Bernard Henri Marie Léonard Barny de RomanetActe de naissance, né le à Saint-Maurice-de-Satonnay, Saône-et-Loire, et mort le à Étampes, Essonne, est un pilote qui figure parmi les plus glorieux as français de la Première Guerre mondiale.
Biographie Enfance et éducation Élève doué et très studieux, il fit ses études à Chalon-sur-Saône, au collège des Minimes, puis chez les Jésuites à Villefranche-sur-Saône (au collège de Mongré que fréquentèrent notamment Pierre Teilhard de Chardin et Antoine de Saint-Exupéry) avant de venir passer, son baccalauréat de philosophie en poche, celui de mathématiques élémentaires au lycée Lamartine de Mâcon.
La famille Barny de Romanet résidait l’hiver au premier étage de l’Hôtel Senecé, actuel siège de l’Académie de Mâcon.
Première Guerre mondiale Entré dans l’armée en , il est cavalier au de chasseurs à cheval en 1914 lorsque la guerre éclate ; avec le grade de maréchal des logis, il s’y distingue par sa bravoure. Il est cité à la suite d'un combat au cours duquel, mettant pied à terre, il relève l'un de ses cavaliers blessés. On le voit aussi, se retournant sur sa selle, tuer net un uhlan qui le poursuivait.
vignette|La « cigogne de Romanet », insigne de l'escadrille Spa 167 créée par l’as, dont la définition héraldique est : « Cigogne passant au naturel, le vol haut, becquée et membrée de gueule ». Il entre dans l’aviation en . L'aéronautique le passionnait depuis qu'il avait pu assister en 1912 à une exhibition du pilote Marius Lacrouze sur avion Déperdussin. Il effectua un premier vol d’entraînement le et fut breveté pilote le mois suivant. En , en tant que sous-officier observateur, il fut engagé dans l’aviation d’observation sur le front de la Somme ; au sein de l'escadrille C 51, il y effectua des vols de reconnaissance et de réglage d'artillerie. Mais il voulut s’adonner à la chasse et, devenu officier pilote, il obtint en d’être affecté dans une autre escadrille : l'escadrille SPA 37, formation au sein de laquelle, le , au-dessus de Craonne, il remporta sa première victoire aérienne, ce qui lui valut la médaille militaire. Entre mars et , il descendit seize autres appareils ainsi qu’un drachen. Totalisant dix-huit victoires officielles, Bernard Barny de Romanet termina la guerre à la dix-septième place au classement des meilleurs as français de la Grande Guerre. En , il est promu au grade de lieutenant et le commandement de l’escadrille Spa 167 lui est confié, escadrille créée à cette date pour devenir la cinquième escadrille du groupe de chasse 12 ; entre le 4 et le , il y remporta ses huit dernières victoires.
Voici le détail de ses dix-huit victoires homologuées : contre un EA (Craonne) ; contre un Albatros (Rollot) ; contre un ballon (Fère-en-Tardenois) ; contre un Fokker (Villers-Cotterêts) ; contre un Fokker D.VII (Chouy) ; contre un DFW C (Laval) ; contre un EA ; contre un EA (Mortmed) ; contre un Fokker ; contre un biplace (Soissons) ; contre un Fokker (Saint-Étienne-à-Arnes) ; contre un biplace (Bignicourt-Laneuville) ; contre un Fokker (Les Allez-Bois de Voncq) ; contre un Fokker D.VII (Civry-sur-Aisne) ; contre un biplace (au sud de Le Chesne) ; contre un Fokker D.VII (Attigny) ; contre un biplace (au nord d’Attigny) ; contre un biplace (au sud du Bois de Loges).
Après-guerre Après la guerre, Bernard de Romanet devint pilote d’essai et s’attaqua à plusieurs records. Il entra en chez Breguet comme conseiller commercial puis chez Nieuport comme pilote de compétition. Participant à de nombreuses épreuves, il fut trois fois recordman du monde de vitesse sur avion en 1919 et 1920 (vitesses atteintes : de 268 à ) puis sur hydravion ( en ). Le notamment, il battit le record de vitesse pure, atteignant la vitesse de à bord d’un SPAD-Herbemont doté d'un moteur Hispano-Suiza de 300 CV de puissance, record de nouveau battu le lendemain par l'aviateur Sadi-Lecointe ( à l'heure)Le dans le ciel : Sadi-Lecointe améliore le record de vitesse. Un peu plus tard, le , il se classa deuxième au classement de la Coupe aéronautique Gordon Bennett organisée à Étampes, sur avion Spad S.XX bis-5, juste derrière Joseph Sadi-Lecointe.
