Frank Horton Berryman, né le à Geelong (Victoria) et mort le à Rose Bay (Nouvelle-Galles du Sud), est un militaire australien. Officier de l'armée de terre australienne, il sert en tant que général pendant la Seconde Guerre mondiale. Fils d'un conducteur de locomotive, il entre à Duntroon en 1913. Sa promotion obtient son diplôme prématurément après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, et il sert sur le front occidental dans l'artillerie de campagne. Après la guerre, il passe près de vingt ans comme major.

Frank Berryman rejoint la Seconde force impériale australienne (AIF) le avec le grade de colonel, et devient officier d'état-major de 1er grade (GSO1) de la 6e division. Il est chargé de la préparation opérationnelle des attaques contre Bardia et Tobrouk. En , Frank Berryman est nommé Commander, Royal Artillery de la 7e division et est promu au grade de brigadier. Au cours de la campagne de Syrie et du Liban, il commande la . Il rentre en Australie en 1942, où il est nommé Major General, General Staff de la 1re armée. Plus tard dans l'année, il est nommé Deputy Chief of the General Staff sous les ordres du Commander in Chief, le général Sir Thomas Blamey, qui l'envoie à Port Moresby pour occuper simultanément le poste de chief of staff de la Force de Nouvelle-Guinée. Frank Berryman participe activement à la planification et à la conduite de la campagne de Salamaua-Lae et de celle de la péninsule de Huon. En , il devient commandant par intérim du 2e corps, qu'il dirige lors de la bataille de Sio. Dans la dernière phase de la guerre, il est le représentant de Blamey au quartier général du général de l'Armée Douglas MacArthur et le représentant de l'armée australienne lors de la capitulation japonaise dans la baie de Tokyo.

Après la guerre, Frank Berryman prend le commandement de lEastern Command. Il dirige la riposte militaire à la grève des mineurs australiens de 1949. Il espére devenir Chief of the General Staff, mais il est écarté car le Premier ministre Ben Chifley le considère comme un . Il prend sa retraite et devient directeur général de la tournée royale de la reine Élisabeth II en 1954. Il est directeur général de la Société royale d'agriculture de Nouvelle-Galles du Sud de 1954 à 1961.

Biographie Jeunesse et éducation Frank Horton Berryman naît à Geelong, dans l'État de Victoria, le . Quatrième d'une fratrie de six enfants, il est l'aîné des trois fils de William Lee Berryman, conducteur de locomotive pour les chemins de fer du Victoria, et de son épouse, Annie Jane, née Horton. William Berryman participe à la grève des chemins de fer du Victoria de 1903 et, lorsque celle-ci échoue, il est réintégré avec une baisse de salaire de 14 %, ne retrouvant son niveau de rémunération de 1903 qu'en 1916. Frank étudie à la , où il fait partie de l'unité des cadets de l'établissement et remporte le prix Rix pour l'excellence de sa scolarité. À la fin de ses études, il est embauché par les chemins de fer du Victoria en tant que dessinateur débutant.

En 1913, Frank Berryman entre au collège militaire royal de Duntroon, après s'être classé premier parmi les candidats au concours d'entrée. Sur les élèves de sa promotion, neuf périssent pendant la Première Guerre mondiale et six deviennent par la suite généraux : , Berryman, , , Edward Milford et Alan Vasey. Frank Berryman se hisse à la cinquième place du classement d'excellence avant que sa promotion ne soit diplômée prématurément, en , en raison du déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Première Guerre mondiale La classe de Frank Berryman n'achève pas sa formation militaire. Le major général William Throsby Bridges estime que le service au sein d'un régiment pourrait permettre de pallier cette lacune ; il affecte donc les élèves officiers de Duntroon à des postes d'officiers de régiment au sein de la Première Force impériale australienne (AIF), plutôt qu'à des fonctions d'état-major. Les Cadets ont le choix entre servir dans l'infanterie ou dans la cavalerie légère. L'un d'entre eux, Lawrence Wackett, fait savoir qu'il souhaite servir dans les services techniques. Lorsqu'on leur demande si ils préfèrent les services techniques, douze Cadets, dont Berryman, Beavis, Clowes, Vasey et Wackett, se portent volontaires. Frank Berryman est nommé lieutenant au sein des Forces militaires permanentes (PMF) le , puis à nouveau au sein de la Première AIF le . Il est affecté à la 4e brigade d'artillerie de campagne du lieutenant-colonel , relevant de l'artillerie de la 2e division, aux côtés de Vasey et Milford. Frank Berryman s'embarque pour l'Égypte avec la 4e brigade d'artillerie de campagne à bord du navire de transport Wiltshire, le . En Égypte, il prend brièvement le commandement de la 4th Brigade Ammunition Column avant que celle-ci ne soit intégrée à la 2nd Division Ammunition Column.

