Préhistoire vignette|La grotte effondrée de Menez Dregan en période de fouilles. L'ancienne grotte marine de Menez Dregan contient des traces datant du Paléolithique inférieur.

Des outils datant de l'Acheuléen ont été trouvés.

Des traces du Mésolithique ont été trouvés.

Au Néolithique se développe une population sédentaire. L'âge du bronze est fortement représenté au Finistère. À l'âge du fer l'agriculture sur brûlis est pratiquée, comme l'illustre les souterrains retrouvés, des chambres creusées dans le sol, servant probablement de refuge pour les hommes et la conservation des denrées, comme celui de Tréglonou..

Antiquité À l'époque antique, le Finistère était habité par le peuple gaulois armoricain des Osismes (Celtes). Après la conquête romaine le territoire relevait de la province de Gaule lyonnaise. Le chef-lieu des Osismes fut installé à Vorgium (l'actuelle Carhaix). Pendant l'époque gallo-romaine l'actuel Finistère fut en bonne partie défriché, des voies romaines construites (reliant notamment les principales cités comme Vorgium, Vorganium, Gesocribate, Civitas Aquilonia, Douarnenez, etc.), des villæ construites, certaines luxueuses (par exemple le site antique du Pérennou en Plomelin ou celui de Keradennec. en Saint-Frégant), d'autres plus modestes (par exemple Valy-CloistreRené Sanquer et Patrick Galliou, "Une maison de campagne gallo-romaine à la Roche-Maurice (Finistère)", Annales de Bretagne, 1972, volume 79, pages 215-251, consultable https://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0003-391x_1972_num_79_1_2633 et site Internet http://www.larochemaurice.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=121%3Avaly-cloitre&catid=2&Itemid=8 en La Roche-Maurice), des centres de fabrication du garum aménagés (par exemple aux Plomarc'h en Douarnenez, ainsi qu'en plusieurs autres endroits du littoral de la baie de Douarnenez). Des gisements miniers étaient aussi exploités comme l'étain à Saint-Renan, le plomb argentifère au Huelgoat et à Poullaouen, l'or dans la forêt du Névet ou encore le fer en divers endroits, notamment à Kermoysan. en Quimper.

Au cours du la plupart des villas gallo-romaines furent détruites en raison de l'instabilité politique ; les pièces les plus récentes trouvées dans les nombreux trésors monétaires enfouis datent des environs de 280 (de 273 pour celui trouvé à MorgatYves Éveillard et André Dizerbo, Un trésor monétaire du IIIe siècle à Morgat-en-Crozon, BASF, juillet 2015, consultable https://search.openedition.org/?q%5B0%5D=Un+tr%C3%A9sor+mon%C3%A9taire+du+IIIe+si%C3%A8cle+%C3%A0+Morgat+en+Crozon&op%5B1%5D=AND) ; un castrum fut construit à Brest à la fin du pour se protéger des pirates scots, saxons et frisons. Un siècle plus tard, il fera partie du système de défense et de contrôle de la Manche mis en place par le gouvernement impérial, le Tractus Armoricanus et Nervicanus.

Moyen âge Haut Moyen Âge

Le territoire est occupé par les Osismes.

