La grève antisémite de 1934 à l'hôpital Notre-Dame de Montréal est un événement voyant les internes de l'hôpital catholique Notre-Dame de Montréal (HND) refuser le travail, du au , afin de contester la nomination de Samuel Rabinovitch, un étudiant juif, en tant qu’interne. Face aux pressions, Samuel Rabinovitch finit par démissionner de son poste.
Histoire Samuel Rabinovitch est un étudiant juif en médecine de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Durant sa dernière année d'études, il travaille notamment à l' pendant huit mois, et à l'hôpital Sainte-Justine pendant quatre mois. Après avoir terminé premier de sa promotion à la Faculté, il décide de postuler comme interne à l'HND, malgré des offres reçues pour les États-Unis.
Il obtient le poste en février 1934, celui-ci devant débuter le 15 juin 1934. Les futurs internes déclarent alors . Trois résidents catholiques romains démissionnent de leurs postes, et l'HND reçoit des lettres protestant contre la prise de la place d'un Canadien-français par un ou un . Une pétition signée par d’autres résidents exige le licenciement de Rabinovitch, mais l’HND maintient son engagement.
La grève débute le 14 juin 1934. Les internes quittent l'hôpital et refusent dès lors d'offrir des soins aux patients. Face à cette situation, l'HND invite Rabinovitch à démissionner, ce qu'il refuse, sous les conseils de Norman Viner, un médecin juif de Montréal. Les grévistes de l'HND demandent aux internes de différents hôpitaux montréalais de prendre part à la grève. Au plus fort de la grève, ce sont 75 internes, certains d'autres hôpitaux de Montréal, qui y participent. Des infirmières lancent une menace de participation à la grève. Le mouvement obtient également l'appui de la population, qui offre des fonds et des cadeaux aux grévistes, au point où l'inquiétude d'un boycott des entreprises et de la communauté juive en général est grande.
Des groupes nationalistes québécois et des médias tels que la Société Saint-Jean-Baptiste et Le Devoir apportent leur soutien aux internes en grève, ce dernier publiant des articles qualifiant Rabinovitch de « médecin étranger » et prétendant qu'il a des liens avec la « haute finance ». La grève s'étend également pour cibler d'autres médecins juifs, comme Abram Stillman, un chercheur postdoctoral en urologie à l'Hôtel-Dieu de Québec. Le superviseur de Stillman, Oscar Mercier, le défend à peine, se contentant de déclarer qu'il n'est « qu'un visiteur » qui ne saurait prendre le travail d'un Canadien français puisqu'il n'occupe « aucun poste officiel » . Seule une poignée de Canadiens français soutiennent publiquement Rabinovitch, notamment les rédacteurs du journal Le Canada, Olivar Asselin et Edmond Turcotte, qui dénoncent les théories du complot antisémites diffusées en une des journaux par la presse.
Samuel Rabinovitch démissionne de son poste le 18 juin 1934 en fin de journée.
Les grévistes réintègrent l'HND quelques heures après sa démission. Malgré des menaces de licenciement, l'administration de l'HND demande finalement aux internes de signer un document indiquant qu'ils ont fait preuve d'insubordination. Samuel Rabinovitch, pour sa part, accepte un poste dans un hôpital catholique de Saint-Louis, aux États-Unis.
Certains grévistes s'expliquent plus tard, disant avoir voulu défendre l'institution catholique et canadienne-française, et rejettent le motif de l'antisémitisme.
Références
Bibliographie
Articles connexes
Centre hospitalier montréalais Serment d'Hippocrate
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