La 2e division se rend en France en . Frank Berryman est nommé capitaine par intérim le , grade qui devient définitif le . En , il est affecté à la 7e brigade d'infanterie en tant que capitaine d'état-major stagiaire. Au cours de la deuxième bataille de Bullecourt, il sert au quartier général de la 2e division. Il est nommé à la tête de la 18e batterie d'artillerie de campagne et est promu major par intérim le , avant d'être confirmé dans ce grade le . C'est le plus haut grade qu'il peut atteindre, car les diplômés de Duntroon ne peuvent pas être promus au-delà du grade de commandant au sein de l'AIF. Cette politique vise à leur faire acquérir une expérience variée, ce qui profiterait à l'armée, tout en évitant qu'ils ne soient plus nombreux que les postes disponibles après la guerre.

À la tête de la 18e batterie de campagne, Frank Berryman prend part à la bataille de Passchendaele. Pour son action en tant que commandant de batterie lors de cette bataille, il reçoit une mention dans les dépêches:

vignette|Le major Frank Berryman en 1918.|alt=Tête et épaules d'un jeune homme en uniforme, coiffé d'une casquette à visière.

En , il reçoit l'Ordre du Service distingué. Sa citation, signée par le major général Charles Rosenthal, est :

Frank Berryman est par la suite proposé pour recevoir une barrette à son Ordre du Service distingué pour les combats de , mais cette distinction est ensuite ramenée à une deuxième mention dans les dépêches. Il est blessé à l'œil droit en alors qu'il commande la 14e batterie d'artillerie de campagne. Bien que sa blessure soit suffisamment grave pour nécessiter une hospitalisation, sa vue ne subie aucune atteinte définitive. Cela marque toutefois la fin de sa carrière de commandant de batterie, l'armée ayant saisi cette occasion pour le muter à un poste d'état-major. Du au , il est brigade major de la 7e brigade d'infanterie. La guerre étant terminée, il rentre en Australie en .

Entre-deux-guerres Frank Berryman est affecté au Staff Corps le . Bien qu'il soit autorisé à conserver son grade de commandant de l'AIF à titre honorifique, son grade effectif — et son échelon salarial — restent ceux de lieutenant. Sa carrière progresse à un rythme extrêmement lent. Il est promu capitaine et major breveté le , mais n'obtient le grade effectif de major que le .

Frank Berryman fréquente l'Académie royale militaire de Woolwich de 1920 à 1923. À son retour en Australie, il devient officier chargé de l'inspection du matériel au sein du 2e district militaire. Depuis son quartier général situé à Victoria Barracks, à Sydney, le 2e district militaire assure l'administration de l'armée dans la majeure partie de la Nouvelle-Galles du Sud. Il s'inscrit à un cursus de Bachelor of Science à l'université de Sydney. Le , il épouse Muriel Whipp. Le couple a par la suite une fille et un fils.

