Philippe II de Lenoncourt (v.1420 - † avant 1509), dit le Jeune, est un noble lorrain, d'extraction chevaleresque, de la fin du . Il fait une grande partie de sa carrière au sein de la cour des ducs de Lorraine de la maison d'Anjou. Il exerce notamment les fonctions de Grand écuyer du duc René Ier. Il se fait aussi connaître lors de sa participation à des joutes, comme lors du Pas de la Bergère ou de L'emprise du château de la Joyeuse-Garde. Il est notamment le fondateur de la branche cadette de Serres de la famille de Lenoncourt.
Origines familiales Philippe de Lenoncourt, est le fils d'Hermann de Lenoncourt († avant 1449) et de Jeanne de Luxembourg-de-la-Tour, fille de Gilles de la Tour. Il est le frère de Thierry IV de Lenoncourt, qui fait une carrière au sein du Royaume de France. Il descend ainsi d'une famille faisant partie des quatre Grands chevaux de Lorraine, qui selon Prosper Guerrier de Dumast, sont les familles lorraines qui sont considérées comme ayant une existence immémoriale.
Carrière politique et militaire
Activités à la Cour lorraine Sous les règnes de la maison d'Anjou, Philippe de Lenoncourt occupe une place centrale à la cour ducale de Lorraine. En 1436, avec son frère, son père et son oncle, ils ont servis de caution pour la libération de René d'Anjou lors de sa capture par le duc de Bourgogne Philippe le Bon, à la bataille de Bulgnéville.
Dès 1439, il est nommé conseiller des ducs. Par la suite, vers 1443, il est nommé au poste de conservateur des Juifs en Provence.Cette présence en dehors de la Lorraine est une volonté du duc René d'Anjou d'acculturer les élites lorraines en les dispersant dans ses possessions.
Par la suite, en 1450 et 1451, il apparait comme "lieutenant général du duc René en ses duchés de Bar et de Lorraine" et en 1450 et 1473 comme "lieutenant du duc de Lorraine au duché de Bar". Cette dernière fait pratiquement de Philippe de Lenoncourt, l'égal du duc de Lorraine au sein du duché de Bar.
Il est notamment nommé à la charge de grand écuyer de Lorraine de 1462 à 1472. Exercée par des membres de la haute noblesse lorraine, cette fonction englobe la supervision des écuries ducales ainsi que la représentation du pouvoir lors des cérémonies officielles (assemblées extraordinaires, entrées solennelles ou funérailles ducales), au cours desquelles le grand écuyer porte l'épée du souverain.
Ce cumul des charges fait de Philippe de Lenoncourt, l'un des membres les plus important du relais du pouvoir princier, notamment pendant le règne de Jean II, lors de ses campagnes italiennes et espagnoles.
Le conflit avec la Bourgogne Avec l'arrivée sur le trône de France de Louis XI et de Charles le Téméraire sur celui de Bourgogne, les relations diplomatiques entre les deux parties se détériorent. Le duc de Bourgogne voit en la Lorraine, un moyen de relier ses possessions des Flandres au Nord et le duché de Bourgogne, composant l'État bourguignon. Il avait même envisagé de faire de Nancy la capitale du royaume bourguignon. Ces tensions éclatent lors des guerres de Bourgogne.
Contrairement à ses cousins Philippe Ier dit l'Aîné et Collard II qui se rallient à Charles le Téméraire, Philippe II reste fidèle aux ducs de Lorraine et les soutient lors de la crise bourguignonne et de la bataille de Nancy.
Au service de la couronne de France En parallèle de sa carrière lorraine, Philippe II de Lenoncourt s'attache au service de la couronne de France. À l'instar de son frère Thierry IV de Lenoncourt, il intègre l'entourage direct du roi Louis XI, dont il devient conseiller et chambellan. Ce positionnement à la cour de France lui permet d'exercer un rôle de relais diplomatique entre le roi et la noblesse lorraine, tout en appuyant l'ascension ecclésiastique et politique de son fils, Jean.
