Le Parti socialiste unifié (PSU) est un ancien parti politique français fondé le . Représentant à sa fondation ce que l'on nomme alors la deuxième gauche, qui se situait politiquement entre la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), d'inspiration socialiste, et le Parti communiste français (PCF), le PSU était proche politiquement du Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES), fondé en 1966 et représentant l'aile gauche du Parti socialiste (PS) dans les années 1970, tout en accueillant diverses minorités d'obédience trotskiste ou post-maoïste.
Après plusieurs scissions et tentatives d'union peu fructueuses avec d'autres petites forces de la gauche alternative, le PSU s'auto-dissout en .
Origines Le PSU naît le d'un double mouvement d'opposition : opposition à la guerre d'Algérie et refus du soutien de la SFIO au « coup d'État » gaulliste de 1958, ce qui avait conduit à la constitution du cartel de l'Union des forces démocratiques rassemblant en particulier le Parti socialiste autonome (PSA) et l'Union de la gauche socialiste, les deux composantes principales du futur PSU.
Présidé par Laurent Schwartz, le Congrès de 1960 entérine la fusion de trois formations politiques : Le Parti socialiste autonome (PSA, dissidence de la SFIO en 1958), auquel appartiennent des leaders socialistes « historiques » tels que Daniel Mayer, ancien secrétaire général de la SFIO à la Libération, Édouard Depreux, ancien ministre de l'Intérieur en 1946-1947, ou encore l'ancien président radical du Conseil, Pierre Mendès France ; L'Union de la gauche socialiste (UGS), issue de la fusion en 1957 de la Nouvelle Gauche, du Mouvement de libération du peuple (MLP) et de la Jeune République (JR) ; parmi ces membres, l'ancien trotskiste Yvan Craipeau, qui devient président de la Fédération des Alpes-Maritimes du PSU, Jean Arthuys, ancien responsable du Centre d'action des gauches indépendantes et de la Nouvelle Gauche, ou Pierre Naville, principal dirigeant trotskiste pendant l'entre-deux-guerres aux côtés de Raymond Molinier ; La Tribune du communisme était un journal français créé en 1952 par des militants communistes dissidents du Parti communiste français (PCF). Le journal a été publié jusqu'en 1969. C'est un groupe dissident du PCF formé autour du journal éponyme et dirigé par Jean Poperen, auquel participent également François Furet, futur historien de la Révolution et critique du communisme, et Serge Mallet. Par la suite, le PSU s'est largement appuyé sur la déconfessionnalisation et la scission majoritaire de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), qui devient la Confédération française démocratique du travail (CFDT) en 1964. Dans les années 1970, à la suite du mouvement de mai 68, il défend politiquement de nombreuses causes portées par le mouvement social et d'émancipation, notamment l'expérience autogestionnaire en soutenant très activement les travailleurs de l'usine Lip de Besançon, devenue emblématique de la lutte sociale et l'objet d'un fort mouvement de solidarité dans toute la France.
Parmi de nombreuses personnalités, le PSU a notamment comme premier secrétaire Édouard Depreux de 1960 à 1967, puis Michel Rocard de 1967 à 1973.
Un pari : se positionner entre la SFIO et le PCF
Ce parti tente tout d'abord d'occuper l'espace politique entre la SFIO et le PCF, se prononçant dès sa création pour une RépubliqueJean-Louis Andreani, Le Mystère Rocard, Robert Laffont, 1993, ..
Il est composé majoritairement de socialistes anti-colonialistes, qu'ils soient « révolutionnaires » ou « réformistes », partisans de l'Union de la gauche. Il comprend également d'anciens pivertistes, dont certains avaient milité au Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) sous le Front populaire (1936-1938) (Colette Audry, etc.). Les trotskistes Marcel Bleibtreu et Michel Lequenne obtiennent un droit de tendance au sein du parti, continuant la publication de la Tribune du marxisme avec Edgar Morin, futur penseur de la « complexité ».
