vignette|redresse|Statue d'Atahualpa au Palais royal de Madrid.

La noblesse indigène constitue l'élite, au sein d'une population assujettie à un empire colonial, qui fait office de classe sociale d'origine autochtone dans une population colonisée, servant d'intermédiaires entre la population coloniale et la métropole (mais aussi de représentants des colonisés pour revendiquer la justice sociale, voire pour mener des révoltes contre les colonisateurs), sur la base des privilèges dont elle jouissait déjà avant la conquête en tant qu'aristocratie de lignée (en raison des services, des mérites et des exploits empreints de vertu qu'une famille aurait accomplis pour la communauté) parmi les populations autochtones qui reconnaissaient son autorité par tradition, et que le pouvoir colonial continue à maintenir par le biais du pacte colonial.

Histoire Empire espagnol Plusieurs auteurs espagnols, comme Ludovico Bertonio dans son ouvrage, ou encore Fray Domingo de Santo Tomás et dans leur « Lexicon », tentent d’établir des analogies entre les titres des nobles indiens et ceux des nobles espagnols, dans le but d’amener les Indiens à assimiler les concepts espagnols, et la monarchie espagnole à s'adapter aux titres des Indiens. Les Espagnols allaient même jusqu'à qualifier d'« empereurs » les Sapas Incas du Tahuantinsuyo ou les Tlatoanis de l'Empire aztèque, car ces souverains avaient pour vassaux les souverains (rois curacas ou chefs indiens) de petites régions, qui à leur tour avaient sous leur autorité des seigneurs de moindre importance (caciques indiens), établissant ainsi des comparaisons avec la relation qu'entretenait l'empereur du Saint-Empire romain germanique avec ses princes allemands. Par conséquent, un Sapa Inca ou un tlatoani n'était pas classé au même rang qu'un cacique ordinaire ; les membres de la maison royale inca ou de la maison de Moctezuma étaient même considérés comme appartenant au même rang que la haute noblesse espagnole (c'est-à-dire les princes et les infants de la famille royale espagnole)..

La législation relative à la noblesse espagnole accepte sans aucune difficulté les noblesses indigènes. Une héraldique indigène se développe même, dans laquelle la symbolique proto-héraldique préhispanique, comme les tocapus des nobles incas, est adaptée aux lois blasonnières européennes ; ce qui permet de voir apparaître des mascapaicha, des huacas, des nopales, des serpents (tels que Quetzalcóatl ou l'Amaru) dans l'iconographie des blasons des nobles indiens figurant dans les documents espagnols (coexistant même avec des symboles de la Couronne de Castille, illustrant ainsi le métissage culturel). De plus, certains indigénistes de la Cour affirmaient qu'il serait illogique de ne pas reconnaître leurs droits au motif qu'ils avaient été des païens infidèles, alors que ceux des nobles arabes morisques (tels les Bazán Hazén, descendants du royaume nasride de Grenade), issus d’origines musulmanes, étaient reconnus...

Classification L'arrivée des Espagnols dans leurs territoires d'outre-mer allait entraîner une division au sein de la noblesse indigène entre deux courants opposés, en réaction à un nouveau paradigme social qui s'imposait dans leur vie quotidienne (la chrétienté), incarné par les conquistadors espagnols et la classe des ecclésiastiques évangélisateurs, et la question de savoir s'il fallait ou non s'allier aux représentants d'une nouvelle religion (le catholicisme) qui se proclamait comme la seule vraie foi..

Notes et références

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