Anthocleista djalonensis, parfois appelé arbre chou, est une espèce de plantes à fleurs dicotylédones de la famille des Gentianaceae. Ce sont des arbres pouvant atteindre environ de hauteur, naturellement présents de l’Afrique de l'Ouest au sud du Tchad. Ils croissent principalement dans les savanes, les brousses et les fourrés de régions tropicales à saison sèche..
Les racines, l'écorce et les feuilles sont employées dans différentes pharmacopées traditionnelles ouest-africaines. Plusieurs constituants chimiques et activités biologiques ont été étudiés, mais les résultats disponibles proviennent essentiellement d’expériences in vitro ou sur des modèles animaux et ne permettent pas d’établir une efficacité thérapeutique chez l’être humain...
Dénominations Le nom anglais cabbage tree, littéralement « arbre chou », est recensé par PROTA. Le nom français « arbre chou » est notamment employé dans la littérature ethnobotanique de Côte d'Ivoire.. Ces appellations ne sont toutefois pas propres à l’espèce et peuvent également désigner d’autres représentants ouest-africains du genre Anthocleista.
Description Appareil végétatif Anthocleista djalonensis est un arbre atteignant généralement 8 à de hauteur. Son tronc, dépourvu de contreforts, mesure de 15 à de diamètre.. Les jeunes rameaux portent parfois, au-dessus des aisselles foliaires, deux excroissances dressées ressemblant à des épines ou de petits coussinets.
Les feuilles sont opposées, simples et à marge entière. Le pétiole mesure de 1 à et présente une base auriculée. Le limbe, de forme oblongue-elliptique à obovale-elliptique, mesure habituellement de 9 à de longueur sur 5 à de largeur. Chez les jeunes individus, il peut exceptionnellement atteindre de longueur sur de largeur. Sa base est cordée, arrondie ou cunéiforme et son sommet généralement arrondi.
Le limbe est coriace, environ 1,5 à 3,5 fois plus long que large, avec une nervation assez distincte et une marge non réfléchie.
Appareil reproducteur L’inflorescence est une cyme terminale dressée, à ramifications dichasiales, longue de 15 à et portant de nombreuses fleurs. Son pédoncule et ses ramifications sont blanchâtres ou vert pâle, ponctués de vert plus foncé et épaissis au niveau des nœuds.
Les fleurs sont bisexuées et à symétrie radiale. Le calice comprend quatre sépales libres et orbiculaires, longs de 6 à . La corolle, blanche ou crème, possède un tube cylindrique de 20 à de longueur et de 11 à 14 lobes oblongs-lancéolés, étalés et longs de 10 à .
Les étamines, en nombre égal à celui des lobes de la corolle et alternant avec eux, sont exsertes. Leurs filets sont soudés en anneau et leurs anthères sont crème ou jaune pâle. L’ovaire, supère et divisé en quatre loges, est obovoïde et mesure de 6 à de longueur sur 3 à de largeur. Le stigmate est obovoïde-cylindrique et bilobé à son sommet.
Le fruit est une baie ellipsoïde, vert foncé et à paroi épaisse, mesurant de 3,5 à de longueur sur 2 à de largeur. Elle contient de nombreuses graines brunes, obliquement ovoïdes, longues d’environ .
Le nombre chromosomique rapporté pour l’espèce est 2n = 60.
Répartition et habitat Selon Plants of the World Online, l’aire de répartition naturelle d’Anthocleista djalonensis s’étend de l’Afrique tropicale occidentale au sud du Tchad. L’espèce est signalée au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en République centrafricaine, au Tchad, en Côte d'Ivoire, au Ghana, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Liberia, au Nigeria, au Sénégal, en Sierra Leone et au Togo.
Des récoltes botaniques historiques sont également documentées au Mali, notamment dans les zones soudaniennes, ainsi que dans le Fouta-Djalon en Guinée..
L’espèce pousse dans des stations relativement sèches, en savane, en brousse ou dans les fourrés, depuis le niveau de la mer jusqu’à environ d’altitude. Elle est principalement associée au biome tropical à saison sèche.
Phénologie Au Ghana, la floraison est observée en avril et en mai. Au Nigeria, elle se produit principalement de mars à mai, tandis que les fruits sont signalés en octobre et en novembre. Des spécimens en fleurs ou en fruits ont également été récoltés en mars en Guinée et en juillet en Sierra Leone.
Taxonomie et nomenclature Publication et synonymie Le nom Anthocleista djalonensis est publié par le botaniste français Auguste Chevalier en 1908 dans les Mémoires de la Société botanique de France, volume 8, page 47..
