Nestor Sokpon, né en et mort le à Cotonou, est un ingénieur agronome, écologue forestier et universitaire béninois.. Professeur titulaire des universités du Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (CAMES), il enseigne successivement à l'Université nationale du Bénin, devenue l'université d'Abomey-Calavi, puis à l'université de Parakou où il exerce notamment les fonctions de doyen de la faculté d'agronomie, de vice-recteur chargé de la recherche universitaire et de directeur du Laboratoire d'études et de recherches forestières.
Ses recherches portent principalement sur l'écologie, la dynamique et la régénération des forêts tropicales, la sylviculture des essences forestières indigènes, la conservation des ressources génétiques forestières et la gestion durable des écosystèmes forestiers d'Afrique de l'Ouest..
Biographie
Formation universitaire
Nestor Sokpon suit des études en sciences agronomiques à l'Université nationale du Bénin. Il y obtient un diplôme d'ingénieur agronome en 1985. Il poursuit parallèlement une formation en droit et obtient en 1990 un diplôme universitaire d'études juridiques générales. Il complète ensuite sa formation à l'université libre de Bruxelles, au sein du laboratoire de botanique, de systématique et de phytosociologie. Sous la direction du botaniste Jean Lejoly, il soutient en 1995 une thèse de doctorat intitulée Recherches écologiques sur la forêt dense semi-décidue de Pobè au sud-est du Bénin : groupements végétaux, structure, régénération naturelle et chute de litière analysant notamment la composition floristique, la structure et les mécanismes de régénération de la forêt de Pobè..
Débuts professionnels
Entre 1985 et 1986, Nestor Sokpon travaille au Centre d'action régional pour le développement rural de l'Ouémé. Il occupe successivement les fonctions de chef de sous-secteur agricole à Pobè et de responsable d'une pépinière à Sakété.
À partir de 1986, il devient enseignant-chercheur à la faculté des sciences agronomiques de l'Université nationale du Bénin. Il y enseigne notamment l'écologie et les sciences forestières avant de rejoindre l'université de Parakou en 2001..
Carrière universitaire
Nestor Sokpon participe au développement de la faculté d'agronomie de l'université de Parakou, dont il devient le premier doyen après la transformation de l'École supérieure d'agronomie. Il fonde et dirige le Laboratoire d'études et de recherches forestières, créé en 2003 et présenté comme le premier laboratoire de recherche de la faculté d'agronomie.. Ce laboratoire conduit des recherches sur la gestion durable des ressources naturelles et contribue à la formation de chercheurs en sciences forestières.
Nestor Sokpon exerce également les fonctions de vice-recteur chargé de la recherche universitaire et de premier directeur de l'École doctorale pluridisciplinaire de l'université de Parakou. Cette structure précède l'École doctorale des sciences agronomiques et de l'eau. Il est élevé au grade de professeur titulaire des universités du CAMES en juillet 2007.
En décembre 2011, il conduit une liste candidate aux élections rectorales de l'université de Parakou. Seule liste en compétition, celle-ci recueille 63 voix favorables sur 126 votants, un résultat inférieur à la majorité des deux tiers exigée pour être élue..
Activités éditoriales et formation
En 2010, Nestor Sokpon participe à la création des Annales de l'Université de Parakou. Il devient le premier directeur de publication de la série « Sciences naturelles et agronomie », fonction qu'il exerce jusqu'à sa mort en février 2015. Sous sa direction, les trois premiers volumes de la série réunissent vingt-et-un articles rédigés par des chercheurs appartenant à plusieurs institutions et nationalités. Selon l'hommage publié par ses collègues de l'université de Parakou, il participe, au cours de sa carrière, à la formation de plus de quatre-vingts ingénieurs, étudiants de master, titulaires de diplômes d'études approfondies et doctorants en sciences forestières.
Travaux de recherche
Écologie et aménagement forestiers
Les travaux de Nestor Sokpon sont consacrés à la connaissance et à la gestion des écosystèmes forestiers tropicaux. Ils abordent notamment la diversité floristique, la structure des peuplements ligneux, la productivité forestière, la régénération naturelle et les effets des activités humaines sur les forêts. Sa thèse de doctorat constitue l'une des premières études approfondies de la forêt dense semi-décidue de Pobè. Elle porte sur les groupements végétaux de cette forêt, leur structure, la chute de litière et les mécanismes de régénération naturelle. Dans les forêts claires du nord du Bénin, il étudie avec Samadori Honoré Biaou, Christine Ouinsavi et Ousman Hunhyet les paramètres nécessaires à l'aménagement durable des peuplements. Leurs travaux portent notamment sur la durée des rotations, le diamètre minimal d'exploitabilité et la régénération des principales essences forestières. En 2006, il collabore avec l'écologue forestier togolais Kouami Kokou à l'étude des forêts sacrées du Bénin et du Togo débouchant sur la publication une synthèse consacrée aux forêts sacrées du couloir du Dahomey, dans laquelle ils proposent une typologie de ces espaces et mettent en évidence leur rôle dans la conservation de la biodiversité forestière en Afrique de l'Ouest.
