Erchanbald ou Erchenbald, Erchambald, Archambaud, Erkenbald ou Erkenbold, né vers 937 et mort le à Strasbourg, est évêque de Strasbourg du à sa mort.
Il obtient de l'empereur germanique le droit de battre monnaie et de rendre la justice, jetant les bases de la principauté épiscopale de Strasbourg. Poète, il laisse divers écrits et enrichit la bibliothèque de la cathédrale de Strasbourg de différents manuscrits, dont son Évangéliaire.
Biographie Formation Erchanbald naît vers 937, dans une famille de haute noblesse, peut-être strasbourgeoise. Il porte d'abord le nom d'Atlrich, mais adopte le nom d'Erchanbald quand il devient évêque. Il est élève à l'école épiscopale de Strasbourg. Ordonné prêtre vers 963, il est associé à l'administration du diocèse de Strasbourg par son prédécesseur l'évêque Udon.
Comme celui-ci, Erchanbald a longtemps vécu à la cour du royaume de Germanie avant de devenir évêque, et fut même distingué par Adélaïde de Bourgogne, épouse du roi qui devient empereur du Saint-Empire en 962.
Évêque
Les rois puis les empereurs de la dynastie des Ottoniens ont placé des prélats dévoués sur le siège épiscopal de Strasbourg, en les comblant de privilèges qui leur permettent de constituer une administration autonome. En retour, ils exigent d'eux des services de cour, des missions diplomatiques et de lourdes contributions militaires.
C'est dans ce contexte qu'Erchanbald est nommé évêque de Strasbourg le . Il est sacré par l'archevêque de Mayence Guillaume une semaine après, le . Dans son diocèse, il consacre 122 autels et chapelles, favorise les débuts de l'abbaye d'Altorf et protège les abbayes de Marmoutier et de Schuttern.
Il participe au synode d'Ingelheim en 972, à la diète de Spire en 984 et aux sacres de différents évêques, dont ceux d'Eichstätt, de Bamberg, d'Osnabruck, de Coire, d'Augsbourg et de Spire. Au total, il participe ainsi à la consécration de 17 prélats. En 970, le pape lui écrit une lettre de remerciement, qui a été conservée.
En 974, l'empereur lui donne le droit de battre monnaie et de rendre la justice seigneuriale. Il en est de même pour le droit de percevoir des taxes douanières. Tous ces droits sont confirmés le par une charte émise par l'empereur à Salerne., alors qu'Erchanbald fait partie de la suite impériale dans une expédition militaire contre les Sarrasins dans le sud de la péninsule italienne, puis en 983 et en 988 par .
Erchanbald obtient ainsi des droits comtaux et jette les fondements d'une seigneurie, à savoir la principauté épiscopale de Strasbourg.. Comme ses successeurs jusqu'à la Révolution française, il exerce un pouvoir temporel sur ce territoire, contrairement au diocèse sur lequel il n'a qu'une autorité spirituelle.
Homme de culture
vignette|alt=Photographie d'un ouvrage en parchemin enluminé et ouvert|L'Évangéliaire d'Erchenbald s’inscrit dans la renaissance ottonienne qui traverse le Saint-Empire au .
et ses successeurs ont choisi des lettrés pour occuper les fonctions épiscopales, ce qui a permis à Strasbourg d'être impliquée dans la renaissance ottonienne. Dans le même temps, les évêques sont très attentifs à la situation culturelle de leur ville et de leur diocèse. Erchanbald, précédemment écolâtre, à savoir responsable de l'école cathédrale, est lui aussi un lettré et un amateur de manuscrits.
Dans sa jeunesse, Erchenbald écrit des poésies, conservées par des copies. Elles ont été éditées par Jean Henri Boecler et Johann Schilter en 1685. Il écrit aussi un catalogue versifié des évêques de Strasbourg, en vers léonins, ainsi qu'une Passio de saint Trudpert, un soliloque en prose et des méditations qui étaient encore conservées au à la cathédrale de Strasbourg.
Erchenbald invite Victor, moine de l'abbaye de Saint-Gall, à Strasbourg pour y enseigner à l'école cathédrale. Il enrichit considérablement la bibliothèque de son diocèse par des acquisitions et des copies de manuscrits. Au Moyen Âge, la bibliothèque d'Erchanbald est conservée dans la cathédrale. Il en reste trois livres, les Œuvres de Paul Diacre, conservées à la bibliothèque de Brême, celles de Prudence, conservées à la bibliothèque de Berne et l'Évangéliaire d'Erchenbald illustré, acquis par la Société industrielle de Mulhouse et conservé à la bibliothèque municipale de Mulhouse.
Cet évangéliaire a été commandé par Erchenbald pour la célébration de l'eucharistie à la cathédrale de Strasbourg. Comportant 144 feuillets, le manuscrit a été probablement réalisé à l'abbaye de Saint-Gall au ... Richement décoré de , il s'agit d'un ouvrage liturgique de prestige de l'art ottonien. Il contient également un inventaire du trésor de la cathédrale, ajouté à la fin et comprenant notamment une croix en or, des calices, un encensoir, une cruche en argent et des tapisseries qui illustrent la richesse de l'évêché de Strasbourg.
Erchenbald meurt le à Strasbourg.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . .
.
Articles connexes Liste des évêques et archevêques de Strasbourg Évangéliaire d'Erchenbald
Liens externes
Catégorie:Évêque de Strasbourg Catégorie:Évêque du Xe siècle Catégorie:Personnalité liée à Strasbourg Catégorie:Décès en 991 Catégorie:Poète du Xe siècle Catégorie:Poète latin