Les incendies de 2026 dans le massif forestier de Fontainebleau sont des feux de forêt d'ampleur qui se déclenchent, dans le massif forestier de Fontainebleau, à partir du et sont fixés le . Les plus importants de la saison pour ce secteur, ils touchent les forêts de Fontainebleau et des Trois-Pignons, plusieurs communes, et se manifestent en deux foyers, le second apparaissant le près de la ville de Fontainebleau. Le principal foyer fixé le , les incendies ne sont déclarés éteints que le .
Contexte Changement climatique
Si le déclenchement des incendies peut être d'origine humaine (accidentelle ou volontaire) ou naturelle, le changement climatique a pour effet d'augmenter les risques de feu de forêt en France, en particulier du fait de la multiplication et de l'intensification des vagues de chaleur et des sécheresses, qui composent deux des trois paramètres de la règle des trois 30. Le risque de feux de forêts s'étend vers le nord du pays du fait du réchauffement et est susceptible de toucher de plus en plus souvent l'Île-de-France...
Fragilités du massif en 2026 La forêt de Fontainebleau connaît une forte augmentation de sa fréquentation. Le massif accueille entre 15 et de visiteurs par an, soit une hausse estimée à 25 % en une décennie. Cette fréquentation se concentre sur certains secteurs facilement accessibles ou particulièrement connus, notamment le massif des Trois-Pignons, les sites d'escalade et le circuit des Vingt-Cinq-Bosses. Elle s'accompagne d'une saturation régulière des parkings et d'une multiplication des pratiques de pleine nature, parmi lesquelles l'escalade, la randonnée, la course à pied et le vélo tout-terrain. Les fragilités liées à la chaleur, à la sécheresse et aux parasites viennent s'ajouter à cette pression humaine. Le piétinement répété accélère l'érosion des sols, favorise l'apparition de sentiers non balisés et peut mettre à nu les racines des arbres. Sur certains sites très fréquentés, le niveau du sol baisse de plus d'un mètre en moins de dix ans. La concentration des visiteurs augmente également les besoins de surveillance, de sensibilisation et d'aménagement du massif. La fréquentation nocturne constitue un enjeu particulier en matière de protection des milieux et de prévention des incendies. Depuis 2023, le stationnement sur les parkings forestiers est interdit entre et , afin de limiter les dérangements nocturnes et le risque de départ de feu. Cette mesure s'inscrit dans un contexte où l'Office national des forêts et les associations locales cherchent à encadrer une fréquentation croissante dans un massif déjà soumis à des périodes de chaleur et de sécheresse.
Dès le , plusieurs incendies témoignent d'une élévation précoce du risque dans le massif. Entre le et le , au moins sept départs de feu sont recensés, dans un contexte marqué par de faibles précipitations, un état de sécheresse prononcé et une forte fréquentation liée aux vacances scolaires. Le plus important parcourt près de . Le au soir, un incendie se déclare dans le secteur de Belle-Croix, à proximité du sentier Denecourt, et brûle la strate arbustive. La configuration rocheuse et escarpée du site complique l'accès des secours, qui interviennent pendant une partie de la nuit pour circonscrire le feu. Des enquêtes sont ouvertes sous l'autorité judiciaire afin de déterminer l'origine de ces différents départs. À la fin du mois d'avril, les services météorologiques évaluent le risque d'incendie à 4 sur une échelle de 6, en raison notamment de l'abondance de végétation sèche ou morte, favorable à la propagation des flammes. Dans certains secteurs, la présence de sols tourbeux prolonge les opérations d'extinction et impose des opérations de noyage destinées à empêcher la persistance du feu en profondeur. Le caractère précoce et répété des incendies conduit les services de l'État à renforcer la surveillance du massif. À l'issue d'une réunion organisée le entre la Préfecture, la Police nationale, le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS 77) et l'ONF, les patrouilles motorisées et équestres sont renforcées, des drones sont mobilisés et une équipe mobile de l'ONF est constituée pour intervenir rapidement sur certains départs de feu. Le centre opérationnel des sapeurs-pompiers doit également alerter systématiquement les services de commandement afin de faciliter d'éventuelles constatations ou interpellations en flagrant délit.
Restrictions préfectorales Le , le préfet de Seine-et-Marne, Pierre Ory, prend un arrêté interdisant au public l'accès au secteur des Trois-Pignons, pendant toute la durée de la vigilance rouge pour canicule. L'interdiction s'applique aux routes forestières, aux sentiers de randonnée et à l'ensemble des parcelles comprises dans le périmètre concerné. L'arrêté est motivé par la combinaison de températures élevées, d'une faible humidité de l'air et d'un déficit hydrique de la végétation, qui accroît le risque de départ de feu et favorise sa propagation rapide. Le relief accidenté du secteur et ses difficultés d'accès sont également susceptibles de compliquer l'intervention des services de secours. Cette mesure intervient dans un contexte de forte dégradation des conditions hydriques du massif. La forêt de Fontainebleau subit deux épisodes de canicule successifs, à la fin du mois de mai et durant la dernière semaine de juin 2026. En avril, les précipitations atteignent environ , contre habituellement. Ce déficit pluviométrique est aggravé par la nature sableuse des sols, qui retiennent peu l'eau et favorisent l'assèchement rapide de la végétation. À la fin du mois de juin, les températures dépassent localement . Dans ces conditions, les arbres réduisent leur croissance et leur production de graines, tandis que certains feuillus ne parviennent plus à alimenter leur cime en eau. Depuis 2019, environ 40 % des feuillus du massif présentent en moyenne des signes de stress. Les pins sylvestres, relativement adaptés à la sécheresse, demeurent particulièrement sensibles aux fortes chaleurs, qui provoquent le jaunissement, le rougissement et la chute de leurs aiguilles.