Enfin, la tendance mendésiste, qui représente un bloc cohérent et réformiste, s'oppose au dogme marxiste de la lutte des classes et refuse l'appropriation collective des moyens de production, prônant un équilibre entre les secteurs privé et publicKesler, Jean-François (2001). « Le parti de Pierre Mendès France : du parti radical au PSU. » in Matériaux pour l'histoire de notre temps. 2001, . Pierre Mendès France et la Modernité - Actes du colloque - Assemblée nationale - 15 juin 2001. . doi : 10.3406/mat.2001.403281 : dès le départ, le PSU apparaît comme regroupant des tendances très diverses, voire antagonistes, qui ne se rejoignent finalement que dans l'anti-gaullisme et l'anti-stalinisme. L'adhésion de Pierre Mendès France au PSA avait même suspendu les négociations de fusion entre l'UGS et le PSA, ceux-là (ainsi qu'une partie de ceux-ci) estimant que les mendésistes du Centre d'action démocratique étaient plus libéraux que réellement socialistes.
Au fil des crises que traverse le PSU, celui-ci voit le départ de nombre de ses fondateurs : Pierre Bérégovoy, Charles Hernu, Alain Savary, Robert Verdier. Le PSU, qui comprend dès son origine des minorités se réclamant du marxisme révolutionnaire, du luxemburgisme ou du trotskisme, évolue en se radicalisant, surtout après , pour devenir un parti contestataire et autogestionnaire se situant essentiellement hors du champ parlementaire.
Composition des instances dirigeantes (1960-1990) après le Congrès d'unification (1960)
Le bureau national constitué en Le numéro 1 de Tribune socialiste, en date du 9 avril 1960 consacre ses 8 pages à rendre compte du Congrès constitutif du parti dont la Tribune va être l'organe hebdomadaire. est-il commenté en début d'un éditorial. respecte la parité des fondateurs : 5 anciens PSA : Édouard Depreux, le secrétaire général, Charles Hernu, Maurice Klein, trésorier national, Alain Savary, Robert VerdierÉdouard Depreux, Souvenirs d'un militant, Fayard 1972, . 5 anciens UGS : Jean Arthuys, Claude Bourdet, Henri Longeot, Gilles Martinet, Jean Verlhac Tribune socialiste, , 4 avril 1960. 1 ancien « Tribune du communisme » : Jean Poperen.
Au comité politique national : Parmi les du comité politique nationalpage 7 du numéro 1 de Tribune socialiste, constitué selon la même parité affichée, figurent 25 anciens du Parti socialiste autonome, 25 anciens de l'UGS et 5 sympathisants de Tribune du communisme. Le parcours politique de ces hommes – seule une femme siège dans cette instance, Mireille Osmin, issue de la SFIO et du PSA – est très divers. Ainsi cet organisme aurait compté six trotskistes : Jean Rous (« droitier »), Robert Chéramy (lambertiste)Robert Chéramy est par la suite l'un des principaux dirigeants, au titre de la majorité « autonomie », de la Fédération de l'Éducation nationale., tous deux venant du PSA ; Roland Filiâtre, Yvan Craipeau, et Pierre Naville, l'un des principaux dirigeants trotskistes avant-guerre (« droitiers »)Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, 413 sq.. Yves Dechezelles, ancien de la SFIO, était considéré comme proche de ce courant sans avoir jamais appartenu à aucune organisation trotskiste.
On relève toutefois un nombre important d'anciens députés de la SFIO, dont la sécession du groupe parlementaire est à la source du PSA/PSU : Édouard Depreux lui-même, Alain Savary et Robert Verdier, Daniel Mayer, Guy Desson, François Tanguy-Prigent, André Philip, Charles Lussy, Jean Binot, Raymond Badiou (père du philosophe Alain Badiou qui appartint lui-même un temps au PSU) et André Hauriou (fils du doyen Maurice Hauriou, et alors vice-président de la Ligue des droits de l'homme)Dictionnaire des parlementaires français, 5 volumes parus, La Documentation française. Voir aussi les sites de Sénat et de l'Assemblée nationale..
Charles Hernu, est issu pour sa part, de l'UDSR.
Sont membres de ce Conseil National deux avocats, issus de l'UGS, fortement impliqués dans la défense des militants anticolonialistes, français ou algériens, alors que la guerre d'Algérie est une des préoccupations majeures des français, Yves Dechézelles et Pierre Stibbe.
Jean Arthuys est responsable du service d'ordre.
