participe à une manifestation organisée à Lomé par le collectif Sauvons le Togo. Il tente d'engager un dialogue avec les forces de sécurité afin de faire cesser les tirs de grenades lacrymogènes dirigés vers une église dans laquelle des manifestants se sont réfugiés.
D'après l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, programme conjoint de la FIDH et de l'OMCT, plusieurs gendarmes le frappent à coups de matraque avant de l'interpeller. Il est conduit au siège de la gendarmerie nationale, puis libéré quelques heures plus tard. L'Observatoire demande aux autorités togolaises d'enquêter sur les violences et de garantir la protection des défenseurs des droits humains.
Lutte contre la torture
Le , la LTDH, l'Association des victimes de la torture au Togo et le Mouvement Conscience Mandela publient une déclaration consacrée à plusieurs arrêts rendus par la Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. Les organisations demandent l'ouverture d'enquêtes sur des actes de torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants commis sur des personnes arrêtées au Togo. La déclaration est signée par Célestin Agbogan au nom de la LTDH.
Après les manifestations organisées à Lomé les 5 et , il recueille les témoignages de plusieurs personnes arrêtées. Il déclare que certaines d'entre elles présentent des blessures ou rapportent avoir subi des violences pendant leur détention et demande des enquêtes indépendantes. Amnesty International appelle également les autorités togolaises à enquêter sur ces témoignages et à protéger les libertés de réunion et d'expression.
À l'occasion du trente-cinquième anniversaire de la LTDH, en juillet 2025, il dénonce les arrestations arbitraires et les restrictions imposées aux libertés fondamentales.
Activité d'avocat
Célestin Agbogan intervient dans la défense de militants, de syndicalistes, de journalistes et de personnalités poursuivies dans des affaires liées à la liberté d'expression. Il fait partie des avocats du journaliste Ferdinand Ayité dans l'affaire dite du « Pétrolegate ».
En 2022, il assure la défense de responsables du Syndicat des enseignants du Togo arrêtés après un mouvement de grève.
En mai 2025, il devient l'avocat du rappeur Aamron, arrêté après avoir publié des vidéos critiquant le pouvoir togolais. Il confirme que son client a été conduit à l'hôpital psychiatrique de Zébé sans qu'une procédure judiciaire lui ait alors été communiquée. Après la libération d'Aamron, le , Agbogan dénonce les conditions de son arrestation, de sa détention et de son internement psychiatrique. Il affirme que son client a subi des violences physiques et psychologiques après son arrestation.
Suspension disciplinaire
En septembre 2020, Célestin Agbogan est placé en garde à vue à Tsévié après un accident de la circulation. Des médias togolais rapportent qu'il conduisait sans permis de conduire et que son véhicule n'était pas assuré. Il est remis en liberté après environ vingt-quatre heures de garde à vue.
Le , le conseil de discipline de l'Ordre des avocats du Togo prononce à son encontre une suspension professionnelle de trente-six mois, dont dix-huit mois assortis d'un sursis.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Ligue togolaise des droits de l'homme Droits de l'homme au Togo Aamron Ferdinand Ayité Raphaël Nyama Kpandé-Adzaré
Liens externes
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