L'Association nationale pour l'étude de l'avortement est une association française créée en 1969 ayant pour par l'avortement.

Histoire et objectifs L'Association nationale pour l'étude de l'avortement (ANEA) est créée en 1969 dans un contexte français marqué d'une part par l'obtention deux ans plus tôt en 1967 de la légalisation de la contraception (loi Neuwirth) et d'autre part par les événements de Mai 68. L'ANEA se prononce pour la décriminalisation de l'avortement, acte que ses membres souhaitent réalisé uniquement par des médecins.

Il s'agit pour les militants de la régulation des naissances et de la libre maternité de continuer, à travers l'ANEA, à faire avancer à travers les droits qui y concourent ainsi qu'à limiter le recours à l'avortement clandestin, jugé comme une atteinte à la santé voire à la vie des femmes. L'association se donne pour par l'avortement. L'avocate Anne-Marie Dourlen-Rollier et le médecin Jean Dalsace, qui tous deux font partie de la direction du Mouvement français pour le Planning familial (MFPF), en sont les fondateurs. Au début de l'existence de l'ANEA les autres membres sont aussi issus du MFPF, notamment du collège des médecins de l'association, par exemple Raoul Palmer, Christiane Verdoux, Jacqueline Kahn-Nathan, Pierre Simon, Jean Cohen, Cécile Goldet. Les médecins membres de l'ANEA . La sociologue Evelyne Sullerot, fondatrice de Maternité heureuse, ancêtre du MFPF, avec Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé rejoint l'ANEA dès 1969, de même que des spécialistes de l'enfance inadaptée qui font un lien entre les difficultés des enfants et les grossesses non désirées subies par les femmes. Des personnalités religieuses comme le pasteur André Dumas ou le révérend père Simon font partie du bureau de l'association. L'ANEA compte d'autres membres de poids : la philosophe féministe Simone de Beauvoir, l'avocat Charles Libman, le président de la Ligue des droits de l'Homme Daniel Mayer. La notoriété et la diversité des membres de l'ANEA fait partie de la stratégie de l'association pour faire modifier la loi quant à l'accès à l'avortement, dans un contexte où le sujet est très controversé. Le Planning familial adhère à l'ANEA en 1970.

Début mai 1970 l'ANEA propose une avant-proposition de loi à la commission des affaires sanitaires et sociales du groupe de l'Union des démocrates pour la République (UDR) de l'Assemblée nationale. Le député Claude Peyret se saisit du texte, rédigé par l'avocate Anne-Marie Dourlen-Rollier et visant à permettre l'accès à l'avortement thérapeutique notamment selon certaines situations sociales identifiées par exemple danger pour la santé mentale de la future mère, le modifie dans un sens restrictif et élabore sa propre proposition : l'avortement thérapeutique serait réservé aux cas de graves anomalies fœtales. L'ANEA critique cette vision restrictive, réaffirme un accès plus large et la nécessité de développer l'information pour un meilleur accès à la contraception. Côté gouvernement, c'est Robert Boulin, alors ministre de la Santé publique et de la Sécurité sociale, qui se saisit de la question, avec l'appui de Pierre Simon qui est un de ses conseillers techniques en plus d'être membre de l'ANEA mais la proposition de loi Peyret n'aboutit pas. Le 8 février 1973 l'ANEA annonce publiquement que ses membres ont pratiqué des avortements depuis l'automne 1972, selon une charte qui précise que la décision de l'avortement est prise par une commission composée de médecins. En juin 1973 l'ANEA salue un projet de loi porté par le gouvernement et notamment Jean Taittinger ministre de la santé, dans un contexte où l'espace de la cause de l'avortement est désormais aussi occupé par l'association Choisir, le Groupe information santé, le Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception, et le MFPF, groupes qui mettent en avant que la décision doit être prise par la femme qui souhaite avorter. Malgré les divergences de point de vue, Raoul Palmer le président de l'ANEA assure le MLAC, dont les membres réalisent des avortements illégaux, de son soutien. Le projet de loi est rejeté et c'est finalement celui proposé par Simone Veil sur l'Interruption volontaire de grossesse qui est adopté en décembre 1974 et promulgué le 17 janvier 1975.

En 1976 plusieurs membres de l'ANEA créent l'Association nationale pour l'étude de la stérilisation.

Références

Catégorie:Contrôle des naissances