Sylviculture des essences indigènes
Une partie de ses recherches porte sur la sylviculture, les usages et la conservation des essences forestières indigènes d'Afrique de l'Ouest. Avec Christine Ouinsavi, il étudie les plantations de Khaya senegalensis au Bénin. Leur travail analyse l'état des plantations, les usages du bois et les difficultés liées à la régénération et à la gestion de cette espèce. Il participe également à plusieurs travaux consacrés à l'iroko, Milicia excelsa. Ces recherches concernent notamment les pratiques traditionnelles de conservation de l'espèce, la contribution des systèmes agroforestiers à la préservation de ses ressources génétiques et la structure génétique de ses populations au Bénin.
Forêts sacrées
Nestor Sokpon contribue à l'étude des forêts sacrées du Bénin et du Togo, considérées comme des refuges pour certaines espèces forestières dans le couloir du Dahomey.
Avec l'écologue togolais Kouami Kokou, il publie en 2006 une synthèse consacrée à la diversité, à la répartition et aux fonctions de conservation de ces îlots forestiers. Les auteurs soulignent leur rôle dans la protection de la flore et de la faune forestières, malgré leur faible superficie et les pressions humaines auxquelles ils sont soumis.
Il participe également au projet « Forêts sacrées et patrimoine vital au Bénin », financé par le Centre de recherches pour le développement international du Canada.
Engagement scientifique
Nestor Sokpon est membre de plusieurs organisations et réseaux scientifiques, parmi lesquels l'Association pour l'étude taxonomique de la flore d'Afrique tropicale, l'Amicale internationale de phytosociologie, la Société royale de botanique de Belgique et l'Union internationale des instituts de recherches forestières. Il participe également au projet « Flore du Bénin », dans le cadre duquel il effectue des missions de prospection botanique. Une partie de ses collections est conservée à l'herbier de l'université libre de Bruxelles, ainsi qu'à l'Herbier national du Bénin et à l'herbier de Wageningen. Selon ses collègues de l'université de Parakou, il est auteur ou coauteur de plus de cinquante publications scientifiques consacrées à l'écologie, à la botanique et aux sciences forestières.
Mort et postérité Nestor Sokpon meurt le 18 février 2015 au Centre national hospitalier et universitaire Hubert-Koutoukou-Maga de Cotonou, quelques jours après son cinquantième anniversaire des suite d'une courte maladie. Après sa mort, deux bâtiments universitaires reçoivent son nom, l'un à l'université de Parakou et l'autre à l'université d'Abomey-Calavi. En 2018, Sylvestre A. Badou et ses collègues décrivent une nouvelle espèce de champignon de la famille des Boletaceae, nommée Pulveroboletus sokponianus. L'épithète spécifique « sokponianus » est choisie en hommage à Nestor Sokpon. En 2020, à l'occasion du dixième anniversaire de la série « Sciences naturelles et agronomie » des Annales de l'Université de Parakou, un éditorial est consacré à son parcours et à sa contribution à la recherche forestière béninoise et africaine.
Publications sélectionnées
2004 : Gestion des plantations de Khaya senegalensis au Bénin.
2006 : Bases techniques pour une gestion durable des forêts claires du Nord-Bénin : rotation, diamètre minimal d’exploitabilité et régénération.
2006 : Les forêts sacrées du couloir du Dahomey. 2008 : Les systèmes agroforestiers traditionnels comme outils de conservation des ressources génétiques de Milicia excelsa au Bénin. 2009 : Diversité génétique et structure des populations d’une espèce d’arbre africaine menacée, Milicia excelsa, à l’aide de marqueurs microsatellites nucléaires. 2010 : Variations morphologiques et structure écologique des populations d’iroko (Milicia excelsa) dans différentes zones biogéographiques du Bénin.
Distinctions
2009 : Chevalier de l'ordre international des Palmes académiques du CAMES ; 2011 : .
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Écologie forestière Université de Parakou Université d'Abomey-Calavi Forêt sacrée Dahomey Gap Kouami Kokou
Liens externes
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