La famille Surlet est une ancienne famille patricienne et noble de la Principauté de Liège, particulièrement importante dans l'histoire politique et sociale de la cité de Liège. Plusieurs de ses membres exercèrent des fonctions d'échevins, de bourgmestres de la cité, tandis que d'autres furent chanoines de la cathédrale Saint-Lambert ou occupèrent des charges ecclésiastiques et administratives dans la principauté.
Le lignage est notamment associé à la seigneurie de Chokier, dont une branche prit le nom à partir du et donna naissance à la famille connue sous les noms de de Chokier, de Chokier de Surlet ou Surlet de Chokier. Cette dernière branche fut anoblie dans le Saint-Empire romain germanique au et fut ensuite intégrée à la noblesse belge. Elle donna notamment Érasme-Louis Surlet de Chokier, premier régent du royaume de Belgique en 1831.
Origines Les origines les plus anciennes de la famille Surlet sont traditionnellement rattachées à un certain Louis Surlet, présenté par la tradition généalogique comme un important bourgeois et échevin de Liège à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. Selon le récit généalogique transmis notamment par Jacques de Hemricourt, ce Louis Surlet aurait épousé Marguerite de Hozémont, issue de la famille des seigneurs de Hozémont, et aurait adopté les armes de cette famille.
Cette tradition doit toutefois être considérée avec prudence. Les travaux consacrés aux sceaux et aux chartes des premiers membres connus du lignage montrent que les armoiries attribuées rétrospectivement aux Surlet n'ont pas été portées uniformément par les premières générations. Les plus anciens sceaux connus de membres du lignage ne présentent d'ailleurs pas encore le sautoir de gueules sur champ d'or qui deviendra par la suite caractéristique de la famille. Les armes associées aux Hozémont semblent avoir été adoptées progressivement par certaines branches du lignage au cours du Moyen Âge.
La généalogie traditionnelle identifie parmi les premiers membres du lignage Gilles Surlet dit le Beir, échevin de Liège de 1257 à 1284. Sa présence est attestée par de nombreux actes conservés dans les cartulaires d'établissements religieux de la région liégeoise. Jacques de Hemricourt le présente comme le fils de Louis Surlet, lui-même échevin et considéré par le chroniqueur comme l'un des bourgeois les plus puissants de la cité. Cette filiation est considérée comme concordant avec les documents connus par les travaux consacrés aux anciens échevins de Liège.
Les Surlet dans la cité de Liège Au cours des XIIIe et XIVe siècles, les Surlet comptent parmi les familles qui occupent une place prépondérante dans la vie politique de Liège. Leur influence s'inscrit dans le système des lignages patriciens qui monopolisent alors une grande partie des principales fonctions municipales.
Gilles Surlet dit le Beir est attesté comme échevin de Liège de Liège de 1257 à sa mort en 1284. Son fils Louis Surlet siége à son tour comme échevin de 1275 à 1299. Un autre de ses fils, Jean Surlet, est mayeur de la cité et meurt en 1312 au cours des troubles politiques qui opposaient les lignages patriciens aux métiers de Liège.
Au fil des générations, les Surlet fournissent ainsi plusieurs échevins et responsables de la cité. Ils sont également représentés au sein du chapitre de la cathédrale Saint-Lambert de Liège et d'autres institutions ecclésiastiques.
La famille figure parmi les lignages patriciens qui dominent la vie politique et économique de Liège au . Dans son étude consacrée aux luttes sociales à Liège aux XIIIe et XIVe siècles, Fernand Vercauteren cite les Surlet parmi les grandes familles qui constituaient alors l'élite politique de la cité.
La seigneurie de Chokier La seigneurie de Chokier, située sur la rive gauche de la Meuse entre Liège et Huy, appartient initialement à la famille des Rulant de Hozémont. Elle passa au dans les mains d'un membre de la famille Surlet.
Jean Surlet, mort en 1347, est présenté dans la tradition généalogique comme le premier membre de la famille à avoir possédé la seigneurie de Chokier. À partir de cette période, certains descendants prennent le nom de leur seigneurie et sont désignés sous le nom de « Surlet de Chokier » ou « de Chokier ».
La seigneurie reste liée à la famille jusqu'à la fin du ou au début du . Catherine Surlet, présentée comme la dernière héritière Surlet de Chokier de la seigneurie, épouse Everard de Floyon dit Berlaymont. Par la suite, le château passa à d'autres familles nobles.
