L'affaire des viols « libertins », également appelée affaire des viols libertins de Gironde ou affaire Christophe B., est une affaire criminelle française révélée au grand public en 2025. Elle concerne des accusations de viols collectifs, de violences sexuelles, ainsi que de faits qualifiés par la justice de viols « avec torture ou acte de barbarie » commis dans un contexte présenté comme relevant du libertinage, principalement en Gironde.
L'information judiciaire est instruite à Bordeaux. Les enquêteurs soupçonnent Christophe B. d'avoir, durant plusieurs années, imposé à plusieurs de ses compagnes des rapports sexuels non consentis, filmés et diffusés, avec de nombreux hommes recrutés notamment par l'intermédiaire de plateformes et réseaux liés au milieu libertin. L'enquête, qualifiée de « tentaculaire » par les autorités judiciaires, repose sur un modus operandi d'emprise psychologique conjugale et le recrutement de dizaines d'hommes par le principal suspect pour abuser de ses compagnes successives. En juillet 2026, l'affaire compte 19 hommes mis en examen et 6 victimes recensées.
Contexte
Selon les éléments rendus publics par le parquet de Bordeaux et plusieurs médias, l'affaire trouve son origine dans les plaintes déposées par d'anciennes compagnes de Christophe B. Celui-ci, né en 1969, est un ancien ouvrier de maintenance et chasseur résidant dans le village de Reignac, en Gironde. Les plaignantes dénoncent des faits de violences sexuelles commis sur une longue période dans un contexte d'emprise psychologique présumée.
D'après l'enquête, une partie des faits se serait déroulée dans une propriété située au lieu-dit « L'Eau Morte », sur la commune de Reignac, en Gironde. Les scènes auraient parfois été filmées et conservées sur des supports numériques saisis au cours des investigations. Ces agressions étaient imposées à ses compagnes successives et se déroulaient au domicile principal du suspect, dans des clubs libertins de la région de Bordeaux, ainsi que dans l'espace public (en pleine nature) dans les départements de la Gironde, de l'Hérault et du Gard.
Enquête judiciaire L'affaire débute en 2023 lorsqu'une ancienne compagne de Christophe B. dépose plainte deux mois après leur séparation. Elle décrit une « stratégie d'emprise » totale s'étant étalée de 2020 à 2023, durant laquelle elle a subi de multiples viols collectifs mis en scène et filmés par son conjoint. L'enquête, confiée à la Gendarmerie nationale, prend une dimension criminelle majeure lors des perquisitions au domicile du suspect, où les enquêteurs découvrent des dizaines de supports vidéo. L'analyse de ces images montre, selon le procureur de la République de Bordeaux, une « absence caractérisée de consentement » des victimes, certaines enregistrant des hurlements de douleur.
L'exploitation des vidéos permet d'identifier successivement d'autres victimes (cinq autres anciennes compagnes de l'intéressé) ainsi qu'une cinquantaine d'auteurs ou complices potentiels. Cette plainte conduit à l'ouverture d'une enquête préliminaire, puis d'une information judiciaire confiée à plusieurs magistrats instructeurs du pôle criminel du tribunal judiciaire de Bordeaux.
Le 10 avril 2025, Christophe B. est mis en examen et placé en détention provisoire. Quatre hommes, âgés de 40 à 57 ans sont également mises en cause dans le dossier Deux juges d'instruction bordelais dirigent les investigations de l'information judiciaire.
En juillet 2026, Le Monde révèle que dix-neuf hommes sont mis en examen pour des faits qualifiés de « viols avec torture ou acte de barbarie », une qualification criminelle particulièrement rare dans la jurisprudence française, des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.
Accusations Les investigations portent sur des faits qui auraient été commis entre 2003 et 2024 selon la période retenue par la procédure. Les victimes identifiées sont six anciennes compagnes de Christophe B., dont plusieurs se sont constituées parties civiles. Selon les éléments communiqués par les enquêteurs, des dizaines d'hommes auraient participé à des rapports sexuels imposés aux victimes. Plusieurs faits auraient été organisés par l'intermédiaire de sites spécialisés dans les rencontres libertines. 19 hommes sont mis en examen.
Réactions et couverture médiatique L'affaire est comparée par plusieurs médias à d'autres grands dossiers français de violences sexuelles en raison du nombre de personnes mises en examen, de l'existence alléguée d'un système organisé et de l'ampleur des faits reprochés. L'affaire suscite également un débat public sur la notion de consentement sexuel, les mécanismes d'emprise psychologique et la distinction entre pratiques libertines consenties et violences sexuelles.
Voir aussi Affaire Mazan Viol collectif Viol en droit français Violence sexuelle Consentement sexuel Violence conjugale Viol conjugal Viol en France Culture du viol Mouvement #MeToo en France
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Notes et références
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