Jean-Claude Gallet, né le à La Roche-sur-Yon (Vendée), est un général français, commandant de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris du 1 septembre 2017 au 29 novembre 2019.

Il dirige notamment les opérations de secours lors de l'incendie de Notre-Dame de Paris dans la nuit du 15 au 16 avril 2019. Il est coauteur, avec le journaliste Romain Gubert, de l'essai Éloge du courage (Grasset, 2020).

Le 1 juillet, il est devient directeur de l'École de guerre économique, prenant la succession de Christian Harbulot.

Biographie

Formation Il intègre en 1985 l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, au sein de la promotion « Cadets de la France libre » (1985-1988), puis l'école du Génie à Angers en 1988.. Il obtient par la suite un DEA de stratégie à l'École pratique des hautes études, et suit les stages « Management Disaster » au Home Front Command (Commandement du front intérieur) en Israël, ainsi que « Leadership Under Pressure » à la Harvard Kennedy School..

Carrière militaire

Premiers postes à la BSPP et renseignement extérieur (1989-2013) À sa sortie d'école en 1989, il choisit de servir à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, où il occupe jusqu'en 1996 les fonctions de chef de garde incendie, de capitaine adjoint puis de commandant d'unité, à la 10 puis à la 7 compagnie d'incendie et de secours. Il est promu capitaine à partir du . Il intègre ensuite les services de renseignement extérieurs en 1996, notamment la DGSE.. En 1999, il suit le cours supérieur d'état-major puis le collège interarmées de défense.

De 2002 à 2005, il occupe le poste de premier secrétaire à l'ambassade de France en Afrique orientale, chargé du suivi des crises régionales (République démocratique du Congo, notamment l'opération Artémis, Burundi, Soudan). Il est promu commandant à partir du , lieutenant-colonel à partir du , puis colonel à partir du , date à laquelle il retrouve la BSPP comme adjoint au bureau études pilotage, avant d'en prendre la direction l'année suivante. Il exerce ensuite les fonctions de chef de corps au 1 groupement d'incendie et de secours, avant d'effectuer un séjour de deux ans en Afghanistan. De 2013 à 2015, il commande le service de géopolitique du ministère des Armées.

Il revient ensuite à la BSPP comme commandant en second et se trouve en première ligne lors des attentats du 13 novembre 2015.

Commandement de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (2017-2019) Nommé général de brigade par décret du , avec rang au , il prend le commandement de la BSPP le , succédant au général Philippe Boutinaud, et devient, selon certaines sources, le 15 commandant de la Brigade. Il est promu général de division par décret du , avec rang au . vignette|187x187px|Feu dans la charpente de Notre Dame Dans la nuit du 15 au 16 avril 2019, il dirige les opérations de secours lors de l'incendie de Notre-Dame de Paris. À l'arrivée des secours, plus de trente minutes après le début du sinistre, les trois quarts de la charpente sont déjà embrasés. Face à un édifice qu'il juge alors condamné à s'effondrer selon les précédents historiques comparables (cathédrale de Nantes en 1972, château de Lunéville, cathédrale de Reims en 1918), il choisit de concentrer l'effort sur l'évacuation des dix pièces majeures du Trésor plutôt que sur la charpente elle-même, en limitant volontairement la puissance des moyens hydrauliques engagés pour ne pas briser les vitraux ni aggraver, par le poids de l'eau, le risque d'effondrement du plafond. Une cinquantaine de sapeurs-pompiers combattent alors le feu au corps à corps à l'intérieur de l'édifice.

L'effondrement de la flèche, qui perce le plafond et provoque celui de la croisée du transept, marque selon lui le moment le plus critique de l'intervention : le personnel présent à l'intérieur se retrouve un temps piégé par la surpression consécutive, avant d'être extrait. Un robot est engagé pour repousser les flammes vers la percée de la flèche et préserver l'orgue, permettant de sauver l'essentiel des œuvres, dont la Vierge à l'Enfant et la Pietà. Les flammes gagnent ensuite le beffroi nord et menacent un temps les poutres soutenant les bourdons, avant que la situation ne soit maîtrisée sans qu'aucune vie ne soit perdue. Bien qu'inconnu du grand public avant cette nuit-là, il devient dans les heures qui suivent une figure associée au sauvetage de la cathédrale, rôle collectif qu'il attribue à l'ensemble de ses hommes plutôt qu'à sa seule action.

Il quitte le commandement de la BSPP le ., cédant sa place au général Jean-Marie Gontier.

Carrière civil (depuis 2019) Au printemps 2020, il est sollicité pour aider à coordonner la lutte contre l'épidémie de Covid-19.

En octobre 2020, il publie, avec le journaliste Romain Gubert (Le Point), l'essai Éloge du courage aux éditions Grasset. L'ouvrage, construit à la fois comme un traité, un récit et un carnet de bord, revient sur son expérience du courage à travers plusieurs épisodes de sa carrière : l'incendie de Notre-Dame, mais aussi l'explosion de la rue de Trévise en janvier 2019, l'incendie d'immeuble de la rue Erlanger en février de la même année, ou encore les attentats de 2015. Il y développe l'idée que le courage n'est pas réservé à une élite mais constitue un don que chacun porte en soi, une énergie qui permet de reprendre l'ascendant sur la peur individuelle lorsqu'elle est mise au service d'une cause qui dépasse l'intérêt propre.

Après son départ de la BSPP, il intervient régulièrement comme conférencier et donne plusieurs entretiens sur le thème du courage, de l'engagement et de la gestion de crise, notamment dans la Revue d'éthique et de théologie morale et la revue L'ENA hors les murs en 2021. Il participe également en 2023 à un séminaire de l'École de Paris du management et cosigne la même année un chapitre dans Le Journal de l'École de Paris du management. Il est également parrain de la promotion 2023-2024 de l'Institut catholique de Vendée (ICES).

Il rejoint ensuite le secteur privé comme directeur corporate de l'anticipation, de la prévention et de la protection du groupe Michelin. Dans ce cadre, il intervient en 2025 à l'événement BIG de Bpifrance pour livrer une analyse géopolitique de la rivalité entre États-Unis, Chine et Inde, décrivant notamment l'extraterritorialité du droit américain comme une arme de guerre économique, à l'appui de l'exemple de la condamnation de BNP Paribas.

Pressenti dès février 2026 pour prendre la tête de l'École de guerre économique (EGE), il en devient officiellement le directeur au cours de l'été 2026, en remplacement de Christian Harbulot, qui avait fondé et dirigé l'établissement depuis sa création en 1997. L'EGE, référence française en intelligence économique, appartient au groupe espagnol Planeta et diplôme chaque année environ 450 étudiants sur ses campus de Paris et de Rabat.

Distinctions et honneurs , par décret du , par décret du , à compter du , nommé le (21 ans de service) , par décret du , attribuée le , arrêté n°2019-00538 du 17 juin 2019 du préfet de police de Parishttps://www.api-site.paris.fr/paris/public/2019%2F5%2F2019_06_21_BOVP_049.pdf Plusieurs autres médailles pour actes de courage

Publication

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Brigade de sapeurs-pompiers de Paris Incendie de Notre-Dame de Paris Jean-Marie Gontier

Catégorie:Naissance en novembre 1964 Catégorie:Naissance à La Roche-sur-Yon Catégorie:Général français du XXIe siècle Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr Catégorie:Brigade de sapeurs-pompiers de Paris Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur