La grotte de la rivière Njoro est un abri sous roche et un site funéraire archéologique situé sur l’escarpement de Mau, dans le comté de Nakuru, au Kenya. Elle est associée à l’Elmenteitien, une tradition culturelle du Néolithique pastoral d’Afrique de l’Est.

Le site a servi de lieu de crémation et de dépôt collectif de défunts. Les fouilles ont livré les restes de plusieurs dizaines de personnes, accompagnés de poteries, de récipients en pierre, de perles, de pilons, de calebasses, de vanneries et d’objets en pierre taillée. Il est fouillé pour la première fois en 1938 par les archéologues britanniques Mary Leakey et Louis Leakey.

Situation et contexte culturel La grotte est un petit abri situé sur les rives de la rivière Njoro, dans la partie centrale de la vallée du Rift est-africain. Elle se trouve sur l’escarpement de Mau, à l’ouest du lac Nakuru.

Les dépôts archéologiques sont rattachés à l’Elmenteitien, une tradition reconnue dans les hautes terres du Kenya et dans la partie centrale de la vallée du Rift. Ses populations pratiquent principalement l’élevage des bovins, des moutons et des chèvres, tout en conservant des activités de chasse, de pêche et de collecte. Leur culture matérielle comprend des lames d’obsidienne, des poteries, des bols en pierre et des objets de parure.

La crémation collective dans des grottes ou des cavités rocheuses constitue l’une des pratiques funéraires attribuées à cette tradition culturelle.

Historique des recherches Mary et Louis Leakey entreprennent les premières fouilles en 1938. Ils dégagent une grande partie de l’abri extérieur et mettent au jour une concentration de restes humains brûlés, mêlés à des objets funéraires. Les résultats sont publiés en 1950 dans l’ouvrage Excavations at the Njoro River Cave: Stone Age Cremated Burials in Kenya Colony.

Les fouilles contribuent à la définition de l’Elmenteitien et à l’étude des premières sociétés pastorales des hautes terres du Kenya. Le site devient aussi l’un des premiers sites archéologiques d’Afrique de l’Est dont la chronologie est examinée au moyen de la datation au radiocarbone.

Datation Une première analyse au radiocarbone est réalisée dans les années 1950 sur un échantillon de charbon provenant des fouilles des Leakey. Elle situe les dépôts funéraires vers , mais cette mesure unique présente une marge d’incertitude importante.

De nouvelles analyses sont effectuées dans les années 1980. Quatre datations se regroupent entre et ans avant le présent, soit approximativement entre le et le pour des dates non calibrées.

Ces résultats rattachent la principale utilisation funéraire de la grotte au Néolithique pastoral et à la période de développement de l’Elmenteitien dans la vallée centrale du Rift.

Pratiques funéraires Les Leakey dénombrent initialement les restes de 78 personnes. Les ossements appartiennent à des adultes et à des enfants. Les premières analyses attribuent environ deux fois plus de restes aux hommes qu’aux femmes, mais aucune catégorie d’objet funéraire ne paraît avoir été réservée à un sexe particulier.

Les corps semblent avoir été brûlés à l’intérieur de la grotte ou dans des fosses aménagées. D’après la reconstitution proposée après les premières fouilles, les défunts pouvaient être enveloppés dans des peaux, attachés, placés dans une fosse puis recouverts de terre et d’ocre rouge. Un feu était ensuite allumé au-dessus ou autour du dépôt. La chaleur produite dans cet espace fermé explique les différents degrés de combustion observés sur les ossements.

Les corps étaient accompagnés de tessons de poterie, de paniers, de perles, de bols en pierre, de pilons, de calebasses et d’autres objets. Ces dépôts ne correspondent pas à des sépultures individuelles clairement séparées : les restes humains et le mobilier formaient un ensemble collectif.

Une nouvelle analyse des ossements et de leur contexte souligne la diversité des gestes funéraires. Certains corps ont pu être brûlés sans modification préalable, tandis que d’autres montrent des traitements différents. La présence répétée d’ocre sur certaines parties du corps et le choix de cavités rocheuses isolées constituent des caractéristiques communes aux sites de crémation du Néolithique pastoral kenyan.

Mobilier archéologique

Perles et parures La grotte a livré plusieurs milliers de perles et d’éléments de parure. Ils sont façonnés dans des pierres telles que l’agate, le quartz, la calcédoine et le microcline. Certaines perles ont perdu leur couleur ou ont été fissurées sous l’effet de la chaleur, tandis que d’autres ont conservé leur forme.

La quantité et la diversité des parures montrent leur place dans les cérémonies funéraires. Des pendentifs et des perles provenant du site sont conservés dans les collections du Musée national de Nairobi.

Poteries et récipients en pierre De nombreux fragments de poterie ont été recueillis, mais seuls deux récipients en céramique ont pu être reconstitués. Les fouilles ont aussi livré 78 récipients en pierre.

L’ensemble comprend des plats, des bassins peu profonds, des bols profonds, des récipients ovales ou oblongs et des bols à fond rond ou plat. Plusieurs présentent des bords convexes, tranchants ou évasés. Leur variété et leurs décors les distinguent d’une partie des récipients découverts sur d’autres sites des hautes terres du Kenya.

Vanneries et objets en pierre La conservation de fragments de paniers et de vanneries constitue une particularité du site, car les matières végétales disparaissent facilement dans les sols archéologiques. Des pilons, des palettes, des éclats et des lames en pierre ont également été découverts. Une partie des outils est fabriquée en obsidienne, matériau caractéristique des assemblages elmenteitiens.

Importance archéologique La grotte de la rivière Njoro constitue l’un des principaux sites funéraires du Néolithique pastoral en Afrique de l’Est. Elle documente une tradition de crémation collective pratiquée par des communautés pastorales mobiles entre le et le début du .

Le site permet aussi d’étudier les relations entre les pratiques funéraires, les objets de prestige, les réseaux d’approvisionnement en pierre et l’identité des groupes elmenteitiens. Avec les grottes de Keringet et le site de Noomparrua Nkosesia, il appartient à l’une des plus anciennes traditions de crémation reconnues sur le continent africain.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Elmenteitien Néolithique pastoral Escarpement de Mau Hyrax Hill Crémation

Liens externes

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