L'ethnolinguistique néo-zélandaise distingue généralement dans le corpus oral maori deux types de récits : les récits relevant du mythe et du sacré et ceux relevant de la tradition, les premiers mettant en scène les atua (terme généralement traduit par « dieux »), les autres les tupuna (ancêtres). Cette césure n'est toutefois pas toujours aussi nette qu'il n'y paraît. Lorsqu'ils s'installèrent en Nouvelle-Zélande, les Māori apportèrent des différentes îles dont ils étaient originaires, un certain nombre de récits qu'ils adaptèrent à leur nouvel environnement et développèrent. Par ce biais, ceux-ci vont subir ce que nous pourrions appeler un processus de , processus lié à la souplesse que permet l'oralitéC'est par exemple le cas de Ruatapu, considéré sur l'île d'Aitutaki comme un ancêtre fondateur et dont l'existence historique ne ferait aucun doute mais qui dans la version maori est présenté comme un héros légendaire aux exploits extraordinaires..

Les sources du Les missionnaires Très peu d'écrits concernant la littérature orale maorie ont été consignés dans les premières années suivant l'arrivée des Européens. Les missionnaires ont eu l'occasion d'obtenir un grand nombre d'informations mais ont échoué à en saisir la portée, notamment à cause de leur faible connaissance de la langue maori. La plupart des missionnaires qui maîtrisaient la langue étaient de plus parfois intolérants envers ces croyances qu'ils qualifiaient de ou d'. Richard Taylor dans les alentours des rivières Taranaki et Wanganui, J. F. Wohlers sur l'île du sudLe travail de Wohler est présenté par Christine Tremewan, dans Les histoires traditionnelles du sud de la Nouvelle Zélande, He Kōrero nō Te Wai Pounamu, 2002. et William Colenso, qui vivait dans la baie des Îles et la baie d'Hawke, furent les rares exceptions qui ne partageaient pas ce point de vue.

Les autres collecteurs Au cours des années 1840, Edward Shortland, Sir George Grey et d'autres personnes non missionnaires commencèrent à collecter des informations sur les mythes et les traditions. À cette époque, beaucoup de Māori étaient lettrés et les données collectées étaient en général consignées par les Māori eux-mêmes dans des cahiers manuscrits. Les nouvelles techniques ne semblent pas avoir eu d'impact significatifs sur le style et le contenu des histoires. Les généalogies, les chansons et les narrations étaient écrites en intégralité comme s'ils étaient simplement récités ou chantés. Plusieurs de ces manuscrits ont été publiés et les érudits ont accès à une grande quantité de références. Ils contiennent de multiples versions des grands cycles mythologiques connus dans le reste de la Polynésie. Une grande partie des meilleures données se trouve dans deux ouvrages : Nga Mahi a nga Tupuna (), récolté par George Grey sous le nom de Mythologie Polynésienne ; et Histoire ancienne des Maori en six volumes, édité par John WhiteCependant, les spécialistes critiquèrent plus tard les méthodes d'édition de ces collecteurs, et surtout de Grey..

Les différentes formes de légendes Il existe trois formes d'expression dominantes dans la littérature oral des Maoris et des Polynésiens : la prose, la poésie et le récit généalogique.

Le récit généalogique La récitation de généalogies (whakapapa) était particulièrement bien développée dans la littérature orale des Māori, où il remplissait différentes fonctions les récits traditionnels. Tout d'abord, il servait à fournir une sorte d'échelle temporelle qui unifiait tous les mythes, les traditions et l'histoire māori. Cela reliait les peuples aux dieux et aux héros légendaires. En citant la ligne généalogique appropriée, le narrateur soulignait sa connexion avec les personnages dont les exploits étaient contés. C'est cette connexion qui donnait au narrateur sa légitimité à parler de ses illustres ancêtres.

La poésie La poésie maorie était toujours soit chantée soit psalmodiée. Les rythmes musicaux, plus que les mécanismes linguistiques, servent à les distinguer de la prose. La rime et l'assonance n'étaient pas utilisés par les Maoris, ce n'est que lorsque le texte est chanté ou psalmodié que la métrique apparaît. Le langage poétique tend à différer de la prose quant au style. Certains aspects typiques de la diction poétique sont l'utilisation de synonymes et de contrastes, ainsi que la répétition de mots-clé.