Congrès de Clichy ()
Le Comité politique national compte : représentant la motion majoritaire, menée par Edouard Depreux. Parmi eux, on trouve l'ancienne équipe du PSA (Alain Savary, Robert Verdier, Daniel Mayer, François Tanguy-Prigent...), Jean Poperen et ses proches, les représentants de l'aile chrétienne de l'UGS (Henri Longeot, Georges Tamburini), les anciens trotskistes Stibbe et Craipeau, mais aussi l'historien François Furet et l'unique femme du CPN, Mireille Osmin. représentant la motion minoritaire, soutenue par les proches de Pierre Mendès France, et notamment Pierre Bérégovoy, André Philip, Charles Hernu et Pierre Dreyfus-Schmidt.
Congrès d'Alfortville ()
Le congrès débouche sur un Comité politique national sans majorité. Les motions représentées, sont : La motion B, qui compte 26 élus. C'est la motion portée par Edouard Depreux, sur laquelle on trouve notamment Serge Mallet (qui est un des théoriciens de la ), Gilles Martinet et Pierre Naville. La motion C, qui compte 18 élus. C'est celle de Jean Poperen, Claude Bourdet et François Tanguy-Prigent. La motion A, qui compte 6 élus, dont Pierre Bérégovoy, Jean Binot et Robert Verdier La motion E, qui a elle aussi 6 élus, et dont le principal animateur est Marcel Bleibtreu. Il faut attendre un mois pour que le parti se dote d'une direction exécutive. C'est un secrétariat pluraliste de quatre membres, dont deux issues de la motion B (Edouard Depreux, secrétaire national, et Jean Verlhac) et deux de la motion C (Jean Poperen et Roland Florian).
Ce secrétariat est assisté des responsables des commissions nationales, soit quatre membres de la motion B (Marc Heurgon, Marcel Debarge, Henri Longeot, Jean Arthuys), 2 de la motion C (Manuel Bridier et Claude Bourdet), et deux de la motion A (Maurice Klein, trésorier, et Robert Verdier, responsable du journal Tribune socialiste). La motion E n'est représentée que par deux responsables adjoints de commission (Marcel Pennetier, adjoint de Debarge, et Bleibtreu, adjoint d'Arthuys).
Congrès de la Grange-aux-belles (Paris, )
Ce congrès est anticipé par rapport au calendrier statutaire. Il permet de doter le parti d'une majorité. Le CPN est ainsi constitué de : 30 représentants de la majorité, rassemblés autour d'Edouard Depreux, auquel s'est rallié l'ancienne motion A (mendésistes), et notamment Pierre Bérégovoy 25 représentants de la minorité, menée par Jean Poperen, à laquelle appartiennent, outre les responsables de la motion C d'Alfortville, Marcel Bleibtreu, Marcel Pennetier et Michel Lequenne. Un bureau national homogène de est désigné. Il comprend Edouard Depreux, secrétaire national, Jean Arthuys, trésorier, Pierre Bérégovoy, Marcel Debarge, Marc Heurgon, Henri Longeot, Harris Puisais, Jacques Raynaud et Jean Verlhac.
En , 5 nouveaux membres sont cooptés par le CPN, tous issus de la tendance majoritaire, parmi lesquels Serge Mallet, Gilles Martinet et Pierre Naville.
Congrès de Gennevilliers ()
Le congrès est marqué par l'entrée dans les instances dirigeantes de Michel Rocard sous le pseudonyme de Georges Servet.
Un secrétariat de sept membres est désigné. Derrière Edouard Depreux, secrétaire national, on trouve Gilles Martinet, secrétaire national adjoint, Jean Arthuys, trésorier, Pierre Bérégovoy, Marc Heurgon, Harris Puisais et Georges Servet (Michel Rocard).
Le bureau national, pluraliste, compte , soit, en plus du secrétariat national, Claude Bourdet, Richard Dartigues, Guy Desson, Henri Longeot, Michel Lucas, Serge Mallet, Jean Poperen et Georges Servet.
On trouve par ailleurs au Comité politique national Georges Gontcharoff, Jacques Kergoat, Marcel Pennetier, Pierre Stibbe, François Tanguy-Prigent, Jean Verlhac, Lucien Weitz...
Congrès de Paris (Maison des métallos, )