Elvira Virginia López est une philosophe et féministe argentine née en 1871 à Buenos Aires et morte en 1956. Elle obtient son doctorat de philosophie et de lettres en 1901, en même temps que sa sœur , dans la première promotion de la Faculté de philosophie et lettres de l'université de Buenos Aires. Sa thèse, intitulée (en français, « Le mouvement féministe »), est la première thèse sur le féminisme écrite en Argentine et en Amérique du Sud.

Biographie Elvira Virginia López est née à Buenos Aires en 1871. Elle est la fille d'Adriana Wilson, uruguayenne, et du peintre argentin Cándido López. Avec sa sœur Ernestina A. López, elles ont partagé une grande partie de leur parcours personnel et professionnel, notamment au sein du mouvement féministe.

Carrière académique Elle exerce d'abord le métier d'enseignante avant d'entrer à la Faculté de philosophie et de lettres de l'université de Buenos Aires, créée le 13 février 1896 dans le but de former des éducateurs et des chercheurs dans ces domaines. Cette même année, 29 élèves sont admis, dont Elvira et sa sœur. En 1901, elles font partie de la première promotion à obtenir leur doctorat en philosophie et lettres. Le groupe était composé de 9 élèves, 5 hommes et 4 femmes, parmi lesquelles figuraient les sœurs López.

Sa thèse de doctorat, Le mouvement féministe, est dirigée par , éminent juriste et historien, et , avocat et philosophe en charge des chaires d'éthique et de métaphysique au moment de leur création en 1904. Sa thèse reflète particulièrement sa confiance dans l’éducation en tant qu’instrument de changement social en général, et pour les femmes en particulier. Elle y défend également les droits civils des femmes en retraçant leur évolution historique. Sa thèse systématise d’un point de vue théorique la situation des femmes ainsi que l’état d’avancement des luttes revendicatives.

Elle publie dans plusieurs revues universitaires importantes, dans lesquelles elle exprime ces mêmes préoccupations concernant la situation des femmes et des enfants ainsi que la situation de précarité à l'échelle mondiale. Elle insiste sur la nécessité d'une plus grande solidarité et d'une meilleure éducation, qui constituent selon elle des voies sûres vers la paix et le bien-être.

Pensée et militantisme Avec sa sœur Ernestina, elle participe à la création de nombreuses organisations de femmes, comme le en 1900 et le , qu'elles rejoignent en 1906.

Dès le premier chapitre de sa thèse, Elvira López aborde la question conceptuelle de l'égalité, prévoyant, dans une certaine mesure, le débat de la fin du siècle entre le et le féminisme de la différence. Si elle y exprime déjà son inquiétude face à la situation d'inégalité entre les femmes, celle-ci se reflète également dans son action au sein des différentes organisations auxquelles elle participe.

Comme le souligne la philosophe , qui lui a consacré un chapitre dans son ouvrage sur les femmes philosophes, son œuvre universitaire « répond plutôt à la volonté d'étayer théoriquement l'ensemble des revendications politiques et sociales qui se sont ensuite concrétisées lors du Congrès des femmes de 1910, dont elle était la secrétaire ».

Lors de ce congrès, elle prend la parole à plusieurs reprises tandis que sa sœur Ernestina prononce le discours inaugural. Dans ses interventions au sein du congrès comme dans ses publications et ses actions, elle revendique l'objectif « d'impliquer les hommes dans la cause des femmes, de l'égalité et de la solidarité ». Cela transparaît dans un article rédigé pour la Revue de l’Université de Buenos Aires, dans lequel elle établit une distinction claire entre « bienfaisance » et « philanthropie ».

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