La prose narrative La prose narrative constitue l'essentiel des ouvrages légendaires māori. Quelques-uns d'entre eux étaient sacrés ou ésotériques, mais la plupart des légendes étaient connues de tous et servaient de distractions pendant les longues nuits d'hiver.

Les mythes

Les mythes se déroulent dans un passé éloigné et relatent souvent des faits surnaturels. Ils mettent en jeu les idées des Māori sur la création de l'univers et sur l'origine des dieux et des personnes. La mythologie explique les phénomènes naturels, le temps, les étoiles et la lune, les poissons, les oiseaux de la forêt, et les forêts elles-mêmes. Une grande partie des comportements sociaux se retrouvent également dans les mythes.

La compréhension du développement de l'univers a été exprimée sous forme généalogique. Ces généalogies apparaissent sous beaucoup de versions différentes, dans lesquelles plusieurs thèmes symboliques réapparaissent constamment. L'. Les généalogies cosmogoniques finissent habituellement sur deux personnages : Rangi et Papa (Père Ciel et Mère Nature). Le mariage de ce couple céleste a produit les autres dieux, ainsi que toutes les formes de vies sur Terre.

Le récit le plus ancien des origines de dieux et des premiers êtres humains est contenu dans un manuscrit nommé Nga Tama a Rangi (), écrit en 1849 par Wiremu Maihi Te Rangikāheke, de la tribu Ngāti Rangiwewehi de Rotorua. Le manuscrit .

Recueil des mythes Selon Biggs, le corps principal de la mythologie māori se développe suivant trois ensembles ou cycles, qui sont : La cosmogonie, relatant les origines des dieux et des hommes

Rangi et Papa Séparation de Rangi et Papa : Tāne, Haumia, Rongo, Tangaroa, Tāwhirimātea, Tūmatauenga, Rūaumoko et Whiro ; Ikatere et Tū-te-wehiwehi Hine-nui-te-pō L'ensemble des mythes māui

Māui Irawaru Tinirau et Kae L'ensemble des mythes tāwhaki

Tāwhaki Wahieroa Rātā Matuku-tangotango Tūwhakararo Whakatau

Les traditions Recueil des traditions Traditions de découverte et des origines Il y a deux traditions principales concernant la découverte ou l'origine. L'une d'elles nomme Kupe comme étant celui qui découvrit la Nouvelle-Zélande. La deuxième désigne Toi comme le premier ancêtre important. Selon les tribus du nord d'Auckland et de la côte occidentale de l'île du Nord, Kupe navigua de Hawaiki jusqu'en Nouvelle-Zélande, après avoir assassiné un homme appelé Hoturapa, et s'être enfui avec son épouse, Kuramarotini. Les chansons traditionnelles racontent les voyages de Kupe, le long des côtes de Nouvelle-Zélande. Kupe rentra à Hawaiki par la mer et n'est jamais revenu sur les terres qu'il a découvertes. Cependant, d'autres y revinrent plus tard sur ses ordres.

Toi (Toi-kai-rākau, ou Toi-le-mangeur-de-bois) est l'ancêtre traditionnel des tribus de la côte est de l'île du nord. Leurs traditions ne font pas mention de sa venue en Nouvelle-Zélande, mais plutôt qu'il y naquit. La tribu Tūhoe dans l'intérieur des terres de la Baie d'Abondance indique que Tiwakawaka, l'ancêtre des Toi, était le premier à s'installer dans le pays. En fait, on a baptisé un oiseau du nom de Tiwakawaka, le rhipidure à collier.

Traditions de migration et d'installation Les traditions de migration sont nombreuses et perdurent dans de petits secteurs et des petites tribus.

Traditions locales Chaque tribu conserve ses registres à l'abri des regards car elles s'intéressent généralement aux grandes batailles et aux grands hommes. Ces histoires étaient intimement liées à la généalogie, qui dans la tradition māori, est un art complexe.

Notes et références

Annexes Bibliographie

Articles connexes

Mythe de la création Mythologie océanienne Mythologie polynésienne Mythologie hawaïenne Ta'aroa Make-make Renaissance culturelle polynésienne

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