Ahmad Beg ou Ahmed Beg, aussi connu sous les noms d'Ahmad GödeThe Encyclopaedia of Islam. Vol. 1. Brill. 1960. p. 1082. ou Gövde AhmadVladimir Minorsky (1964). بيست مقالة مينورسكى تحقيقى مربوط بمطالعات ايراني. p. 240. (azéri : گودک احمد ; persan : احمد گوده). (né en 1476, mort le 14 décembre 1497) est un souverain des Aq Qoyunlu. Il est le petit-fils d'Uzun Hasan et de Mehmed le Conquérant, respectivement par son père et par sa mèreYılmaz Öztuna (1977). Başlangıcından zamanımıza kadar büyük Türkiye tarihi: Türkiye'nin siyasî, medenî, kültür, teşkilât ve san'at tarihi. Vol. 3. Ötüken Yayınevi. p. 127.. Il est également le gendre (damat) du sultan ottoman Bayézid IINihat Çetinkaya (1996). Iğdır tarihi: tarih, yer adları ve bazı oymaklar üzerine, Türk Dünyası Araştırmaları Vakfı, p. 402..

Nom Selon les sources turques, il reçoit le surnom de göde en raison de sa petite taille.

Selon l'historien safavide Hasan Beg RumluḤasan Rūmlū (2004). Şah İsmail tarihi: Ahsenü't tevârih. Ardiç Yayınları. p. 25. :En effet, comme mentionné précédemment, il fut tué au cours de l'hiver de cette année-là. Son règne dura six mois. Quant à son physique : son visage était d'un teint très clair et vermeil, il était de petite taille, et ses mains ainsi que ses pieds étaient courts. C'est pour cette raison qu'Ahmad était surnommé göde.Il est mentionné dans les sources contemporaines sous les noms d'Ahmed Mirza, Ahmed Padishah ou Sultan AhmedKazım Paydaş (2004). "The Aq-Qoyunlu Ahmed Beg and His Efforts to Apply The Ottoman Administrative System In The Aq-Qoyunlu State". Tarih Araştırmaları Dergisi. 23 (36): 205..

Jeunesse En 1474, avant la naissance d'Ahmad, son père Ughurlu Muhammad se révolte contre le grand-père d'Ahmad — le sultan Uzun Hasan, alors au pouvoir — et se réfugie dans l'Empire ottoman. Mehmed le Conquérant accueille Ughurlu et le marie à sa fille Gevherhan Hatun. Ahmad nait de cette union, mais ne connait guère son père, Ughurlu Muhammad ayant été tué en 1477. Il est élevé à la cour ottomane, où il reçoit les soins et l'attention dignes d'un prétendant au trône des Aq Qoyunlu et d'un neveu de Bayezid. En effet, Bayezid éprouve un lien familial fort envers le jeune prince ; il le désigne fréquemment comme son « cher fils » dans la correspondance officielle et lui donne sa fille Aynışah Sultan en mariageChristopher Markiewicz (2019). The Crisis of Kingship in Late Medieval Islam. p. 62..

L'arrivée d'une délégation composée de commandants militaires et de notables urbains, envoyée depuis Diyarbakır par Nur Ali, assure à Ahmad le soutien d'une large coalition pour son retour. Ahmad quitte rapidement Constantinople et rejoint Nur Ali ainsi qu'une armée de partisans à Erzincan, avant la défaite de Rustam à l'été 1497.

Règne En 1497, il renverse son cousin Rustam Beg après être revenu de son exil en territoire ottoman. Un mois ou deux plus tard, Rustam tente de reconquérir son trône avec l'aide des Qajars dans la région de Gandja, ce qui lui coûte la vie. Parallèlement, Ahmad entreprend d'importantes réformes et fait même exécuter certains grands begs. Au même moment, Ayba Sultan, depuis Kerman, conclut un accord avec le gouverneur du Fars, Purnek Qasim Beg, et proclame Murad Beg — fils du sultan Ya'qub — souverain. Toutefois, peu après, Murad est emprisonné dans la forteresse de Rûyindiz et Ayba Sultan reconnait l'autorité d'Alwand Beg.

Le 14 décembre 1497, Ahmad est vaincu et tué près d'Ispahan. Après sa mort, l'empire Aq Qoyunlu poursuit sa désagrégation. Aucune des factions tribales ne parvient à imposer son candidat au trône au-delà d'une reconnaissance provinciale, si bien que trois sultans règnent simultanément.

Durant son règne, il tente d'imposer le système administratif, politique et religieux ottoman à l'État Aq Qoyunlu. Il cherche à renforcer l'autorité de l'État central, alors affaiblie par les efforts des émirs nomades pour s'affranchir de l'administration centrale. Cette centralisation du pouvoir étatique avait contribué aux succès considérables remportés par l'Empire ottoman à la même époque. Cependant, cette politique d'Ahmad Beg ne lui attire pas le soutien des émirs Aq Qoyunlu ; ces derniers possédaient de vastes terres qu'ils ne voulaient pas perdre. Dans le cadre d'une réforme fiscale, il abolit près de vingt types d'impôts qui n'étaient pas prévus par la loi islamique. Ces réformes ne furent pas maintenues après sa mort, et les anciennes pratiques furent rétablies.

Vie privée Un exemplaire du Shâh Nâmeh (conservé au palais de Topkapı) daté de 1495-1496 « est achevé pour lui à Hérat ». Ce manuscrit illustré, d'une facture luxueuse et doté d'une reliure peinte à la laque, porte une inscription indiquant qu'il a été réalisé pour la bibliothèque du sultan Ahmad. Le fait que ses illustrations soient réalisées dans le style des Aq Qoyunlu incite à penser qu'Ahmad Beg pourrait être l'« Ahmad Padishah »Gulru Necipogulu, David J. Roxburgh (2000). Muqarnas: An Annual on the Visual Culture of the Islamic World. Vol. 17. p. 95..

Famille Göde Ahmad épouse sa cousine Aynışah Sultan, fille du sultan Bayezid II (frère de sa mère, Gevherhan Hatun).

Ensemble, ils ont un fils et deux filles :

Neslihan Hanımsultan ; mariée à son cousin Şehzade Alaeddin AliUluçay 2011, p. 48., fils de Şehzade Ahmed, lui-même demi-frère d'Aynışah. Elle a une fille, Hvandi Sultan. Hanzade Hanımsultan ; mariée en 1508Fodor 2019, p. 70. à son cousin Sultanzade Yahyapaşaoğlu Bali BeySakaoğlu 2008, p. 143., fils de Şahzade Sultan (fille de Bayezid II). L'union est un échec : le couple vit séparé et la princesse, selon un rapport sur sa conduite adressé au sultan Selim en 1516, se livre à une série d'actes scandaleux. Surprise en flagrant délit d'adultère avec un homme à Skopje — ce dernier est tué ainsi que six membres de sa suite —, elle se rend ensuite à Istanbul sans autorisation ; elle y prend pour amant un jeune récitant du Coran, Dellakoğlu Bak, dont elle a une fille qui meurt à l'âge d'environ six mois. Après la mort de cet amant, emporté par le paludisme à Babaeski alors qu'il voyage d'Edirne vers Istanbul, elle trouve un nouveau compagnon en la personne du frère de ce dernier.

Notes et références

Bibliographie

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