Décès thumb|upright|La tombe de Bernard de Romanet, visible au cimetière Saint Brice de Mâcon. C’est à Étampes-Villesauvage (Essonne), alors qu’il s’entraînait en vue de la Coupe Deutsch de la Meurthe, que Bernard Barny de Romanet se tue le , l’entoilage de son avion, à savoir un appareil modifié de 300 chevaux passé de biplan à monoplan pour être plus rapide, s’étant arraché en vol, provoquant sa chute de quelque 100 mètres d'altitudeLe dans le ciel : Bernard de Romanet se crashe et se tue, Air Journal. Il était âgé de vingt-sept ans.
Les circonstances de ce tragique accident ont été rapportées en ces termes par Jacques Mortane, journaliste spécialiste de l’aviation : « Bernard de Romanet venait de quitter le sol dans une atmosphère parfaitement calme. Le temps était splendide. Tous les autres pilotes étaient présents sur le terrain et vérifiaient leur appareil en vue d’effectuer à leur tour des essais préliminaires pour la coupe Deutsch. Ils cessèrent cet examen pour suivre l’envol. L’avion venait de franchir la route d’Étampes à Villesauvage et se trouvait à environ 60 mètres de la piste, dans la direction de Mondésir, lorsqu’il amorça un léger virage. Cette manœuvre était-elle volontaire ou non ? Romanet voulait sans doute gagner la piste dont il s’était légèrement écarté, et commencer un tour complet du circuit officiel. Toujours est-il qu’à ce moment, ceux qui suivaient l’appareil dans sa course virent un lambeau de toile flotter à l’une des ailes. La vitesse du vol aidant, la déchirure s’agrandit aussitôt, entraînant l’inévitable catastrophe, et l’avion déséquilibré s’écrasa en-dehors du terrain, tombant dans un champ comme un aérolite, son moteur tournant à plein régime jusqu’à quelques mètres du sol. Enfermé dans sa carlingue, Bernard de Romanet fut retrouvé atrocement broyé par toutes les pièces qui l’entouraient. Sa montre-bracelet s’était arrêtée à 7 h 22... »
Bernard Barny de Romanet repose à Mâcon, au cimetière Saint Brice.
Décorations thumb|upright|Le bas-relief sculpté à la mémoire de l'as Bernard Barny de Romanet, visible à Mâcon.
Bernard Barny de Romanet avait été fait chevalier de la Légion d'honneur par arrêté du ministre de la guerre en date du . Voici sa citation :
Il avait également été décoré de la médaille militaire, le :
Il portait la croix de guerre avec treize citations.
Souvenir Le Bourget thumb|upright|Inauguration du monument de Romanet au Bourget par le ministre de l'Aéronautique Maurice Bokanowski (1927). Le , en présence du ministre de l’Aéronautique Maurice Bokanowski et du général Antonin Brocard, un monument a été inauguré aux abords de l’aérogare du Bourget à la mémoire de l’aviateur, représenté par le sculpteur Maxime Real del Sarte. Ce monument, au pied duquel se trouvait une plaque gravée de l’inscription « À Bernard Barny de Romanet, héroïque apôtre et martyr de l’air, », fut détruit lors d’un bombardement en 1940. Un nouveau monument a été inauguré en 1982.
Mâcon Mâcon, où l'as repose, conserve le souvenir de l’aviateur par l'intermédiaire d’une plaque avec médaillon qui a été dévoilée rue Bernard de Romanet en 1982, en lien avec l’association nationale « Les Vieilles Tiges ». En 1943, le nom de l’as avait été donné à l’une des rues de la ville, en réponse à une suggestion faite à la municipalité de Mâcon par l’érudit Gabriel Jeanton.
Saint-Maurice-de-Satonnay Le , au cours d'une cérémonie organisée en présence de représentants de l'escadrille SPA 167 et de membres de la famille de Romanet, une plaque à la mémoire de l'aviateur, enfant du village, surmontée d'un bas-relief en pierre spécialement gravé à son portait, a été dévoilée face à la mairie de Saint-Maurice-de-Satonnay, à l'initiative de la municipalité : « Dans ce village est né le 28/01/1894 Bernard Henri Marie Léonard Barny de Romanet, pilote de chasse, as de la guerre 1914/1918, premier commandant de la SPA 167. Trois fois recordman du monde de vitesse. Décédé dans un accident aérien le 23/09/1921. »Source : « Saint-Maurice-de-Satonnay honore son as de la Grande Guerre », article signé Johan Bozon (CLP) paru dans Le Journal de Saône-et-Loire du dimanche 13 novembre 2022.
Notes et références
Bibliographie . . Frédéric Lafarge, Un as mâconnais : Bernard Barny de Romanet, revue trimestrielle « Images de Saône-et-Loire » (publiée par l'association Groupe Patrimoines 71), n° 209 de , pages 2 à 5.
Liens externes
Biographie détaillée et profil couleur de son chasseur
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