Les migrants venant d'outre-Manche développent un ensemble d'institutions se démarquant du reste de la Gaule.. Les clans bretons reconstituent en Armorique les solidarités claniques préexistantes dans l'île de Bretagne, avec à la clef la création de trois royaumes plus ou moins légendaires : Domnonée, Cornouaille, et Broërec, dont les histoires sont mal connues faute de sources.. L'évangélisation des campagnes commence véritablement au . Pays d'habitat dispersé, la Bretagne du haut Moyen Âge montre déjà un certain encellulement ecclésiastiqueCet encellulement ecclésiastique est à peu près achevé avant l'An_mille, antérieurement à la construction de la plupart des châteaux qui symbolisent la seigneurie territoriale. qui reposera au Moyen Âge central sur la mise en place d'un réseau de paroisses et de ses subdivisions (quartiers., trèves, frairies dont les chapelles permettent notamment aux fidèles d'assister aux offices sans avoir à se déplacer à pied jusqu'à l'église paroissiale qui dessert souvent un vaste secteur ecclésiastique).. ; la trace de ce réseau est encore présente dans les toponymes contemporains en Plou-, Lan-, ou Loc-. De nombreux moines formés au pays de Galles., notamment venant du monastère de Llantwit, parcourent le pays et y diffusent un christianisme celtique. C'est parmi ces ecclésiastiques immigrés que s'est forgée plusieurs siècles plus tard la légende des Sept saints fondateurs de la Bretagne.. À la même époque se met en place la frontière linguistique bretonne. La langue des nouveaux arrivants, rattachée au groupe brittonique du sud-ouest, se répand vers l'est, jusqu'aux confins des pays rennais et nantais, donnant naissance au vieux breton ; au-delà d'une ligne allant de Dol de Bretagne à Donges, le latin vulgaire demeure la seule langue vernaculaire. Les migrations inter-Manche s'accentuent après la défaite des Bretons insulaires lors de la bataille de Dyrham en 577, qui a pour effet de séparer les possessions bretonnes du pays de Galles, de Cornouailles et du Devon.. Avec celles-ci, reflet de ces défaites, la légende arthurienne se diffuse sur le Continent.

Entre 1154 et 1189, Henri II «Plantagenêt» règne sur la Normandie, le comté d'Anjou et l'Angleterre. De par son mariage avec Aliénor d'Aquitaine, il contrôle aussi l'Aquitaine. La Bretagne se trouve au centre de cet immense territoire. Les vicomtes de Léon font face à l'emprise des Plantagenêts et se révoltent sans succès au moins six fois à partir de 1167. À chaque révolte, Henri II d'Angleterre vient en personne ou délègue son armée pour mater le comte de Léon. En 1180, le combat est définitivement perdu et la vicomté de Léon est démantelée"La Roche-Maurice et Landerneau, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", mai 2011, consultable http://www.le-finistere.org/phototheque/index.php?art=2011_05_landerneau.

Bas Moyen-Âge En , pendant la guerre de succession de Bretagne et sentant que le verdict serait en faveur de Charles de Blois, proche parent du roi, Jean de Montfort, convoque les grands vassaux bretons pour se faire reconnaître comme duc, mais la majorité ne vient pas (beaucoup d’entre eux ont aussi des possessions en France qu’ils risqueraient de se voir confisquer s’ils s’opposaient au roi)Georges Minois, La guerre de Cent Ans, Perrin 2008, .. Dans les mois qui suivent (juin-juillet), il effectue une grande chevauchée dans son duché pour s'assurer le contrôle des places fortes (Quimperlé, Quimper et Brest) avant de rentrer à NantesJean Favier, La Guerre de Cent Ans, Fayard 1980, ..

Charles de Blois assiége et prend Quimper en 1344.

Le diocèse de Cornouaille était sous l'Ancien Régime beaucoup plus étendu que la Cornouaille actuelle. Il s'étendait sur environ 5900 km2 et correspondait en population, à la moitié de la Bretagne bretonnante. Les distances d'un bout à l'autre de l’évêché étaient considérables. Les territoires situés dans l'enclave située entre Saint-Brieuc et Vannes relevaient des juridictions ducales de Ploërmel et de Saint-Brieuc. Ces limites ont été fixées au IXe siècle lors de l'évangélisation du territoire. Le diocèse était divisé en deux archidiaconés : celui de Cornouaille au sud des montagnes Noires, comptait 79 paroisses et 23 trèves, tandis que celui de Poher au nord comptait 94 paroisses et 68 trêves.

