L'île d'Aval (ou Enez-Aval en breton) est une île de Bretagne de la côte de granit rose, située à l'est de l'Île-Grande sur la commune de Pleumeur-Bodou, dans le canton de Perros-Guirec, dans le Trégor, en Côtes d’Armor.

Histoire Le charme de l’île d’Aval, avec ses bois et son fin sable blanc, séduit aussi bien ceux qui l’observent depuis le continent ou la contournent en bateau, que ceux qui en font le tour à pied ou à cheval à marée basse. Une croix celtique, des puits, des fontaines, des murets d’enclos… autant de vestiges qui témoignent de son histoire. Réputée pour ses gisements naturels de granit rose, l’île a accueilli au un monastère dédié à saint Marc, puis a été habitée par des carriers et des agriculteurs, jusqu’à une fin brutale en 1942, lorsque les nazis expulsèrent ces derniers et firent sauter leurs habitations.

Dans les années 1950, l'île appartenait à la famille Varine, propriétaire du château de Kerduel, situé à proximité. En 1960, elle est vendue à Jacques Moisan, qui s'y installe alors avec toute sa famille, quittant Versailles pour l'occasion. Pendant une longue période, ils y vivent sous des tentes, tout en l'aménageant et en la débarrassant des ronces, des fougères et des ajoncs qui l'envahissaient. Finalement, la famille parvint à restaurer la seule longère présente sur l'île où elle plante par ailleurs 1 500 pins.

En 2020, l'île est acquise pour 2,5 millions d'euros par Jean-Marie Tassy-Simeoni, fondateur de l'agence de publicité Uzik et cofondateur du festival Calvi on the Rocks, en Corse. Le nouveau propriétaire rénove et transforme la longère en une maison d'hôtes de luxe.

Légende Aujourd'hui, l'île est surtout célèbre pour la tombe du roi Arthur, située au pied d'un grand menhir, ainsi que pour les nombreuses légendes entourant Morgane, la fée reine d'Avalon. Selon la légende, le roi Arthur fut mortellement blessé après la bataille de Camlann. Alors qu'il agonise, Bédivère, le seul survivant, restitue Excalibur à la Dame du Lac, tandis que Morgane et Nimue emmènent Arthur à Avalon.

Archéologie Dans une lettre, l'explorateur de la fin du , le lieutenant René Robert, relate sa découverte de l'île d'Aval alors qu'il se trouve près de Lannion. En 1878, le père de Félix Le Dantec affirme (devant la Société d'anthropologie de Paris) avoir mis au jour les restes du mythique roi Arthur au pied d'un menhir, dans le cimetière mérovingien situé derrière un monastère. Lorsque René Robert arrive sur les lieux, des pilleurs en quête de trésors avaient déjà dispersé la trentaine de squelettes humains ainsi que tous les objets associés, rendant leur étude pour le moins ardue. Qui plus est, les autorités religieuses revendiquèrent la propriété de tout ce qui subsistait, empêchant René Robert d'envoyer le moindre élément en laboratoire pour des analyses approfondies.

Néanmoins, René Robert parvient à se procurer un crâne féminin provenant d'un site voisin et réalise un croquis d'une hache en pierre serpentine que le prêtre de la localité lui a montrée. Après examen, il est établi que le crâne et l'arme datent tous deux du Néolithique ancien. Des témoignages de l'époque, notamment celui du père de Félix Le Dantec, ont confirmé la découverte d'une trentaine de squelettes humains accompagnés d'autant de squelettes de chevaux. Certains affirmaient que les restes humains étaient disposés en cercle autour du menhir, tandis que d'autres soutiennent qu'ils étaient alignés en deux colonnes devant celui-ci.

À l’époque, les archéologues ne disposent pas des mêmes outils qu’aujourd’hui. Ce qui a initialement amené René Robert à penser que le site datait du Néolithique, c’est principalement la forme dolichocéphale du crâne qu’il a envoyé pour analyse. Toutefois, il sera établi par la suite que cette morphologie indique que le crâne appartient à un individu d’ascendance nordique. L’examen approfondi des fers à cheval semble également confirmer l’hypothèse nordique, situant le décès de ces personnes entre le VI et le . Les ossements ont depuis été transférés au cimetière de l’Île-Grande.

Parmi les théories autres que celle liée à la légende arthurienne, on trouve : des victimes d’un naufrage survenu au , à l’époque du Prince Noir (probablement des chevaliers anglais) ; des victimes d’une bataille du , à l’époque d’Alain Barbetorte (probablement des Vikings normands).

Références

Articles connexes Côte de granit rose

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