Les armes Les armes traditionnellement attribuées à la famille Surlet sont d'or au sautoir de gueules. Elles sont parfois accompagnées d'un cimier représentant Moïse, revêtu d'une robe d'or et portant sur la poitrine une croix de gueules.
Une attestation délivrée le 2 octobre 1620 par les bourgmestres de la cité de Liège affirme que les « nobles armoiries et blasons » de la maison de Surlet étaient depuis des temps immémoriaux « la croix de Bourgogne ou sautoir de gueules en champ d'or », avec pour cimier Moïse revêtu de la même croix.
Cette attestation doit toutefois être replacée dans son contexte. Les études héraldiques montrent que les premiers membres connus de la famille ne portaient pas encore ces armes. Les sceaux de Gilles Surlet dit le Beir et de son cousin Louis Navea, au , ne présentent pas les armes qui seront plus tard considérées comme celles du lignage. Les armoiries au sautoir de gueules semblent avoir été progressivement adoptées par certaines branches de la famille et associées à l'ascendance revendiquée des Hozémont.
L'attestation de 1620 est néanmoins utilisée dans les démarches de reconnaissance nobiliaire de la branche moderne des de Chokier. Elle sert notamment de fondement à un diplôme délivré à Ratisbonne le par l'empereur Ferdinand II du Saint-Empire, qui accorda à Raes de Chokier, désigné dans le diplôme sous le nom d'Érasme de Chokier de Surlet, la noblesse du Saint-Empire et le titre de chevalier doré.
Les de Chokier et Surlet de Chokier À partir du , une branche issue des anciens seigneurs de Chokier porte principalement le nom de «de Chokier», tout en conservant la référence au lignage Surlet. Les formes «de Chokier de Surlet» et «Surlet de Chokier» sont utilisées selon les périodes et les membres de la famille.
L'affirmation d'une descendance directe et continue entre cette branche et les anciens seigneurs Surlet de Chokier a toutefois fait l'objet de discussions généalogiques. Le dossier consacré à l'origine des Surlet de Chokier modernes relève notamment l'absence de raccord documentaire suffisamment établi entre certains membres du lignage médiéval et la famille de Chokier du .
La famille moderne s'est néanmoins imposée dans la société liégeoise à partir du et surtout du . Elle fournit plusieurs ecclésiastiques, juristes et hommes de lettres, parmi lesquels Jean de Chokier de Surlet, canoniste et écrivain de la principauté de Liège, disciple de Juste Lipse et vicaire général du prince-évêque Ferdinand de Bavière
Reconnaissance nobiliaire La branche moderne des de Chokier obtient plusieurs reconnaissances nobiliaires au .
En 1630, Raes de Chokier, également désigné dans le diplôme comme Érasme de Chokier de Surlet, reçoit de l'empereur Ferdinand II un diplôme de noblesse du Saint-Empire et le titre de chevalier doré. Cette reconnaissance reposait notamment sur l'attestation héraldique délivrée par les bourgmestres de Liège en 1620.
Des lettres patentes de l'empereur Léopold Ier, datées du 1er mars 1668, conférèrent ensuite le titre de baron de Surlet à plusieurs membres de la famille de Chokier, parmi lesquels Jean-Ernest, Jacques-Ignace, Érasme et Gilles de Chokier, fils d'Érasme.
La famille appartient ainsi à la noblesse du Saint-Empire romain germanique, puis, après la création du royaume de Belgique, à la noblesse belge.
Personnalités Gilles Surlet dit le Beir († 1284), échevin de Liège de 1257 à 1284. Louis Surlet, échevin de Liège de 1275 à 1299. Jean de Chokier de Surlet (1571-1656), ecclésiastique, canoniste et écrivain de la principauté de Liège. Jean-Ernest de Chokier, baron de Surlet, chanoine de la cathédrale Saint-Lambert et grand vicaire du diocèse de Liège. Érasme-Louis Surlet de Chokier (1769-1839), président du Congrès national et premier régent du royaume de Belgique.
Arbre généalogique
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Érasme-Louis Surlet de Chokier Jean de Chokier de Surlet Chokier Château de Chokier Noblesse belge
Liens externes
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