Frank Berryman interrompt ses études universitaires pour se préparer à l'examen d'entrée au Staff College de Camberley. Dix-huit officiers de l'armée australienne se présentent à l'examen cette année-là, mais seuls Frank Berryman et un autre officier le réussissent. Seuls deux officiers australiens sont admis chaque année au Staff College ; la présence de Frank Berryman de 1926 à 1928 fait donc de lui l'un des talents montants de l'armée australienne. Cela lui permet également de nouer des contacts utiles avec l'armée britannique. Frank Berryman déclara plus tard : . Après avoir obtenu son diplôme, il est affecté au Haut-Commissariat d'Australie à Londres, de 1929 à 1932, où il sert sous les ordres de l'officier de liaison militaire, le Major General .

Après près de vingt ans passés au grade de major, Frank Berryman est promu lieutenant-colonel de brevet le . Sa promotion au grade effectif, qui lui confère à la fois la solde et le statut correspondant, a lieu le , date à laquelle il devient directeur adjoint des opérations militaires au quartier général de l'armée. De à , il occupe le poste de General Staff Officer Grade 1 (GSO1) de la 3e division. La lenteur des promotions des officiers de carrière pendant l'entre-deux-guerres alimente un sentiment d'injustice et de frustration chez les officiers ayant fait leurs preuves au combat, qui se retrouvent surpassés en grade par des officiers de la milice ayant bénéficié de promotions plus rapides.

Seconde Guerre mondiale Libye vignette|Officiers supérieurs de la 6e division. Au premier rang, de gauche à droite : le brigadier Arthur Allen, de la 16e brigade d'infanterie ; le Major General Iven Mackay ; le brigadier Horace Robertson, de la 19e brigade d'infanterie. Au deuxième rang, de gauche à droite : le colonel Frank Berryman, GSO1 ; le brigadier Stanley Savige, de la 17e brigade d'infanterie ; le colonel Alan Vasey, AA&QMG.|alt=Six officiers posent pour une photo de groupe officielle. Deux d'entre eux portent des chapeaux, les autres des casquettes à visière. Tous arborent plusieurs rubans.

La goutte d’eau qui fait déborder le vase pour de nombreux officiers de carrière est l’annonce par le Premier ministre Robert Menzies que tous les postes de commandement au sein de la Deuxième AIF seraient confiés à des officiers de la milice, ce que Frank Berryman considère comme .

Frank Berryman rejoint la Deuxième AIF le avec le grade de colonel, se voyant attribuer le numéro matricule AIF VX20308, et devient General Staff Officer Grade 1 (GSO1) de la 6e division du Major General Iven Mackay, succédant ainsi à Sydney Rowell, qui est promu chief of staff du 1er corps d'armée. Frank Berryman noue rapidement de bonnes relations de travail avec Mackay. Malgré les tensions entre les officiers de la milice et ceux de l’état-major, Frank Berryman choisit d’évaluer les officiers en fonction de leurs performances. Ainsi, même si il considère certains officiers de la milice, comme le brigadier Stanley Savige de la 17e brigade d’infanterie, avec dédain, il entretient de bonnes relations avec d’autres. Il existe également des rivalités personnelles et professionnelles avec d'autres officiers du Corps d'état-major, tels qu'Alan Vasey. Pourtant, même ceux qui n'apprécient pas Frank Berryman sur le plan personnel en raison de son manque de patience et de tact, et qui le surnomment , respectent ses compétences en tant qu'officier d'état-major.

Iven Mackay et Frank Berryman sont déterminés à ce que la bataille de Bardia ne soit pas une répétition du débarquement désastreux de la baie Anzac en 1915. Le talent de Frank Berryman pour le travail opérationnel se révèle alors . À partir de l'analyse de photographies aériennes, il choisit un point d'attaque où le terrain est le plus propice. Son plan prévoit la coordination de l'infanterie, des blindés et de l'artillerie. Bien qu'il se soit parfois montré secret et difficile à gérer, sa forte personnalité constitu, pendant la bataille, un contrepoids efficace à Iven Mackay, qui se montre parfois indécis. Plus tard dans le même mois, Frank Berryman organise la bataille de Tobrouk, qui connaît un succès tout aussi retentissant. En récompense de ses services au cours de cette campagne, il est fait Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (CBE).