La Mangouste à collier (Urva semitorquatus) est une espèce de mammifère carnivore appartenant à la famille des Herpestidae. Endémique des forêts tropicales de l’Asie du Sud-Est, cette urva se distingue par son pelage brun foncé ou roussâtre, marqué d’une bande pâle sous les oreilles. Principalement terrestre et solitaire, cette mangouste fréquente une grande variété d’habitats, des forêts primaires aux zones partiellement exploitées, en passant par les forêts marécageuses. Bien que traditionnellement décrite comme nocturne, des observations récentes suggèrent qu’elle peut également être active en journée. Classée comme « quasi menacée » par l’UICN, cette espèce subit les pressions de la déforestation et de la dégradation de son habitat, bien qu’elle bénéficie de mesures de protection dans certaines régions.

Taxonomie En 1837, le zoologiste britannique John Edward Gray a décrit pour la première fois la mangouste à collier sous le nom scientifique de Herpestes brachyurus. En 1846, il a proposé le nom de Herpestes semitorquatus pour un spécimen de mangouste brun foncé collecté sur l'île de Bornéo. En 1919, Herbert C. Robinson et Cecil Boden Kloss l'ont placée dans le genre Mungos et ont proposé le nom de Mungos semitorquatus uniformis pour des spécimens collectés dans le district d’Ophir, dans l’ouest de Sumatra.

La mangouste à collier appartient à la famille des Herpestidae, qui regroupe les mangoustes originaires d’Afrique et d’Asie. En 1952, Colin Campbell Sanborn l’a reclassée dans le genre Herpestes. Cependant, en 2009, les mangoustes d’Asie du Sud-Est, dont la mangouste à collier, ont été placées dans le genre Urva. Les populations de mangoustes à collier de Bornéo et de Sumatra ne présentent qu’une faible divergence génétique.

Sur l’île de Palawan et les îles Calamian (aux Philippines), une forme de mangouste initialement classée comme une sous-espèce de la mangouste à queue courte (Urva brachyura) a été réattribuée à la mangouste à collier en raison de sa proximité génétique. Cette réattribution est désormais reconnue par l’American Society of Mammalogists et l’UICN.

Phylogénie Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004), Barycka (2005) et Patou et al. (2009) :

Description

La mangouste à collier mesure entre 40 et 45,5 cm de longueur tête et corps, tandis que sa queue, particulièrement longue, atteint 28,5 à 30 cm, représentant ainsi plus de 60 % de la longueur totale tête-corps. Son poids varie entre 1,5 et 4 kg selon les sources. Deux formes de coloration sont observées : une forme brun foncé, très répandue, et une variante roussâtre, plus rare. La forme brune foncée est la plus courante à Bornéo, tandis que les rares mentions à Sumatra concernent exclusivement la variante roussâtre, suggérant une prédominance de cette coloration sur cette île.

Son pelage présente une fourrure plus claire au niveau de la gorge, avec une bande pâle unique située sous chaque oreille. Les pattes sont recouvertes d’un pelage plus sombre, et le poil de couverture, d’une longueur de 10 à 20 mm, est relativement court. Sa mâchoire compte 40 dents.

Répartition et habitat La mangouste à collier est endémique des îles de Bornéo, de Sumatra et, selon les classifications taxonomiques, du groupe des îles de Palawan aux Philippines. Sur Bornéo, elle a été observée au Sabah et au Sarawak (en Malaisie orientale) ainsi qu’au Kalimantan (en Indonésie). Sa présence est présumée au Brunei, bien qu’aucun enregistrement officiel n’y ait encore été confirmé.

Son habitat s’étend du niveau de la mer jusqu’à 1 400 mètres d’altitude, bien qu’elle soit plus fréquemment observée entre 100 et 500 mètres en Malaisie orientale. Elle occupe une grande variété de milieux, incluant les forêts primaires et les forêts mixtes de diptérocarpes de basse altitude, y compris celles exploitées, les forêts d’altitude, les forêts incendiées et les forêts marécageuses de tourbe, ainsi que les mosaïques de forêts secondaires et de plantations d’acacias.

À Sumatra, les observations documentées restent rares et dispersées, principalement dans des forêts de basse altitude (moins de 300 mètres), bien que des signalements aient été enregistrés jusqu’à 666 et 915 mètres d’altitude.

Comportement et écologie La mangouste à collier est un mammifère solitaire, bien qu’elle puisse occasionnellement vivre en couple.

Bien que la littérature anglophone la décrive traditionnellement comme nocturne, des données récentes issues de pièges photographiques suggèrent qu’elle peut également être diurne, avec des pics d’observation en matinée et en fin d’après-midi. Elle peut occasionnellement être active à l’aube ou au crépuscule.

Son régime alimentaire inclut de petits animaux, principalement de petits mammifères, de reptiles, d’oiseaux, ainsi que des insectes, notamment des fourmis, ainsi que des végétaux.

Menaces et conservation La mangouste à collier subit un déclin prononcé dans certaines parties de son aire de répartition, principalement en raison de la déforestation massive et de la dégradation des forêts de basse et moyenne altitude à Bornéo et à Sumatra. Ces pressions sont attribuées à l’exploitation forestière non durable, à la conversion des forêts naturelles en plantations de monoculture, notamment de palmiers à huile, à l’expansion des établissements humains et aux feux de forêt. Une modélisation géographique de l’habitat estime une perte potentielle de 16 % du couvert forestier adapté à Bornéo et de 35 % à Sumatra entre 2000 et 2010.

Bien que l’espèce montre une certaine tolérance aux habitats modifiés et aux forêts sélectivement exploitées, elle ne semble pas capable de survivre dans les zones totalement défrichées ou au sein des plantations denses de palmiers à huile. Sa nature strictement terrestre l’expose également aux méthodes de chasse non sélectives, telles que les pièges à collets et les filets disposés en forêt. Contrairement à d’autres espèces de mangoustes, elle fréquente peu les abords des villages et n’entre pas en conflit direct avec l’homme, ce qui limite les persécutions ciblées.

L’espèce est classée comme « Quasi menacée » (NT) par l’UICN. Elle est présente dans plusieurs aires protégées de son aire de répartition, telles que les parcs nationaux de Mulu, de Pulong Tau et de Kinabalu, la zone de conservation du bassin de Maliau, le parc national de Sabangau, les parcs nationaux de Gunung Leuser et le sanctuaire faunistique de Jantho.

Elle bénéficie également d’un statut partiel d’espèce protégée en vertu de législations régionales au Sabah et au Sarawak, bien qu’elle ne figure pas sur les annexes de la CITES.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Voir aussi Articles connexes

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