L'ordre du Croissant En reconnaissance de ses services auprès de la maison d'Anjou, Philippe de Lenoncourt est reçu vers 1452 comme chevalier compagnon au sein de l'Ordre du Croissant, fondé par le duc René en 1448. Limité à trente-six membres astreints à des preuves de noblesse rigoureuses, cet ordre sélectif constitue l'un des principaux instruments de fidélisation de l'élite aristocratique angevine et lorraine, consacrant le prestige de Philippe au sein de la cour ducale.
Participation aux joutes Philippe, de par sa position importante au sein de la cour de René Ier, va jouer un rôle important dans les joutes (ou pas d'armes) organisés par ce seigneur. Par la multiplication des pas d'armes au cours du , Philippe se place presque comme un jouteur professionnel. Il participera notamment aux pas de Nancy (1445), de Saumur (1446), qu'il remporta et reçu un destrier comme prix pour sa victoire. Sa dernière participation connue a lieu au pas de Tarascon en 1449, durant lequel il s'illustre aux côtés de Philibert de l'Aigue en protégeant Isabelle de Lenoncourt, alors grimée en bergère.
Mariages et descendances Philippe de Lenoncourt se maria à deux reprises. Tout d'abord avec Catherine de Beauvau (v.1430 - † v. 1476), fille de Bertrand de Beauvau et de Jeanne de la Tour-Landry. Ce mariage, permet à Philippe de se rapprocher de la noblesse angevine accompagnant René d'Anjou en Lorraine.
De ce mariage va naître un nouveau rameau de la famille de Lenoncourt, dit les Lenoncourt-Serres qui va se perpétué jusqu'au mariage de Marie-Anne-Françoise de Lenoncourt avec Denis Sublet d'Heudicourt, un des frères de Michel III Sublet.
Du mariage de Philippe de Lenoncourt et de Catherine de Beauvau sont nés:
Louis de Lenoncourt († v. 1500-1530), vicomte de Meaux. Conseiller et chambellan de Louis XI. Il se marie en 1470 avec Claude de la Marck, fille de Robert Ier de la Marck, duc de Bouillon et de Jeanne de Marley. Sans postérité. Jean III de Lenoncourt, protonotaire apostolique. Il est brièvement utilisé par Louis XI comme candidat fantoche à l'évêché de Verdun pour contrer l'évêque titulaire Guillaume de Haraucourt, réputé mort par le roi. Plus tard, il devient doyen du chapitre de Verdun (1496), puis chancelier et trésorier de Saint-Martin de Tours, ainsi qu'archidiacre de la Rivière. Marguerite de Lenoncourt (v. 1464 - † ap 1509). Épouse en premières noces, Jean de Bron, dit de Vaudémont, seigneur de Pierrefort et chambellan du duc de Lorraine. Sans postérité. À la suite du décès de son premier mari, elle épouse en secondes noces, Gratien de Bressey, seigneur de Fontenoy. Dont postérité. Jeanne de Lenoncourt (v. 1464 - † v. 1520). Mariée avec Antoine de Bessey, seigneur de Longecourt, bailli de Dijon. Dont postérité. Nicolas de Lenoncourt, mort jeune. Bernardin Ier de Lenoncourt (v. 1467 - † v. 1530), seigneur de Serres, de Gondrecourt, de Réchicourt et de Sancy. Bailli de Lorraine et de Saint-Mihiel, grand maître l'artillerie de Lorraine. Epouse en première noces, Marguerite de Haraucourt-Chambley. Dont postérité. Il se remarie en secondes noces avec Marguerite , dont il n'a pas de descendance connue. Il convient de ne pas le confondre avec son homonyme et cousin Philippe de Lenoncourt, dit l'Aîné, issu de la branche de Buzy, qui épousa également une Marguerite Bayer von Boppard, source de confusions fréquentes dans les généalogies anciennes.
Notes et références
Notes
Références
Catégorie:Date de naissance non renseignée (XVe siècle) Catégorie:Noble français du XVe siècle Catégorie:Militaire français du XVe siècle