Au cours du , le commerce avec Anvers, premier port d'Occident, et au-delà avec la Hanse, devient très important. Les navires de Lübeck ont trouvé dans le Léon un débouché très spécialisé. Le lin cultivé, unique ressource pour fabriquer les toiles et le linge, y dégénère en effet en épuisant les sols, au point qu'il faut une rotation septennale pour que la graine retrouve une qualité suffisante. L'importation de graine de lin est donc une opération à 700 %. En revanche, le lin qui fleurit abondamment et naturellement en Lituanie, l'actuelle Biélorussie, où il est récolté à la fin de l'été, est d'une qualité constante. Les marchands de Lübeck chargent à l'automne les graines de ce lin dans le port de Libau

L'importance de la plus value relative attendue dans l'affaire amène les bourgeois de Morlaix à constituer une corporation, la Confrérie de la Sainte Trinité, qui prolonge le monopole, contrôle la qualité de la graine et délivre un certificat de qualité en apposant sa marque. L'opération est confiée à un juge des Requaires, dont le bureau se trouve à Roscoff. Ce juge fait distribuer par des commissionnaires les graines certifiées à des paysans du Haut Léon, à charge pour eux de produire une toile de lin, la rosconne. Les graines sont replantées, les tiges de lin récoltées au printemps suivant par le même paysan ouvrier, qui transforme la fibre dans son propre atelier de rouissage et de tissage. Toutes celles des parties de l'arrière-pays qui sont impropres à la culture du blé se convertissent peu à peu durant la seconde moitié du et forment une zone de production spécialisée, la manufacture toilière des crées du LéonCf. ..

Dès le , le chanvre fleurit à peu près partout dans la région de Locronan. De cette production naît une industrie de la toile à voile, favorisée au départ par la proximité de PouldavidD'où le nom de poldavys donné parfois aux toiles de Locronan, l'ancien port de Douarnenez, qui va faire prospérer la petite cité où s'installent de nombreux tisserands et marchands. La renommée des toiles issues de la manufacture de LocronanUne pièce de toile de Locronan, bien que de dimension variable au cours des siècles, mesure généralement 30 aunes sur trois-quarts d'aune soit environ sur ., vendues sous le nom d'« olonnes » (les bateaux allant chercher le sel emportaient des toiles pour les vendre à La Chaume-d'Olonne et à Saint-Gilles-d'Olonne) sur les côtes du Bas-Poitou [Vendée actuelle], va vite traverser les frontières et même les océans. Elles équipent les navires de la Royale et de la Compagnie des Indes, mais les commandes proviennent aussi des marines étrangèresÀ la fin du , l'équipement d'un grand galion espagnol nécessite de 50 à 100 pièces de toile (chaque pièce faisant environ ), tandis que les grands navires anglais utilisent de 20 à 25 pièces.. La toile à voile de Locronan aurait ainsi équipé l'Invincible Armada espagnole..

Les villes aussi s'entourent de fortifications ou renforcent les murailles existantes comme à Concarneau et Quimper.

La fin du Moyen-Âge voit aussi l'implantation des ordres mendiants, par exemple les Dominicains à Quimperlé.

Temps modernes Pendant le règne de Louis XIV, le marquis de Vauban fait construire plusieurs forts.

Au principalement, la région a connu une période de grande prospérité grâce à l'activité toilière (Locronan). Le lin a enrichi les juloded, ce qui suscita la création des enclos paroissiaux (par exemple ceux de Saint-Thégonnec et de Guimiliau). Cette prospérité décline à la fin du en raison des dévastation liées aux guerres de religionAu début des Guerres de religion la plupart des habitants, suivant le duc de Mercœur dans sa rébellion, prirent le parti de la Sainte Union aux exceptions notables de Brest, Pont-l'Abbé et Kérouzéré qui soutinrent les protestants, mais les ralliements à Henri IV furent nombreux à partir de sa conversion au catholicisme, par exemple Concarneau, puis Morlaix en 1594. et au brigandage (Guy Éder de la Fontenelle, Anne de Sanzay de la Magnane,…) et à la peste et ce déclin se poursuit au en raison de la perte du marché anglais lié au protectionnisme croissant et aux guerres, la plupart contre les AnglaisVauban fortifie Brest, Camaret, le château du Taureau et la ville close de Concarneau ; le débarquement anglais du dans l'anse de Camaret lors de la Guerre de la Ligue d'Augsbourg est repoussé., ainsi qu'à des épidémies propagées le plus souvent à partir des ports, par exemple l'épidémie de typhus de 1757 surnommée « le mal de Brest ».