Le nom Anthocleista kerstingii Gilg ex Volkens, publié en 1909, est considéré comme un synonyme hétérotypique d’Anthocleista djalonensis.. Il repose sur des récoltes effectuées au Togo par le botaniste allemand Otto Kersting. Un isotype conservé aux Jardins botaniques royaux de Kew a ensuite été déterminé comme appartenant à A. djalonensis par le botaniste Anton Leeuwenberg.
Cette synonymie est notamment retenue dans la révision du genre publiée par Leeuwenberg en 1961..
Position systématique Le genre Anthocleista a longtemps été classé dans la famille des Loganiaceae, classement encore visible dans certaines flores historiques et dans les données nomenclaturales originales de l’IPNI.
Les classifications phylogénétiques modernes placent cependant le genre dans la famille des Gentianaceae, au sein de l’ordre des Gentianales. Cette position est retenue par Plants of the World Online et par les synthèses taxonomiques contemporaines.
Usages traditionnels Les emplois rapportés pour Anthocleista djalonensis relèvent de pratiques ethnobotaniques et de médecines traditionnelles. Ils ne constituent pas, en eux-mêmes, des preuves d’efficacité ou de sécurité clinique.
Les racines sont traditionnellement employées comme purgatif et diurétique, notamment contre la constipation. Des préparations à base de racines sont également signalées pour réguler les menstruations, comme abortif, contre certaines affections intestinales, des inflammations, le paludisme ou diverses maladies de la peau. Au Nigeria, des préparations de racines sont employées dans le traitement traditionnel d’infections cutanées et de certaines parasitoses. En Sierra Leone, des feuilles mortes sont utilisées contre la jaunisse. En Guinée-Bissau, l’écorce intervient dans des soins traditionnels associés aux fractures, tandis qu’en Côte d’Ivoire des extraits d’écorce de rameaux sont employés localement en collyre.
L’espèce est aussi citée dans plusieurs enquêtes ethnobotaniques portant sur le traitement traditionnel du diabète. Au Togo, elle figure parmi les plantes recensées auprès de tradipraticiens de la région Maritime.. Dans le département de Zouénoula, en Côte d’Ivoire, elle compte parmi les espèces antidiabétiques les plus fréquemment recommandées par les personnes interrogées.
Constituants chimiques et recherches pharmacologiques Constituants identifiés Plusieurs classes de métabolites secondaires ont été mises en évidence dans différents organes de la plante. L’écorce contient notamment la brucine, un alcaloïde apparenté à la strychnine, ainsi que le loganoside ou loganine. L’écorce des racines renferme de l’irlbacholine, tandis que l’écorce de la tige contient le phtalide djalonensine.
Des travaux phytochimiques ont également permis d’isoler le djalonénol, un monoterpène-diol, le glucoside iridoïde djalonénoside, identifié au swéroside, ainsi que la dibenzo-α-pyrone djalonensone.. Des phtalides et des xanthones avaient déjà été caractérisés chez cette espèce en 1976..
Les revues consacrées au genre recensent par ailleurs des triterpènes, des phytostérols, des flavonoïdes, des sécoiridoïdes et différents alcaloïdes dans les feuilles, les racines ou l’écorce d’A. djalonensis.
Données pharmacologiques Des extraits de racines ont montré, en laboratoire, une activité contre certaines souches de Staphylococcus aureus et d’Escherichia coli. L’irlbacholine a également présenté une activité antifongique in vitro contre plusieurs champignons, dont Candida albicans, Cryptococcus neoformans, Aspergillus fumigatus et Trichophyton rubrum.
D’autres études expérimentales font état d’activités antispasmodiques, myorelaxantes, hypoglycémiantes, antiplasmodiales, antioxydantes, analgésiques ou anti-inflammatoires. Ces résultats ont toutefois été obtenus sur des extraits de compositions variables, des cultures cellulaires ou des modèles animaux.
Statut de conservation L’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) classe Anthocleista djalonensis dans la catégorie « préoccupation mineure ». L’évaluation, publiée en 2019, a été réalisée par le Global Tree Specialist Group de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN et par Botanic Gardens Conservation International..
Malgré ce statut global, PROTA signale des pressions locales liées à la récolte des racines et de l’écorce pour la médecine traditionnelle. L’espèce serait notamment affectée par des prélèvements incontrôlés au Mali et au Burkina Faso. Elle est par ailleurs considérée comme rare au Cameroun, où des habitats comparables sont plus souvent occupés par Anthocleista schweinfurthii.
La multiplication de l’espèce et la limitation des prélèvements destructifs sont recommandées dans les régions où ses populations sont rares ou fortement exploitées.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Anthocleista Gentianaceae Médecine traditionnelle africaine Plante médicinale
Liens externes
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