Après la levée de la première interdiction consécutive à la fin de l'épisode caniculaire de juin, les préfets de Seine-et-Marne et de l'Essonne prennent un nouvel arrêté interdisant au public l'accès à la forêt des Trois-Pignons jusqu'au inclus. Cette nouvelle fermeture est motivée par un risque jugé très élevé de départ et de propagation d'incendie, lié aux températures élevées et au dessèchement marqué de la végétation. L'interdiction s'applique à l'ensemble des routes forestières, des sentiers de randonnée et des parcelles du massif. Elle concerne, en Seine-et-Marne, les territoires de Noisy-sur-École, d'Arbonne-la-Forêt, d'Achères-la-Forêt et du Vaudoué, ainsi que ceux de Milly-la-Forêt et de Courances dans l'Essonne.
Incendies de début juillet Le , vers , un incendie se déclare dans la de la forêt de Fontainebleau, dans le secteur des gorges d'Apremont, à proximité de la caverne des Brigands. Le feu parcourt environ de sous-bois. Sa localisation dans un chaos rocheux et escarpé complique l'accès des secours ainsi que l'acheminement de l'eau, dans un contexte de fortes températures. Près de se relaient au cours de l'intervention, avec un maximum de mobilisés simultanément. L'alimentation en eau repose notamment sur une citerne enterrée située au carrefour des Cépées et sur des moyens fournis par les communes de Barbizon et de Fontainebleau. Le en fin d'après-midi, les opérations de noyage se poursuivent afin de prévenir toute reprise du feu. L'ONF dépose une plainte et une enquête de police est ouverte afin de déterminer l'origine de l'incendie.
Le , vers , un incendie se déclare dans le secteur des gorges d'Apremont, dans une parcelle distincte de celle touchée le . Le foyer se situe à environ des voies carrossables les plus proches, au sein d'un chaos rocheux qui rend l'accès pédestre et l'intervention des secours particulièrement difficiles. Dans l'après-midi, un hélicoptère bombardier d'eau récemment arrivé en Seine-et-Marne est engagé sur le sinistre. L'appareil effectue douze largages après avoir prélevé de l'eau dans la Seine, à hauteur du pont de Valvins, entre Samois-sur-Seine et Avon. Cette intervention aérienne permet de fixer l'incendie à environ . Un dispositif de surveillance allégé est maintenu pendant la nuit, puis reconduit le lendemain afin de prévenir toute reprise du feu.
Déroulement
Dimanche Le , les services d'incendie et de secours de Seine-et-Marne sont déjà mobilisés sur plusieurs sinistres dans le département. Plus tôt dans la journée, un feu de végétation se déclare à hauteur des Écrennes, près du Châtelet-en-Brie, et entraîne l'interruption de la circulation sur l'autoroute A5 entre les sorties 16 et 17 en raison des fumées. En fin d'après-midi, l'incendie qui marque le début de la série de feux étudiée dans la forêt de Fontainebleau se déclare en bordure de l'autoroute A6, sur la commune de Noisy-sur-École, dans le massif des Trois-Pignons. Le feu prend naissance sur les bas-côtés de l'autoroute avant de se propager vers la forêt. D'importants panaches de fumée réduisent fortement la visibilité et rendent la circulation impossible sur le tronçon concerné. Une quarantaine de sapeurs-pompiers est engagée au début de l'intervention.
vignette|Trafic sur le boulevard de Constance, à l'ouest de Fontainebleau, à la suite de la fermeture de l'autoroute A6. Photographié le . À partir d'environ , l'incendie se développe rapidement dans le massif des Trois-Pignons. Les secours identifient environ six départs de feu, dont deux situés de part et d'autre de l'autoroute A6. L'un des fronts progresse d'ouest en est dans le sens du vent, tandis qu'un autre avance dans la direction opposée. L'autoroute A6 est interrompue à la circulation pendant plusieurs heures en raison de la proximité des flammes et de l'importante fumée, ce qui entraîne la mise en place de déviations, qui provoquent d'importantes difficultés de circulation sur le réseau secondaire, notamment à l'entrée de Fontainebleau et au rond-point de l'Obélisque. Quelques heures après ce départ d'incendie, la superficie parcourue est estimée à . Deux avions Dash (Bombardier 8-Q400-MR) et deux hélicoptères bombardiers d'eau sont engagés en renfort des moyens terrestres, chaque Dash pouvant larguer environ d'eau par rotation. L'engagement de tels engins constitue une première utilisation opérationnelle contre un incendie en Région Île-de-France.
Dans la soirée, la superficie parcourue est provisoirement estimée à plus de . Un poste de commandement est installé dans la forêt afin de coordonner les opérations. Près de provenant notamment de Seine-et-Marne, de l'Essonne et des Yvelines sont progressivement mobilisés. Des renforts du Val-d'Oise, comprenant environ cent sapeurs-pompiers et une vingtaine de véhicules, sont annoncés pour le lendemain. Douze agriculteurs participent également à l'approvisionnement des véhicules de lutte contre l'incendie au moyen de cuves remplies d'eau. Face à la progression du feu, environ cent personnes sont évacuées à Achères-la-Forêt et une quinzaine au Vaudoué. Elles sont accueillies dans des gymnases et des salles communales. Les autorités indiquent que les opérations d'extinction et de surveillance doivent se poursuivre pendant plusieurs jours. La présence de plusieurs foyers distincts conduit la gendarmerie à examiner l'hypothèse de départs volontaires. À ce stade, cette piste demeure une hypothèse d'enquête.
Lundi vignette|Vue satellite du premier foyer des incendies. Photographiée le par un satellite Sentinel-2.