Le village du Repos, ou station du Repos, est un village d'ouvriers de l'Égypte antique situé dans la nécropole thébaine, près de l'actuelle Louxor. Situé sur un col de la montagne thébaine qui surplombe la vallée des Rois, la station était utilisée par les ouvriers des tombes royales qui pouvait s'y reposer la nuit ou aux heures les plus chaudes de la journée sans avoir besoin de retourner à leur village (Deir el-Médineh) plus éloigné.
Description Le village du Repos est situé dans la montagne thébaine, sur la rive ouest du Nil, en face de la ville de Louxor (l'ancienne Thèbes). Le village se situe au niveau d'un col de montagne appelé col de la vallée des Rois. Ce col est situé au pied d'une pente menant au sommet de la montagne thébaine (la Cime) et surplombe la vallée des Rois au nord et la vallée des Couleurs au sud-est. Le col est accessible à pieds par un chemin de crête au sud-ouest qui conduit à la vallée de Deir el-Médineh et par un chemin au nord qui mène à la vallée des Rois. Le col est également relié à l'ouest à une troisième route qui s’éloigne vers l'ouest puis vers le sud en tournant autour des flancs de la Cime. Le col était appelé « le champ » par les anciens égyptiens.
vignette|gauche|redresse=1.2|Plan de la nécropole thébaine montrant la position du village du Repos. Le village se compose de trois groupes d'habitations séparées par la route du col qui fait office de rue centrale. Il y avait au moment de la première exploration du site 78 huttes dans le village mais celui-ci a pu en compter plus à l'époque pharaonique. Les habitations sont collées les unes aux autres sans ordre apparent ni ruelle de séparation : on passe d'une maison à l'autre sans transition. L'orientation des pièces et des portes semble également aléatoire et n'est pas optimisé pour protéger les habitants de la chaleur ou du froid. Les huttes sont construites en pierres locales de la montagne liées avec du mortier sablonneux. Les murs mesurent entre 35 et 50 cm d'épaisseur et n'ont pas de fenêtre. Chaque habitation est prévue pour une ou deux personnes et se compose de deux pièces, une contenant un banc en calcaire gravé au nom de l'occupant et une seconde contenant un lit en pierre ou deux lits arrangés de manière perpendiculaire. Les pièces sont très exiguës : l'ouvrier n'a qu'un pas à faire de la porte au divan. Le village comprend également une maison plus grande habitée par un scribe. Les toits, aujourd'hui disparus, ne devaient pas s'élever à plus de deux mètres. Ils étaient probablement faits de branchages, peut être solidifiés au mortier. Les maisons du village sont donc très rustiques et peu confortables, conçues uniquement pour un accueil temporaire des ouvriers, et non pas de leurs familles. Cela est confirmé par l'absence de cuisine et de foyer dans les habitations, les repas étaient probablement préparés à Deir el-Médineh et emmenés quotidiennement à la station.
Au sud de la station du repos, directement sous la Cime, la chapelle du village est adossée au flanc de la montagne. Elle est très vraisemblablement dédiée au dieu Amon, et plus spécifiquement le Amon thébain « de la belle rencontre ». La chapelle, et possiblement tout le village, est d’ailleurs appelée « la belle rencontre ».
À 200 mètres du village, près du chemin qui part vers l'ouest autour des flancs de la Cime, on trouve près de deux-cents petits sanctuaire édifiées individuellement par les ouvriers du village avec des pierres ramassées sur place. Également dédiés à Amon, ces sanctuaires ont une forme vaguement cubique, avec une cavité au centre pour y placer une stèle, et mesurent un peu moins d'un mètre de côté. Certains d’entre eux ont un sommet pyramidal. La tombe KV39 est située non loin de là.
Histoire vignette|gauche|redresse=1.0|Les vestiges du village largement ensablés au début du . Le village du Repos a été utilisé au Nouvel Empire par les ouvriers des tombes royales travaillant dans la vallée des Rois. Cette station du repos permettait d'optimiser le temps de travail des ouvriers en leur permettant d'y dormir toutes les nuits pendant les périodes de travail de dix jours et éviter ainsi les trajets quotidiens jusqu'au village des ouvriers de Deir el-Médineh, situé à une demi-heure de marche de la station via un sentier difficile. Cette station n'était peut être utilisée que pendant les périodes d’activité intense. Bien que la construction des tombes de la vallée des Rois par les ouvriers de Deir el-Médineh a commencé à la , le village du Repos n'a été utilisé qu'à partir de la . Son activité a duré jusqu'à la , après quoi s'est achevée l'inhumation des pharaons dans la vallée des Rois. Indépendamment de l’activité des ouvriers, la station a certainement aussi servi de poste de garde afin de contrôler l'accès à la vallée des Rois.
Après le Nouvel Empire, le village a pu être réutilisé à différentes périodes comme l'indique la découverte d'artefacts datant d'époques postérieures (ptolémaïque, copte et arabe).
Les ruines du col de la vallée des Rois sont connues depuis bien avant la première fouille archéologique du village. L'abondance de silex taillés sur la zone avait suggéré à certains archéologues que le site datait du néolithique. D'autres avaient imaginé que les ruines étaient celles d'une occupation militaire romaine ou encore d'un ermitage de chrétiens primitifs.
vignette|droite|redresse=1.5|Vue du village du Repos (à droite) avec en dessous le chemin des sanctuaires et à gauche le chemin vers la vallée des Rois (tout à gauche). Le village du Repos a été finalement fouillé par une équipe de l'Institut français d'archéologie orientale dirigée par Bernard Bruyère en 1935. Celui-ci a fait dégager les vestiges des habitations en grande partie recouverts de sable et a en a fait une description détaillée. Il a aussi découvert un très grand nombre d'objets et d'inscriptions en hiéroglyphe et hiératique permettant de dater le village du Nouvel Empire et de l'identifier comme une station du repos pour les ouvriers des tombes royales venant de Deir el-Médineh.
Pus récemment, le village a été fouillé entre 2008 et 2013 par une équipe de l'Université d'Helsinki dirigée par . Cette campagne incluait de nouvelles fouilles de la zone, du travail de restauration des ruines, la cartographie des environs et la construction d'un mur autour du village. Ce travail de fouilles a conduit à la découverte de divers objets comme des poteries, des ostraca et des silex. La campagne a également permis de confirmer la construction du village sur un site néolithique, hypothèse formulée par Bruyère dans les années 1930.
Notes et références
Bibliographie
Liens externes
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